CHAPITRE IX
conseil du roi le 10 avril 1759, à la suite d'un procès-verbal de l'inspecteur royal des mines Kônig (1) du li décembre 1755, par lequel il avait été constaté que presque toutes les mines du Mouillon et de Gravenand se trouvaient . alors inondées. La concession de la galerie fut accordée pour trente ans et le travail devait être achevé en moins de huit années. Avec la galerie, on concédait, à la compagnie Lacombe, le droit exclusif d'exploiter la houille dans le territoire du Mouillon et de Gravenand ; d'autre part, on y homologuait les traités passés de gré à gré avec les anciens propriétaires des mines, d'après lesquels le concessionnaire avait à leur payer une redevance qui variait du sixième au quart du produit brut. Les eaux des premières mines furent percées le 15 avril 1761, et les lettres patentes de la concession furent enregistrées par le parlement le 2 juin 1767. C'est de cette dernière date que devaient courir les trente années. Mais en 1793 la compagnie concessionnaire fut expulsée par le citoyen commissaire du district, et chaque propriétaire du sol put de nouveau librement exploiter sous l'empire de la déplorable loi du 28 juillet 1791. L'ordre ne fut définitivement rétabli que par l'institution des concessions actuelles, en 1825. Une partie des travaux de la Bâtarde et même de la Grande masse se trouvaient d'ailleurs au-dessous du niveau de la galerie^ de sorte que, pour l'épuisement des eaux, on dut dès 1790 établir au Mouillon une machine à vapeur. Ce fut, selon Beaunier, le premier appareil de ce genre appliqué, dans le département de la Loire, à l'épuisement des eaux.
Les travaux anciens sont fort développés au Mouillon, car Beaunier évaluait, en 1812, à 300 le nombre des puits alors abandonnés dans ce territoire. L'extraction y fut surtout très active dans la seconde moitié du siècle dernier, après le percement de la galerie d'écoulement, dont je viens de parler, et l'ouverture du canal de Givorsen 1778. Malgré cela, le déhouillement n'a été achevé, dans les Bâtardes surtout, que postérieurement à 1860. Mais aujourd'hui, en tout cas, le territoire est bien épuisé et les détails qui s'y rapportent ont un intérêt purement historique.
1. C'est ringénieur, plusieurs fois cité, dans la description géologique de la Loire, à l'occasion des mines
j'ajouterai donc seulement que, dans la concession de. Crozagaques, grâce i la faille du Féloin, la région houillère s'est trouvée réduite à l'étroite zone longeant la concession des Yerchères, où les couches descendent en pente raide vers le fond de la yallée du Gier. Cette partie fut exploitée , par le puits Saint-Germain, foncé en 1820 dans la partie haute de la concession des Yerchëres-Féloiu. Dans la concession même du Mouillon on a pu suivre la Grande masse, à partir des affleurements, sur plus de 700 mètres selon la plongée. Sa puissance s'est élevée jusqu'à 6 et 7 mètres dans la région où la faille précipite le dépôt houiller, des hauteurs du Mouillon, dans la vallée du Gier.
Les Bâtardes ont pu être exploitées sur une étendue au moins égale. La puissance des deux couches réunies fut au maximum de 3 mètres ; au Nord, le long des affleurements, et dans la partie Ouest, vers Gravenand, l'épaisseur diminuait. Le nerf qui les sépare était partout faible.
A Gravenand, les couches de houille ne dépassent guère l'angle Sud- Est de la concession. La partie Nord est occupée par la brèche granitique de la base. Trois puits furent creusés sans succès à la recherche de la Baurme; l'un d'eux, le puits Gaultier n** i, ouvert au mur de l'affleurement de la Grande masse, rencontra la brèche vers 25 à 30 mètres de profondeur, à peu de distance des Bâtardes. Les deux autres puits, forcés au voisinage de la concession du Gourd-Marin, traversèrent bien les deux couches supérieures, mais non la Bourrue. Ainsi le puits Neuf Donzel trouva la brèche à 35 mètres du mur des Bâtardes sans le moindre filet de houille. Les Bâtardes elles-mêmes y étaient réduites ài°',30.
§ 106. — La concession de la Montagne du feu s'étend le long de la Dnrèze, en amont et en aval de la faille du Mouillon. Je ne parlerai ici que de la partie sise en amont ; celle qui est rejetée sous la vallée du Gier dépend plutôt du district suivant du Reclus et iïAssailly.
Comme à Gravenand, toute la région Nord de la concession est occupée par la brèche granitique; la zone où parait la Grande masse, entre les
de plomb de M. de Bluroenstein, et dont on retrouve aussi Tatile activité dans les documents concernant Ponllaottén et Huelgoat en Bretagne.