CHAPITRE IX
a£Qeurements et la faille du Mouillon, n'a pas au delà de 200 mètres de largeur, et la couche n'y descend nulle part à 60 mètres au-dessous du sol. L'allure du gîte est assez régulière, avec plongée générale, au Sud-Sud-Est, vers la grande faille du Mouillon. Le plateau descend en pente raide vers le vallon transversal de la Durèze; aussi les couches ont pu y être attaquées, par simples galeries, plus facilement qu'au Mouillon, où les eaux gênaient les premiers extracteurs. Des travaux nombreux y furent donc ouverts dans tous les sens, sans règle, ni méthode, dès le moyen âge très probablement. Des éboulements s'ensuivirent; aussi, vers le milieu du siècle dernier, un violent incendie s'y développa d'autant plus rapidement que les travaux, par leur situation au-dessus de la Durèze, ne purent être inondés. On laissa donc brûler les mines abandonnées; le feu dura trente ans, et ne cessa que par la combustion totale de toutes les parties du gtte où l'air avait un facile accès.
Depuis lorS; il y a quarante ans environ, vers 1835 à 1840, on est rentré dans les travaux refroidis. On trouva la houille transformée en coke; les massifs eux-mêmes avaient été carbonisés jusqu'à des distances de plusieurs mètres, et les schistes du toit frittes, scorifiés, ou porcelanisés jusqu'à la surface du sol. Parmi les débris on trouva, soudés au coke, de fort beaux
cristaux de sulfate de chaux, tout à fait limpides, de plusieurs centimètres de longueur.
On pénétra, par les puits Saint-Michel et de la Chichonne^ dans les vieux travaux incendiés, ce qui permit de dèhouiller les quelques massifs qni avaient résisté au feu en amont de la faille du Mouillon.
§ 107. — Entre la faille du Mouillon et le Gier, le district central comprend les trois petites concessions des Verchères-Féloin^ Verchères-Fleur-de- Lys et le Gourd-Marin. Dans cette région, longue de 2,000 mètres et large de 250 mètres, la direction des couches est, dans son ensemble, parallèle à la faille du Mouillon et au cours du Gier, avec plongée générale vers le Sud-Sud-Est.
L'inclinaison, d'abord forte au pied de la faille, diminue peu à peu vers Taval perdage, puis s'accroît de nouveau sous le Gier, à mesure que les
couches approchent du Thalweg souterrain, situé, sur la rive droite, dans les travaux des Combes et Égarande et du Sardon. La régularité du dépôt n'est troublée, entre le Féloin et la Durèze, que par un petit nombre de failles transversales peu considérables, produisant plutôt, comme je l'ai déjà dit, une sorte d'étirement qu'un véritable rejet. Le plus grand nombre de ces failles, pareilles à celles du puits Bourret (g 46), coupent, en effet, les couches sous un angle fort aigu. Peu nombreuses dans les Yerchères elles se multiplient dans la concession du Gourd-Mmn, au voisinage de la Durèze et dans la partie basse de la Montagne du feu, qui touche au district suivant, fort peu régulier, du Reclus.
La Grande masse n'est connue, à l'Ouest du Féloin, dans le fond de bi vallée du Gier, que depuis les premières années de ce siècle. Jusque-là les mineurs de Rive-de-Gier, peu familiers avec la marche des failles, croyaient les couches de houille du Mouillon limitées par la lisière du plateau, et celles de la Verrerie par le vallon du Féloin. Aussi lorsqu'on 1798 MM. Fleurde-Lys ouvrirent le puits de la Découverte, au pied du plateau, dans le fond de la vallée, on taxa leur entreprise de folie, et le plus grand nombre prédirent leur ruine certaine. L'étonnement et la joie des mineurs du pays furent d'autant plus grands lorsque, en 1802, on y découvrit la Grande masse à la profondeur de 170 mètres. Dès lors chacun se mit à l'oeuvre; MM. Fleurde-Lys eurent de nombreux imitateurs ; ce fut le début des fièvres de mines. On multiplia outre mesure les puits; dans les Verchères, les puits Jamen, Mouton, de l'Espérance, Journoud et Laurent; au Gourd-Marin, les puits Valluy, Gilibert, Bourret, Thiollier et Marcand. U y avait alors presque autant de sociétés distinctes que de puits. La concurrence déprima les prix. Pour se maintenir, on dut forcer l'extraction; on perça des galeries dans toutes les directions et à tous les niveaux. Bref on exploita sans règle, ni méthode. Comme la puissance de la couche était souvent de 6 à 7 mètres, et même parfois de 8 à 9 mètres, on opéra le dépilage par éboulement (foudroyage), sans se préoccuper des énormes pertes qui en résultaient. Les conséquences de ces fautes accumulées ne se firent pas attendre. Des incendies se déclarèrent sur divers points, tandis que, sur d'autres, les eaux du Gier firent