CHAPITRE XIL
Beaunier en parle dans sa description des mines de la Loire. Les travaux sont desservis par quatre puits et plusieurs fendues. Les fendues servaient presque exclusivement jusqu'en iS&O. Déjà avant 1810 on était descendu, le long de la pente, par ces galeries inclinées, jusqu'à la distance de 3&0 mètres. On sortait ainsi le charbon et Teau. Celle-ci était pourtant en partie évacuée par de longues galeries d'écoulement. A cause de la régularité du gtte, et du facile transport des produits dans la direction de la Loire, les mines de Villards prirent déjà un certain développement vers la fin du siècle dernier ; cependant les travaux rationnels, par puits et machines à vapeur, ne datent que de l'année 1838.
Les puits Beaunier et Villefosse furent ouverts sur les hauteurs qui dominent VillardSy aux cotes de 530 et 559 mètres ; le puits Gallois dans la gorge, qui sépare les deux coteaux, au niveau de h^k mètres. Enfin, le puits Neuf la Chanay creusé depuis peu, est placé dans le haut de l'étroit vallon, qui monte vers l'étang de Montmey, à la cote de 525 mètres. Il doit desservir l'aval-pendage des trois puits anciens, qu'il atteint par deux traversbancs.
Le puits Beaunier traverse la couche à 135 mètres du jour, mais il est foncé jusqu'à 275 mètres. Deux travers-bancs recoupent l'aval-pendage aux profondeurs de 215 et 265 mètres. Le champ d'exploitation, directement atteint par le puits, n'a que 500 mètres en direction, aux aflSeurements, et à peine 250 mètres au fond des travaux ; il est compris entre deux failles à pente opposée. A l'Est c'est un premier gradin de la grande faille du Furens; au delà, entre ce gradin et la faille principale, se trouve une bande de 150 à 200 mètres où la couche est brouillée et n'a pu être exploitée d'une façon complète. Ce premier gradin relève la couche à l'Est; auprès des afiDeurements le rejet est de 50 à 60 mètres, vers l'aval-pendage il augmente d'importance; il a 150 mètres au puits Neuf to CAana, vers A.30 à 635 mètres de profondeur.
La faille (^posée, qui limite la mine Beaunier à l'Ouest, est moins importante, elle ne déplace le gtte que de 20 à 30 mètres et se perd même à l'aval-pendage vers la cote de 260 mètres. Au delà de cet accident secon-
daire vient le champ d'exploitation des anciennes fendues Cumieux, dont Faval-pendage fat exploité par les travers-bancs inférieurs des puits Beaunier et Gallois^ et dont les parties les plus basses sont aujourd'hui entamées par le puits Neuf la Ghana. Vers 1860 on reprit les fendues elles-mêmes et les poursuivit jusqu'à 680 mètres suivant la pente. La largeur moyenne de cette deuxième zone de la mine de Yiilards est de liOO à 500 mètres. Elle est bornée à l'Ouest par la faille du puits Gallois^ l'une des branches de la patte d'oie dont j'ai parlé. Son amplitude atteint iOO mètres; et, si elle conserve vers son aval-pendage la direction qu'elle a en amont, elle devra passer à environ 350 mètres à l'Ouest du puits Neuf la Chana. Cette faille du puits Gallois a engendré, à la surface du sol, la gorge qui sépare les coteaux où sont creusés les puits Beaunier et Villefosse. On l'observe bien dans le chemin allant du puits Villefosse au bourg de Villards.
Dans ce quartier la couche est d'une grande régularité, comme le prouvent l'écartement uniforme des courbes de niveau et leur allure sensiblement rectiligne.
Le puits Gallois a été foncé, à l'origine, jusqu'à la profondeur de 268 mètres et plus tard à 290 mètres. A 205 mètres il a traversé en faille une faible veine de O'^^/iO. On la négligea d'abord, et, plus tard seulement, on reconnut que la couche était simplement amincie par un gradin précurseur de la grande faille. On ne se servit donc d'abord du puits Gallois que pour exploiter, par le travers-bancs dont je viens de parler, une partie de l'aval-pendage des fendues Cumieux. Plus tard on l'utilisa aussi pour l'avalpendage du champ d'exploitation du puits Villefosse.
Ce dernier puits rencontre la couche principale vers 130 mètres de profondeur, et, à 6 mètres plus bas, la veine du mur. La largeur du champ d^exploitation y est de 300 mètres seulement; il s'étend de la faille du puits Gallois à la faille parallèle du Martourey. Celle-ci est presque nulle aux a£Qeurements, mais croit sensiblement en profondeur. Il semble, au reste, à en juger du moins par la largeur qu'elle occupe sur les plans, qu'elle doit être double ; entre les deux gradins s'étend probablement un petit lambeau de couche.