CHAPITRE XII
Cette mine eut une certaine importance aux premiers jours de notre siècle. On y établit, en 1816 ou 1817, la première machine à vapeur du bassin proprement dit de Saint*Éiienne. La mine était alors desservie par une fendue, dont les wagonets.et les pompes étaient mis en mouvement par la machine en question. Ces travaux furent abandonnés en 1826 et repris seulement en 1870 par le puits Imbert, qui fut alors creusé à mi-coteau, sur Taval-pendage des anciens travaux. Il coupe la couche «^ la cote de &50 mètres, c'est-à-dire à 75 mètres du jour, ou à 50 mètres au-dessous du niveau des affleurements. En ce point la couche est brouillée par un accident. Par ce motif, et aussi à cause de Ténorme affluence des eaux lors de chaque orage, on ne put y ouvrir un champ d'exploitation fructueux. La mine fut de nouveau abandonnée dès Tannée 1876, quoique les galeries eussent pu être poussées en direction jusqu'à la distance de 5 à 600 mètres. Il reste donc encore sur ce point de la houille à prendre. Le champ est cependant limité au Sud par la faille de Côte-Chaude, dont Tamplitude est d'environ 200 mètres, et au Nord par l'accident, déjà signalé entre les mines du Bas-Cluzel et Montchaud. Ce dernier accident n'est d'ailleurs qu'une branche de la faille précédente, car il la rejoint, sous un angle aigu, auprès du hameau des Maisons-Rouges. Par le fait de ces accidents, le champ de la mine du Bas-CIuzel est de forme triangulaire. La base du triangle correspond aux affleurements, les côtés latéraux aux deux failles, le sommet au point le plus bas de la mine. Cette disposition du gtte, entre la grande faille principale de Côte-Chaude et sa branche du Nord, explique l'état de dislocation des roches et la friabilité du charbon, qui caractérisent la mine du Bas-Cluzel.
Voici, en effet, ce que nous lisons dans le travail de Beaunier :
« Les travaux du Cluzel présentent des difficultés particulières, qui naissent de l'allure très variable de la couche. Le toit en est peu solide, et la houille tellement friable que les galeries ont besoin d'être soutenues par des cadres distants l'un de l'autre de 0^,60 seulement. »
Si tel fut l'état de la mine à son origine, on conçoit les embarras que dut présenter sa réouverture lors du fonçage du puits Imbert. On eut con-
310 BASSIN HOUILtER DE LA LOIRE.
stamment à lutter contre Teau, le feu et les éboulemeats. Le puils lui-même, ouvert dans le toit de la couche, était peu solide, et l'exploitation fort peu prospère malgré la puissance et la pureté de la houille. La couche atteint 5 mètres, et le menu qui en provient est plus pur que celui de Yillards. L'inclinaison moyenne des bancs est de 60 pour 100, et dépasse même&5'' vers le Nord. Quoique dès 4812, selon Beaunier, la fendue d'extraction eût atteint 173 mètres de longueur, ou environ 100 mètres de profondeur verticale, on a peu exploité au-dessous de la cote de &00 mètres; il reste donc encore un assez vaste champ vierge entre les deux Tailles ci*dessus mentionnées.
La huitième proprement dite est accompagnée, au Cluzel, par ses deux satellites ordinaires du toit et du mur. La crue du toit est, en moyenne, à 15 mètres de dislance, mais l'intervalle diminue dans la direction de Vil* lards. Quant à la houille, elle est impure comme son nom l'indique. La veine du mur est à 20 mètres de la huitième ; c'est beaucoup plus qu'à Yiilards, car, au puits Yillefosse, la distance est de 6 mètres seulement. Sa puissance est de 1"',30 à 2 mètres ; le charbon en est relativement pur. La couche est vierge, sauf au voisinage des affleurements. On l'a exploitée par les puits Jumeaux jusqu'au niveau de &0 mètres. On ne put descendre plus bas à cause des eaux.
Le groupe 9 à 12 n*a pas été recherché jusqu'à présent au Bas-Gluzel ;. ces couches doivent cependant sûrement y exister, puisqu'elles sont connues aux Combettes, auprès de Villards, et, du côté opposé, au Haut*Cluzel, au sud de la faille de Côte-Chaude, où on les exploita, il y a trente-cinq ans, comme nous le dirons dans un instant.
On connaît également, dans cette région, les couches 7 ter et 7 bis. Leurs affleurements sillonnent le flanc droit de la vallée du Cluzel. Les gros bancs de poudingue, qui couvrent la huitième à Yillards, se transforment au Cluzel en bancs de grès minces et fins. On les observe bien, sur l'ancien chemin de Saint- Etienne à Saint-Genest-Lerpt, entre le Quartier-Gaillard et le Bas-CluzeL Tout Tespace compris entre la huitième et les veines 7 ter et 7 bis est occupé par une alternance continue de bancs de grès fin mesurant