CHAPITRE XII
direction de la Croix -de-l'Orme, qui a amené le renversement dont je viens de parler, par le relèvement du terrain inférieur. (Coupe, pi. XXII.)
Vers le Nord-Est, au contraire, d'après la manière d'être de l'étage supérieur de la Chauvetière, l'inclinaison doit plutôt aller en diminuant, quoique finalement la couche sera aussi coupée en profondeur par les failles de direction, ou par l'un des échelons des failles transversales du Furens ou du Gagne-Petit. Enfin, au Nord du puits du Crêt de Mars, Tinclinaison de la couche diminue en approchant de Beaubrun et de la faille des Maures.
La puissance de la Grande masse de la Béraudière est partout considérable; en moyenne, on peut admettre 12 à 15 mètres avecdes écarts extrêmes de 7 à 20 mètres. La partie voisine du mur se compose généralement de 2 à 3 mètres de charbon cru, qui représente, san$ doute, la quatrième couche, souvent réunie, comme on sait, à la troisième.
Au-dessus des 2 à 3 mètres de charbon cru viennent 7 & 8 mètres de charbon pur, en bancs minces, relativement tendres ; puis 3 à i!t mètres de houille plus dure, en bancs de 0"*,40 à 0",50. Le toit se compose de schistes sur une très grande liauteur, contenant encore, vers le .milieu de son épaisseur, une petite veine de 0°',20 à 0'"^30. Est-ce la couche n** 1, ou la couche n"" 2? Je ne sais; cependant il me parait évident que la première des couches supérieures, la couche des trois gores, est trop éloignée de la troisième pour pouvoir représenter les couches n"" 1 et 2 de Beaubrun, du Quartier-Gaillard et du Treuil; elle doit plutôt correspondre & la base du groupe des Rochettes, ainsi que cela résulte d'ailleurs de l'étude des plantes fossiles par M. Grand'Eury. — D'autre part, si l'on considère que la couche n* 2 du Quartier-Gaillard est parfois aussi pure et aussi puissante que la 4roisiëme, et que les deux couches n'en font qu'une sur quelques points, on est amené à penser, vu l'épaisseur exceptionnelle de la grande masse de la Béraudière, qu'elle comprend très probablement aussi, comme à Côte-Thiolière, à Monthieux et au Gagne-Petit, outre les couches n'^A. et 3, les n"^ 2 et i. En tout cas, ce qui est certain, c'est que, d'une façon générale, la troisième couche est plus forte à la Béraudière que dans
ith BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.
les concessions du Quartier-Gaillard et des districts de l*Est, et que bien certainement, comme à Beaubrun, cet accroissement de puissance est dû, en partie du moins, à la disparition du banc de grès, situé ailleurs entre les couches n"* h et â, et probablement aussi de celui qui isole, à Beaubrun, les n^ 2 et 3.
J'ajouterai, en ce qui concerne l'allure de la Grande masse, qu'elle s'amincit, comme toutes les autres veines, en approchant de la faille limite de la Croix-de-l'Orme , et qu'au Nord, au delà duGrét de Mars, au voisinage de la concession de Beaubrun, elle se transforme partiellement, près du toit, en schistes et grès; ce qui semblerait bien indiquer qu'elle comprend, dans sa partie haute, la couche iv* 2 , partout variable dans son allure, à Beaubrun comme au Quartier-Gaillard.
A la Béraudière, comme dans les autres parties du bassin, et peut-être plus qu'ailleurs à cause du facile accès des affleurements, les mines indépendantes étaient nombreuses avant la formation des grandes Sociétés houillères. De là une foule de puits et de fendues ouverts, il y a quarante à cinquante ans, en dehors de toutes les règles. Il subsiste même encore aujourd'hui, dans cette concession, deux mines non Tusionnées, dont les périmètres sont fort irréguliers ; ce sont les territoires désignés sur nos plans par les noms de Réserves, delsiPetUe-Ricamarie etdw Montcel-tticamarie. AuMoutcel-
Bicamarie, on a surtout exploité la troisième brûlante, dans la région du Brûlé, à l'aide d'une fendue. A la Petite-Ricamarîe, la Grande masse est refoulée, par la faille de direction, en une sorte d'amas vertical. (Coupe, pi. XXII.) En dehors de ces deux Réserves, les plus importantes des anciennes fosses, successivement agrandies, approfondies et outillées par la Société actuelle, sont les puits Abraham, Saint-Dominique, Saint- Joseph, le Crêt de Mars^ etc. On y a joint plus récemment, comme centre d'exploitation principal, les puits jumeaux Dyèvre, non loin du puits Saint-Dominique. A l'aide de ces divers puits, d'où partent de nombreux travers-bancs dans les deux sens, on exploite depuis trente ans, grâce à la forte inclinaison des assises, non seulement les divers étages de la Grande masse, mais encore les veines secondaires, situées au toit et au mur de la couche principale.