CHAPITRE XII
Je ne dirai rien des mélhodes d'exploitation , adoptées à la Béraudière, sinon qu'il faut, pour éviter les éboulements et les feux, opérer constamment par remblais complets, et que, parmi les méthodes essayées, celle par tranches horizontales en travers s'est montrée la plus sûre et la plus favorable, surtout là où Tinclinaison est forte et la puissance considérable S
§ 231. — Au mur de la troisième couche on connaît trois veines, appelées première, seconde et troisième Brûlantes. Gomme qualité et puissance, elles se classent dans Tordre même de leur superposition : la plus basse, ou troisième, est la meilleure et la plus puissante ; vient ensuite la seconde, puis la première. Chacune d'elles, la troisième surtout, se partage assez souvent en deux ou trois branches distinctes. D'autre part, les deux premières brûlantes se rapprochent et se confondent au Sud, vers la Petite- Ricamarie, en une couche unique.
Si Ton compare le groupe des Brûlantes aux couches des districts voisins, on voit, d'une façon générale, que la première et la deuxième brûlantes doivent correspondre aux veines inférieures de Tétage moyen, et que la troisième représente ou le n° 7 ter ou le n** 8. Nous dirons plus tard ce qu'il faut penser de ces rapprochements, en donnant les raisons pour et contre l'une et l'autre des deux hypothèses.
Pour le moment, passons h la description des trois couches inférieures.
La première Brûlante est séparée de la Grande masse par un très fort banc de grès. Sa puissance dépasse rarement i*",50, et descend même sur quelques points h 1*^,30. C'est un charbon dur, un peu cru, dont le menu tient 10 à 15 pour 100 de cendres. Son allure est assez régulière ; on la voit partout se tenir, sans trop de variations, à la distance de 30 à liO mètres au-dessous de la Grande masse. Grâce au toit de grès, la couche est pourtant, çà et là, plus ou moins amincie par érosion.
4. On peut consulter, sur les méthodes essayées à la Béraudière et à Montrambert, la notice publiée par H. Devilaine à Toccasion de TExposition de 4878 et divers mémoires insérés dans le Bullelin de Vfnduslrie minérale.
A la première Brûlante succèdent, au mur, des schistes feuilletés, ayant la tendance à se gonfler «^ Tair, ce qui rend fort difficile, dans les travaux, le maintien des galeries. Ces schistes, partiellement charbonneux, occupent tout l'espace compris entre la première et la deuxième Brûlantes. L'épaisseur moyenne de ce massif est de 15 à 20 mètres. La couche elle-même mesure 2 à 3 mètres; elle fournit du charbon plus pur et plus tendre que la première brûlante; le menu tient en moyenne 6 à 8 pour 100 de cendres; cependant, celui des bancs proches du toit est également plus ou moins pierreux et presque inexploitable sur quelques points. La deuxième Brûlante suit régulièrement la première, sauf au Sud, où les deux couches se rapprochent insensiblement et se confondent même, à partir du puits de la Brûlante, dans les niveaux voisins du jour.
Or, si maintenant onse rappelle la disposition ordinaire des cinquième, sixième et septième couches, aussi bien au Quartier-Gaillard que dans les districts du Treuil et de Bérard, on sera certainement frappé de l'analogie des deux séries. De part et d'autre, la première couche sous un puissant massif de grès, puis le reste formé de schistes partiellement charbonneux. L'analogie est complète là où la quatrième est unie à la troisième; c'est, pour moi, un motif de plus pour admettre que la base un peu pierreuse de la Grande masse de la Béraudière représente bien la quatrième couche, comme dans les districts du Gagne-Petit et de Gôte-Thiolière. En tout cas, la première Brûlante ne saurait correspondre à cette quatrième, puisqu'alors la cinquième n'aurait plus son toit si habituel de grès. Rappelons, corame dernier point de rapprochement, la disposition identique des couches au puits Montmartre, ainsi que le rapprochement des cinquième, sixième et septième couches de Chavassieux vers le Nord. Ce qui me confirme enfin dans cette manière de voir, c'est la marche relativement indépendante de la troisième Brûlante, qui fait réellement bande à part.
Tandis que les couches 3 à 7 forment partout un groupe bien caractérisé, le massif, situé au mur de la septième, est de nature variable comme celui qui sert de base à la deuxième Brûlante. Tantôt le massif est stérile, comme au puits Jabin, tantôt criblé de veines charbonneuses dont la puis-
CHAPITKE X!I. • 367
sance et Taspect sont des plus changeants, comme à Beaubrun. La troisième Brûlante, en un mot, ne saurait appartenir au groupe proprement dit â à 7 ; elle fait évidemment partie d*un groupe inférieur d'origine différente.
Le massif situé entre les deux dernières Brûlantes est surtout formé de grès schisteux. Son épaisseur est de 50 mètres avec des variations assez notables en plus ou en moins. Le toit et le mur immédiat de la troisième Brûlante sont habituellement formés de grès dur. La puissance utile de la couche varie entre 3",50 et 6 mètres; sa pente, parallèle à celle des couches supérieures, oscille entre 25 et 80*. Le charbon de la dernière Brûlante est plus pur que celui des couches précédentes; il vaut celui de la Grande masse. Cependant au mur et au toit se trouvent des parties schisteuses, plus chargées de cendres. Çà et là, le banc du mur devient même inexploitable sur un mètre de hauteur; et, près du toit, on rencontre partout, dans la couche, un lit d'argile jaune (la manne jaune des mineurs) deO"*,10 à0'",30 d'épaisseur. Ce nerf sépare, du reste, de la veine un banc de 0*,20 à 0",80, presque toujours un peu cru. Cette argile jaune, ainsi que d'autres lits de schistes grandissent parfois, sur quelques points, de façon à former des nerfs de plusieurs mètres. Ainsi, dans le quartier du Brûlé, la couche est divisée en deux parties ; à Montrambert, on connaît même trois branches, où celle du milieu a 3 à 5 mètres, celle du toit seulement 0'",50. En somme, on le voit, la troisième Brûlante est une couche fort importante, dont la majeure partie de Taval-pendage, au-dessous de 200 mètres, est encore vierge. Dans le sous-district de la Béraudière, la partie centrale, dirigée Nord-Sud, est exploitée par les puits Saint-Joseph, Dyèvre^ Saint-Dominique, etc., Taval-pendage Nord par le puits Neuf du Brûlé.
Quant à Tamont-pendage, il futdéhouillé, dans la région Nord, à l'aide de fendues, dans la réserve du Montcel; et, à Textrémité Sud, par le puits de la petite Ricamarie.
§ 232. — Avant d'aborder la question de Tàge réel de la troisième Brûlante, revenons uii instant à la faille des Maures.
368 BASSIN HOUILLER DE Lk LOIRE.
On la voit, à TOuest du hameau du Montcel, couper nettement la Grande masse de Montrambert et la remonter jusqu'au Brûlé; d'autre part, le même rejet relève aussi la troisième Brûlante au niveau de la Grande masse. Son amplitude est, par suite, égale à la distance normale des deux couches, qui est sur ce point de 140 à 150 mètres. Mais elle augmente vers le Nord, à cause de la différence de plongée des bancs au mur et au toit de la faille; de sorte que sous le plateau du Grêt-de-Bessy, où la faille des Maures aboutit h celle du Gluzei, Fétage moyen reste caché sous un épais manteau de Tétage supérieur, qui n'existe ni au Devais ni au sommet du Mont- Saison.
Or, cette même faille des Maures, qui ramène au jour, auprès du Devais, l'étage moyen, découvre aussi, dans le bas-fond de la Ricamarie, le mur de la troisième Brûlante. Entre l'affleurement de cette dernière couche et la faille des Maures s'étend, en eff'et, un quadrilatère de /tOO mètres de largeur, où les assises, placées au mur de la troisième Brûlante, viennent toutes successivement affleurer. C'est donc là que doit se montrer rétage inférieur, et en particulier la huitième couche, si toutefois elle existe dans cette région. On a creusé, dans ce but, il y a environ quarante ans, le puits Quaintin, dans la réserve ifon^ce/, au mur de la troisième Brûlante. On Ta poussé jusqu'au niveau de 210 mètres, et un trou de sonde a même encore exploré les 32 mètres suivants. Eh hien ! dans ce parcours de 2/i2 mèlres, on n'a rencontré que trois faibles veines inexploitables de l'",50, 0»,80 et 1°',20, aux profondeurs de /i5 mètres, IIA. mètres et IftO mètres. Les roches traversées sont micacées^ comme celles qui isolent l'étage moyen de l'étage supérieur, tandis qu'entre la Grande masse et la troisième Brûlante ces roches sont inconnues. (PI. XIV, et coupe pi. XXII.)
La stérilité des roches, au mur de la troisième Brûlante, sur au moins 200 mètres de hauteur verticale, est d'ailleurs également prouvée par l'absence de tout affleurement important dans le quadrilatère ci-dessus mentionné. Ainsi donc, si la troisième Brûlante n'est pas la huitième couche des districts précédents, elle n'existe pas davantage dans les premiers 250 mètres situés au mur de la dernière Brûlante, à moins qu'elle ne soit oblitérée au point