CHAPITRE XII
de la Béraudière, les assises plongent à l'Est, comme les couches da puils Saint-Dominique. Leur inclinaison est forte et devient surtout grande auprès de la Chauvelière. (PI. XXII. Coupe.)
Au massif micacé de 200 à 250 mètres, dont je viens de parler, succède la couche la plus basse de la Chauvelière, celle que l'on appelait couche mouillée, à cause des abondants suintements d'eau qui gênaient le travail dans les galeries souterraines. Mais, avant d'aborder l'étage supérieur, signalons encore, entre les deux premières ci^esy au milieu des schistes gris ordinaires, trois ou quatre mètres de schistes blancs feldspathiques, se divisant en plaques minces polyédriques, et méritant, à cause de leur couleur, le nom de goi-e blanc à plus juste titre que le dépôt siliceux verdâtre, tout à fait différent, delà Péronnière. {§ 13.)
§234. — L'étage supérieur, situé au toit du massif micacé en question, n'estpas exploité, en ce moment, à cause de la qualité inférieure delà houille. Mais, en 1841, avant la fusion des mines, j'eus plusieurs fois occasion de visiter celle de la Chauvelière. On y distinguait sept veines, dont deux seulement quelque peu importantes. Deux puits et un travers-bancs, allant de l'un à l'autre, au niveau de 150 mètres, coupent la série des veines. Le champ d'exploitation mesurait 700 à 800 mètres, suivant la direction. Celle-ci est Nord-Sud, dans la majeure partie de son étendue, sauf au Sud, où elle se dévie à l'Est. Le puits d'extraction est précisément situé au sommet de l'arc. Dans la région Nord-Sud l'inclinaison atteint 70% mais elle, diminue là ou l'allure devient Est-Ouest. La couche principale, la seconde en partant du haut, a 2 mètres de puissance; elle est divisée en plusieurs bancs par de minces fifets d'argile charbonneuse, qui rendent la houille dure, terne, riche en cendres. Elle est, du reste, à longue flamme et peu grasse, contenant 38 pour 100 d'éléments volatils (n°12 du tableau).
Au Nord, les travaux furent arrêtés aux accidents précurseurs de la faille longitudinale, qui rejette l'étage supérieur du côté de la mine Ranchon. Au Sud, ou plutôt à l'Est, au delà de l'inflexion subie par les couches, on rencontre aussi quelques accidents. A partir du puits du ilont, la couche semble même s'amincir ou se diviser en plusieurs branches.
Zlk BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.
L'affleurement de la couche principale longe le fond du vallon de la Chauvetière, et, à 100 mètres à l'Est, on voit, auprès de la ferme même de ce nom, la veine la plus élevée de l'étage supérieur. Elle est médiocre, crue, et ne fut, par ce motif, que faiblement entamée par deux ou trois anciennes fendues. Sa puissance totale, y compris les nerfs, est de 1 mètre à J",SO. Le travers-bancs, percé à la profondeur de 150 mètres, ne l'atteint pas; il ne dépasse guère le toit de la couche principale. Par contre, du côté opposé, il se prolonge jusqu'à la couche mouillée, et coupe, dans ce trajet, quatre veines intermédiaires, deux à l'Est et deux à l'Ouest du puits. Les deux premières ont 0*", 60 àl mètre au maximum ; elles sont situées à 25 et 50 mètres au mur dç la couche principale; le charbon en est cru et n'a pu être exploité. Les deux autres, à l'Ouest du puits, sont encore moins importantes. Enfin, à 60 mètres, le travers-bancs atteint la couche mouillée. Celleci a 2 mètres comme la seconde, et le charbon aussi est de même nature. Elle fut autrefois attaquée par des fendues, et s'appelait alors couche dedia> pieds, ce qui indiquerait une puissance d'au moins â mètres près du jour. Cet excès de puissance provient des veines qui sillonnent le toit de la couche au niveau du travers-bancs. La couche mouillée fut déhouillée jusqu'au niveau de 150 mètres, comme la seconde, et sur la même étendue de 700 à 800 mètres ; mais l'une et l'autre sont vierges en dessous et abandonnées depuis trente-cinq ans.
En résumé, on le voit, le groupe supérieur de la Chauvetière est loin de valoir celui du bois d'Avaize. Il lui est inférieur comme puissance et nature de houille. Dans ce district, on ne peut compter que sur environ 6 mètres de charbon dur et pierreux, dont l'exploitation n'est guère possible au prix actuel des combustibles.
Au Nord de la Béraudière, l'étage supérieur n'a pu se déposer, ou fat plutôt balayé après son dépôt; il reparaît, toutefois, dans le sous-district de Montrambert, au toit de la faille des Maures. Les affleurements de Grange- Neuve et de Joanny, figurés sur nos plans aux environs du Devais, doivent tous appartenir au groupe des Rochettes, fortement disloqué en ce point, où l'allure normale passe à l'allure transversale.