CHAPITRE XII
Méons. C'est du charbon gras, à courte flamme, à 80 pour 100 d'éléments fixes. Malheureusement sa puissance dépasse rarement 1",50 et descend souvent à l^jSO. Directement couverte par le grès, elle est sujette aux amincissements par érosion. Malgré cela, la couche du Sagnat est Tune des plus régulières du bassin et des plus faciles à exploiter; elle doit cet avantage à sa puissance moyenne de l^'y/iO à 1"',50, et, de plus, à la grande solidité du toit de grès; aussi les travaux s'étendent-ils, comme on peut le voir par nos courbes de niveau (pi. XVI), sur plus de deux kilomètres en direction et 700 mètres suivant la plongée.
Au Sud, la faille du Buisson abaisse la couche de 25 à 30 mètres; c'est une branche oblique de la faille du Midi, qui rejette finalement toutes les couches à des profondeurs non encore explorées, mais qu'il est facile de fixer d'après les cotes de niveau des affleurements de la couche Siméon. A la Piotière, où la couche Siméon est à la cote de 550 mètres, on trouvera celle du Sagnat vers 300 mètres, ce qui dénote sur ce point une faille de 150 à 200 mètres.
Dans le voisinage de la faille du Midi les rejets se multiplient; aussi le charbon est-il plus tendre et plus difficile h exploiter. A part cela, la qualité reste bonne.
Sous les maisons mêmes de Roche-la-Molière, les assises sont fort peu inclinées; aussi, grâce à la configuration du sol^ l'affleurement du Sagnat décrit-il une sorte de fer à cheval autour du bourg. En outre, au Nord des dernières maisons, la couche est relevée par une série de faibles failles qui mettent en regard l'affleurement du Sagnat et celui du Peyron. Dans cette région haute la pente des assises ne dépasse guère 20 pour 100; plus bas, auprès du puits DolomieUj on trouve 30 pour 100, et vers l'aval-pendage, au-dessous de la galerie du Cluzel, jusqu'à 50 pour 100. A partir de cette galerie, en se dirigeant vers le Nord, la couche du Sagnat s'oblitère graduellement; on voit se développer, au milieu du charbon, près du mur, un faible lit de schiste, qui atteint un mètre vers l'extrémité Nord des travaux. En même temps, la houille change de nature, elle devient plus maigre, et perd finalement la faculté de s'agglomérer dans les fours à coke. Cette alté-
ration est, au reste, générale dans toutes les couches du district de Roche.
Vers l'aval-pendage, les derniers travaux sont à la cote de 221 mètres. On pourra continuer les travaux jusqu'au puits du Crét, où le Sagnat pourra être recoupé vers A50 mètres de profondeur, à la cote de 120 mètres; mais il n*est guère probable que Ton puisse aller au delà sans atteindre la faille du CluzeK
Disons, pour ne rien oublier des richesses houillères du district, qu'à mi-distance entre le Sagnat et le petit Moulin, le puits Dolomieu et la galerie du Cluzel ont tous deux recoupé une veine intermédiaire de O^yTO, qu'on n'a pas explorée jusqu'à présent à cause de sa faible épaisseur.
Vers 30 à &0 mètres au mur du Sagnat vient la onzième couche, le Peyron; c'est la plus mince du groupe, mais supérieure, comme qualité, au petit Moulin. Elle mesure généralement 1 mètre à l'",30. Le grès domine entre les deux couches, mais alterne cependant avec quelques schistes contenant deux veines de charbon au puits Dolomieu, la première de 0'°,30, la seconde de 0'",40. Au puits Neyron les deux veines se réduisent à une seule de 0",/i0, et au puits du Sagnat cette veine unique a 0",80.
A l'époque où fut publiée la description du bassin, par Beaunier, on exploitait la couche du Peyron au moyen de fendues, comme celle du Sagnat. Elle était alors connue sous le nom de Petite masse. Dans les deux couches, les anciens travaux remontent d'ailleurs à plusieurs siècles.
Depuis 1830, on les a surtout exploitées par les puits Dolomieu, Derhins, Neyron, du Sagnat etc., ainsi que par les deux travers-bancs du puits du Crêt ci -dessus mentionnés. L'exploitation du Peyron a constamment suivi celle du Sagnat; l'allure des deux couches et la disposition des travaux sont les mêmes. L'a£Qeurement du Peyron se voit à peu de distance au-dessus du banc de grès que l'on exploite, pour meulières et pierres de taille, dans plusieurs grandes carrières, situées entre le hameau de Frécon et le bourg de Roche. Au toit immédiat de ce banc de grès se montre, en outre, une veine intermédiaire de 0",40. Enfin, sous la masse de grès, au sol même des carrières, est la quatrième couche du groupe, le n° 12, appelée ici la Grille.
Le Peyron et la Grille sont légèrement relevées, comme le Sagnat, par