CHAPITRE XII
se montrent sous les grès qui affleurent en bancs réguliers entre les domaines de la Roare et des Granges. On peut même, au Nord de la Roare, très bien observer, à la surface du sol, le passage de la faille du Midi. En suivant, de l'Ouest à TEst, le chemin qui va de Drillant au bourg de Roche, on voit le grès brusquement interrompu, et, à sa place, au Nord, sur une étendue de quelques mètres, des schistes noirs en feuillets Est-Ouest presque verticaux. Au Nord et au Sud les affleurements ne se correspondent plus ; ils sont coupés, par la faille, comme les grès dont je viens de parler (pi. XVI). Le groupe 9 à 1:2 est déplacé horizontalement d'environ 600 mètres, et les affleurements, que l'on voit au Nord en face de ceux de la Roare, appartiennent, comme nous le dirons bientôt, au groupe inférieur 13 à 16.
Le plus apparent des affleurements de la Roare est couvert par un gros banc de grès, visible à peu de mètres du chemin qui mène des Granges à la Roare. Aux Granges même le charbon est partiellement raviné par ce grès, mais au Nord, près de la Roare, il paraît avoir été placé sous un fauxtoit schisteux, qui est même ici rubéfié et porcelanisé par un vieil incendie de mines. Dans celte région sa puissance atteint 2'",50, tandis que là où le grès couvre la houille, celle-ci est souvent réduite à un mètre. La couche est exploitée par le puits des Granges n"* 2 jusqu'à la cote de 450 mètres, l'affleurement étant au niveau de 530 mètres. Le charbon diffère peu de celui de la couche du Sagnat à la mine de Roche.
A 100 mètres à l'Est de l'affleurement en question, se trouve une couche mêlée de schistes, qui doit correspondre au Petit-Moulin (la neuvième), tandis qu'à la même distance, à l'Ouest, passe l'affleurement du Peyron de 1»,10, et au delà, sous les prairies, entre Drillant et la Roare, la douzième couche, peu explorée jusqu'à ce jour.
A partir des Granges, les quatre affleurements se détournent au Sud- Ouest, comme la couche Siméon à la Yarenne. Là, on franchit le col qui sépare le bassin de Roche de celui d'Unieux, les eaux du Pommareize de celles de l'Egoutay. A partir de ce point, les affleurements sont moins continus et moins faciles à suivre. Cependant, en partant toujours de la couche
Siméon, caractérisée par sa puissance et l'abondance des schistes du toit, II. 51
ki)2 BASSIN MOUILLER DE LA LOIHE.
on constate sans peine que le Sagnat doit passer sous Beaulieu , le Petit- Moulin entre Beaulieu et le Bourgeat, et les traces des couches li et 12 entre Boaulieu et le hameau d*Aurelle (pi. XVll).
Le puissant alHeurement de la couche Siméon se voit fort bien sur les bords du chemin qui descend des Granges vers TÉgoutay, dans la direction de Troussieux. Ce chemin croise même tous les affleurements depuis la Grille jusqu*à la Troisième. La couche Siméon passe ensuite sur la rive gauche de FKgouUiy, se perd, au delà, sous les prairies du fond de la vallée, puis reparaît, h TOuest de la Croix-Marlet, aux environs de la ferme du Grand- Béraud. Les couches inférieures 9 à 12, avec leurs bancs de grès, se montrent à leur tour en lambeaux épars, entre Grand-Béraud , Laumière et Lardier, le long de la crôte qui sépare TÉgoutay du ruisseau de la TriolliiVe(pL XVII).
En consultant la carte, il semble que la neuvième couche se rapproche de la huitième en s* avançant vers le Sud-Ouest. Au Sud de Beaulieu la distance se réduit, en effet, à 100 mètres environ. Il faut ajouter toutefois que la pente des assises croit notablement sur ce point, et que, dans une région aussi accidentée, des failles ont pu réduire les distances d*une façon plus apparente que réelle. Aussi, quoique les deux couches semblent, en effet, se rapprocher, on ne peut pourtant rien dire de positif sur la puissance réelle du massif qui les sépare dans cette région.
§ 2&6. — Revenons maintenant i\ Roche pour nous occuper du groupe inférieur 13 ;\ 16 (pi. XVI).
Observons d'abord qu'à peu de mètres au mur de la Grille (12*) vient une nouvelle veine, appelée la crue, qui n*est en réalité qu'une annexe, ou bninoho secondaire, de la Grille proprement dite. Elle a jusqu'à 2 mètres ou 2'\50 sur quelques points, mais elle est mêlée de schistes, et semble inexploitable; de plus, en profondeur, elle.se rapproche de la GriUe au point dVn devenir partie intégrante (pL XXVI. Coupe).
Au mur de la crue vient le puissant massil de grès grossier du coteau tie Poule-Noire, entre Fi'étx>n et le ruisseau qui descend de Drillant vers le Nt>riL Au milieu do ce UKu^sif^ sur le chemin allant de Drillant à Frécon, on