‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 216 sur 280 · CHAPITRE XII. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. m

constate dans les champs un affleurement de houille schisteuse, de qualité inférieure, ayant des schistes argilo-charbonneux pour toit et mur; sa puissance est de i",50 à 2 mètres.

A la base du massif on connaît deux autres couches, désignées par Beaunier sous les noms de grande et petite masse de la Neyrette. La première a i'",20 à 1",30; la seconde, située entre 50 et 70 mètres plus bas, mesure 2 mètres à 2'",50. Les deux couches ont été fouillées par des fendues que j'ai pu voir encore en 18A.0, les unes au Sud près de Drillant, les autres au Nord près du point où le ruisseau de Drillant se jette dans le Pommareize. Ces couches, comme la précédente, sont de qualité médiocre; aussi ne les a-t-on pas exploitées depuis le commencement de ce siècle ; mais rien ne prouve qu'elles ne puissent s'améliorer en profondeur. On les reprendra certainement lorsque les couches supérieures seront épuisées. Dès aujourd'hui on peut affirmer que ces trois couches représentent certainement le groupe 13 à 15. Elles ne furent pas explorées jusqu'à présent en profondeur. Un seul des nombreux puits de Roche-la-Molière a été foncé au-dessous du niveau de la couche de la Grille, le puits Neyron^ qui traverse

le Sagnat à 16 mètres de profondeur,

le Peyron à 61 mètres,

la Grille à 111 mètres, sous 39 mètres de grès {taille)^

et la Crue à 128 mètres.

A partir de là, les grès et les schistes, plus ou moins grossiers, alternent continuellement à de faibles intervalles. La roche semble, en général, plus schisteuse qu'à la surface du sol auprès de Poule-Noire ; elle est surtout désignée, dans les coupes du puits, sous le nom de manifer. Vers 215 et 255 mètres on a cependant {traversé des bancs de poudingue, et à deux niveaux, 230 et 282 mètres, de faibles veines de charbon terreux, entremêlé de schistes feuilletés et charbonneux. Le puits est arrêté à 292 mètres dans le manifer. Ni la puissance ni la position des deux veines charbonneuses, situées à 230 et 282 mètres, ne correspondent aux couches de la Neyrette. Celles-ci • doivent se trouver pour le moins à 100 mètres plus bas. Les veines traversées appartiennent plutôt à ralHeureaient schislo"

kQk BASSIN UOUILLER DE LA LOIRE.

charbonneux de Poule-Noire (la 13'?), visible, conotme je l'ai dit, dans le chemin qui conduit de Frécon à Drillant. La question concernant Timportance des couches inférieures vers leur aval-pendage reste donc en suspens.

Au mur des couches de la Neyreite on atteint, le long du Pommareize, «^ moins de 500 mètres de distance, le granité rouge. Jl n*y a donc place ici que pour la partie haute du massif stérile de Saint-Chamond. Ni rétage proprement dit de Rive-de-Gier ni la brèclie de la base ne remontent jusqu'au jour. Mais aussi la vallée du Pommareize, qui rejoint la Loire à Saint- Victor, semble-t-elle le résultat d'une sorte de relèvement du terrain ancien, car plus loin, au Nord comme au Sud, on voit le dépôt houiller inférieur se développer le long du terrain ancien.

§ 2/i7. — Suivons d'abord la limite commune des deux terrains vers le Nord. Sur la rive droite du Pommareize le soi s'élève en pente raide le long de la faille de Landuzière. On a vu comment les couches 9 à 12 sont redressées avec leurs toits de grès, contre le plan de la faille (§ 244). Or, à un kilomètre au mur de la dernière couche, en face du double affleurement des couches de la Neyretle, on constate également, sur la rive droite du Pommareize, un double affleurement analogue, au milieu d'un massif de ^oré*^ qui remonte au Nord et plonge à l'Est sous la puissante série des bancs de grès situés aumur de la couche de la Grille. Ce double affleurement, suite de celui de la Neyrette, connu ici sous le nom de couches des Saignes^ se prolonge au Nord jusqu'à la trace delafaillede Landuzière, non loin du village de la Chéronnière. Là aussi, dès que l'on a dépassé la faille, on rencontre un terrain tout à fait diff'érent. Ce sont des grès micacés, sauvages, plongeant fortement au Sud, et passant souvent à des poudingues quartzo-micacés. On reconnaît bien là l'étage stérile placé entre Rive-de-Gier et Saint-Étienne. On le retrouve partout, au haut de la côle, en allant du Minois par Bryas aux Saignes. Un peu eu arrière, vers le Nord, sur les hauteurs de Trêves et de Landuzière, viennent les grès silicifiés, pareils à ceux de la base de Saint-Priest, et, à l'Ouest des Saignes, au petit village du Mont, on atteint, sous le grès micacé, le gneiss en place. Au contact du terrain ancien, le grès houiller est régulièrement veiné de quartz-calcédoine, blanc, bleu et

jaune. De plus, le feldspath du grès est kaolinisé, et, avec les veines siliceuses, on observe, soit dans le grès, soit dans le gneiss sous-jacent, des lits de fer hydraté brun, pareil au minerai jadis exploité à Latour-en- Jarrêt, au Nord du Mont-Reynaud. Si, d'autre part, on suit, depuis le Minois, le chemin de Saint-Just-sur-Loire vers le Nord, on ne tarde pas à rencontrer, au delà de Gizeron, la brèche de la base. Enfin, en longeant le mur Nord du parc, on constate que la brèche se compose surtout de fragments granitiques. On y voit d'énormes blocs de plusieurs mètres cubes, ce qui a fait croire à du granité en place. Je doute cependant qu'il y ait là autre chose que des blocs de très fortes dimensions, car, pêle-mêle avec les masses granitiques, on trouve aussi, quoique en moindre proportion, des fragments de micaschiste.

On peut suivre la brèche de Gizeron, vers Je Nord, sans interruption jusqu'au Mont Ravel et même jusqu'au Furens en face de la Fouillouse. Dans cette région on ne constate aucune trace de l'étage proprement dit de Rive* de-Gier, comme à la Maison blanche et aux Mouilles plus au Nord (§ 200). L'étage micacé de Saint-Ghamond repose directement sur la brèche. La limite entre les deuxterrains va d'abord du Nord au Sud jusqu'aux environs de Trêves, puis de ce point, de l'Est à l'Ouest, parallèlement à la faille de Landuzière. Auprès de Landuzière même se montre, comme à la Niarais, un double affleurement argilo-charbonneux au milieu du terrain de Saint-Ghamond, affleurement dont l'importance industrielle est au reste tout à fait nulle.

§2/18. — Au Sud du défilé du Pommareize la limite du bassin houiller se dévie au Sud-Ouest vers Ghichivieux, tandis que les affleurements de la Neyrelte courent au Sud-Sud-Est sur Drillant. Il suit de là que l'étage stérile de Saint-Ghamond va s'élargissant à mesure que l'on avance du Nord au Sud. Entre Drillant et Ghichivieux sa largeur dépasse 1,000 mètres. Mais là, parle fait de la faille du Midi, qui rejette les affleurements du district de Roche d'environ 600 mètres à l'Ouest, la bande stérile inférieure redevient de nouveau moins forte; cependant, à partir de Javeranges, la brèche de la base se montre le long de la lisière du bassin, et se poursuit, vers le

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Sud-Ouest, jusqu'au point où TÉgoutay pénètre de nouveau dans le terrain houiller non loin d*Unienx. Cependant Tétage stérile de Saint-Ghamond ne semble plus dès lors occuper une zone de plus de 500 à 600 mètres de largeur^ car les traces d'affleurements, que l'on constate encore au Sud de la faille du Midi, aux environs d'Aurelle et de Bichizieux, paraissent plutôt correspondre au groupe 13 à 16 de l'étage Stéphanois qu'à l'étage même de Saint-Ghamond. L'importance de ce dernier étage diminue en effet, dans cette région, à mesure que l'on approche du village d'Unieux.

En résumé, on le voit, la partie inférieure du dépôt houiller n'est représentée, à la surface du sol, que fort incomplètement entre Roche-la- Molière et Unieux.

§ 249. — Après avoir étudié, dans le district de Roche-la-Molière, l'étage inférieur de Saint-Étienne, venons à l'étage moyen, c'est-à-dire à la troisième couche et ses satellites.

En remontant de bas en haut, signalons d'abord, au toit de la couche Siméon, deux faibles veines, qui longent le coteau de Saint-Genest-Lerpt entre ce village et le domaine de Dourdel. La veine inférieure (n* 7 ter) affleure, sous un banc de grès, au voisinage des murs de clôture du domaine de Dourdel et dans le chemin qui descend de là vers Roche. G'est une couche de 1 à 2 mètres, divisée en deux bancs par des lits de schiste. Elle fournit du charbon Rafford et pierreux, pareil à celui du puits Rambaud au Gluzel. On l'a exploitée autrefois» auprès de Dourdel, par une fendue. La couche m'a paru moins importante et moins bonne qu'au puits voisin des Baraudes. Dans la direction du Nord, elle continue jusqu'à Saint-Genest, en diminuant d'épaisseur progressivement.

Je l'ai vue, sous Saint-Genest même, auprès du pont jeté sur le ravin qui va de ce bourg au ruisseau de Pommareize. Sa puissance y est réduite à 0'",80 ou 1 mètre au maximum.

. Près de Dourdel elle a été coupée, sur son aval-pendage, par le tunnel du chemin de fer, qui relie les mines de Roche au Gluzel.

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