CHAPITRE XIII
phiné, le rivage naturel du bassin houiller, et non pas celui qui serait dû à quelque soulèvement postérieur. On peut donc espérer la continuité souterraine du terrain carbonifère, sous la plaine du Dauphiné» tout le long de la bande de 25 kilomètres, qui sépare Gommunay de Ghamagneux*.
Quant à la largeur de la bande houillère, on ne saurait la fixer a priori. Elle peut être faible comme à Gommunay, Givors et Tartaras; elle peut aussi se renfler comme à Montrond, Rive-de-Gier , Saint-Étienne. Mais, quoi qu'il advienne sous ce rapport, on peut au moins affirmer qu'un vaste champ s'y ouvre aux explorateurs. Les chances favorables ne sont, sans doute, pas aussi nombreuses dans le Dauphiné que jadis sous les plateaux crétacés du Pas-de-Galais, mais aussi, si les difficultés et les incertitudes y sont plus grandes, les procédés de sondage et de foncement de puits sont aujourd'hui plus rapides et plus sûrs. En tout cas, il ne faut pas se laisser rebuter par quelques premiers échecs inévitables. Gomme dans le Nord, certains puits forés pourront manquer la zone houillère^ parce que rien ne permet d'en fixer rigoureusement, a priori^ la largeur et la direction. Il faut en quelque- sorte procéder à tâtons , tout en se maintenant à peu près dans le voisinage de la droite qui relie Gommunay à Ghamagneux.
Age relatif du Mmirlet 4e Rlve«de-Gier et de eelul
de Tartaraa«Glvors»Coiiiiiianay.
§ 275. — Maintenant que nous avons étudié, dans toutes ses parties* la longue bande houillère qui va de la Madeleine à Gommunay, ou même jusqu'à Ghamagneux, peut-on établir quelque lien d'âge et de parallélisme entre cette zone, généralement si étroite et si pauvre, et le riche dépôt de Rive-de-Gier et de Saint-Étienne?
Les ingénieurs de Rive-de-Gier furent naturellement conduits à assimiler les couches de Tartaras et de Givors à celles du bassin voisin. Les uns ont cru voir, dans* les couches peu constantes de Tartaras, la Gentille ou la Bourrue; les autres, dans le massif plus développé du Montrond, la repro-
duction en miniature des faisceaux de Rive-de*Gier et de Saint-Chamond. On invoquait, pour appuyer ce parallélisme, tantôt les analogies de roches, tantôt les qualités de la houille. Mais ceux qui connaissent la variabilité des roches et du charbon, dans le bassin de la Loire, ne peuvent attribuer une bien grande valeur à ces rapprochements purement pétrographiques Pour établir Tidentité des couches, ou faisceaux de couches, il faut les suivre pas à pas, le long des affleurements ou dans les mines, sans négliger, bien entendu, les failles et autres* accidents si fréquents dans ce terrain. Or^dans le cas présent, ce moyen même nous fait défaut, puisque le bassin de Tartaras est séparé de celui de Rive-de-Gier par la barrière ancienne dont j*ai parlé. Les deux dépôts sont indépendants l'un de Tautre, ou furent du moins indépendants à leur origine. Ils ont pu se former parallèlement, dans des conditions plus ou moins semblables, mais vouloir en identifier les diverses parties, c'est peine perdue; l'assimilation n'est pas possible. Au surplus, l'ingénieur distingué, M. Maurice, qui a dirigé la mine de Tartaras pendant de langues années, a déclaré ne trouver aucune analogie entre la couche de Tartaras et celles de Rive-de-Gier ; et, selon M. Grand'Ëury, les plantes rapprocheraient plutôt le gtte de Tartaras de l'étage inférieur de Saint-Etienne. Au fond, il faut bien l'avouer, ce rapprochement n'a rien d'extraordinaire. La végétation houillère a pu très bien commencet* à Tartaras beaucoup plus tard qu'à Rive-de-Gier. Le terrain ancien a pu y rester émergé, lorsque déjà un profond bassin s'était creusé à Rive-de-Gier, Saint-Chamond et Saint-Étienne. Plus tard, l'affaissement du '&0US-S0I ancien s'arrêta à Rive-de-Gler, tout en continuant à Saint-Chamond et à Saint-Étienne. C'est alors que dut se creuser aussi le bassin de Tartaras, qui est devenu ainsi contemporain de celui de Saint-Étienne, sans d^ailleurs avoir été jamais en communication réelle avec lui. Il s'ensuit aussi de là que les couches de Tartaras reposent directement sur le terrain ancien et non sur un étage houiller inférieur, contemporain de celui de Rive-de-Gier,
On ne saurait d'ailleurs où ce dernier pourrait trouver place entre les deux failles limites opposées, qui plongent l'une vers l'autre à la faible