CHAPITRE IX
celle du Plat-de-Gier, située, sur les deux rives du Gîer, entre la Péronnière et la Grand'Croix à TEst, et la concession de Saint-Chamond à l'Ouest. Gomme le territoire de Combérigol, celui du Plat-de-Gier a donné lieu — avant la découverte de la houille — à de coûteuses et persévérantes recherches.
Quatre puits furent successivement foncés. Le plus ancien, le puits Couchoudy fut commencé dès 1825 et poursuivi jusqu'à la profondeur de 497 mètres. 11 est foncé en grande partie dans l'étage micacé de Saint-Ghamond et en un point où la Grande masse semble devoir se trouver vers 600 mètres de profondeur. 11 devra donc être approfondi dans un avenir plus ou moins prochain. Pour le moment, il active Taérage des travaux du puits Saint'Jean par le moyen d'un long travers banc de 300 mètres, ouvert dans ce dernier puits au niveau de la Bâtarde. Le puits fut arrêté dans un poudingue à gros fragments de micaschiste et de quartz, que l'on prit à tort pour la brèche granitique de la base.
Un second puits fut ouvert, par une autre société, en 1838, aux Rouardes, non loin de l'embouchure du ruisseau des Arques. Il fut abon^ donné, sans motifs sérieux, à la faible profondeur de 100 mètres.
La Société, qui avait foncé le puits Couchaud, fut plus persévérante; cependant, effrayée par la grande profondeur déjà atteinte sur ce point, elle crut devoir se rapprocher des parties mieux connues du bassin. Elle ouvrit donc le puits Saint-Jean^ en 4839, à /iOO mètres à l'Est du puits Couchoudy c'est-à-dire à environ 220 mètres des limites, qui furent plus tard adoptées pour la concession de la Péronnière. En 18&8 on atteignit là aussi le profond niveau de 530 mètres, et cela sans avoir rencontré d'autres vestiges de houille qu'un simple filet à &80 mètres, et une faible veine de 0"*,30 à 0",ftO vers 516 mètres. Poursuivant encore le fonçage, on trouva enfin au niveau de 585 mètres une couche régulière, mais schisteuse et de mauvaise qualité, ayant les caractères de la Bourrue. Ignorant, comme à la Grand'- Croix, les effets de Vérosion^ et ne voyant partout que des failles, on perdit beaucoup de temps en recherches infructueuses, faites, d'ailleurs, un peu au hasard^ sans règles fixes. On finit cependant par suivre la trace de la veine traversée à 480 mètres, ce qui amena, après un parcours de 150 mètres,-
la découverte de la Grande masse intacte, telle qu'elle était connue à la Péronnière dans les U*avaux du puits Saint- Antoine. Depuis lors l'exploita* tion, le long des limites de la Péronnière, s'est développée au Plal-de-Gier, dans une baùde dont la largeur ne dépasse nulle part 120 mètres. Entre cette bande et le puits Saint-Jean, la grande masse semble presque partout complètement détruite par ravinement; elle ne reparaît intacte qu'au Sud, vers le voisinage du Gier et du puits Couchoud. Il se pourrait néanmoins que les explorations n'eussent pas été suffisantes pour autoriser une conclusion aussi absolue. Comme ces travaux étaient coûteux et pénibles, à cause du manque d'air, et que l'érosion varie brusquement d'un point à un autre, on a fort bien pu négliger, sans s'en douter, des massifs exploitables d'une certaine importance.
Quoi qu'il en soit à cet égard, on constata des inégalités même dans la bande qui longe le territoire de la Péronnière. Au Sud, la puissance est de 6 à 8 mètres, savoir 4 à 5 mètres dans le banc supérieur et 2 mètres audessous du Nerf blanc, dont l'épaisseur varie de 0",âO à i",70. Au Nord l'épaisseur totale de la couche est réduite à 3 ou & mètres. Outre cela à la Péronnière, une partie du banc inférieur se sépare çà et là des parties supérieures, par le fait de l'intercala tion d'une grosse lentille de grès. Il est même des points, au Plat-de-Gier, où l'épaisseur de ce massif insolite atteint 50 mètres. Dans ce cas, on peut aisément confondre le banc inférieur avec la Bâtarde, surtout si, en même temps, les relations se compliquent par des failles, ou par la disparition du banc supérieur sous l'influence du ravinement. On distingue cependant, en général, dans cette région, la Grande masse de la Bâtarde par la couleur des cendres. Celles de la Grande masse sont blanches, tandis que celles de la couche Bâtarde sont rouges ou roses et notablement plus abondantes.
Le champ d'exploitation du puits Saint-Jean forme l'aval pendage immédiat de celui du puits Saint-Antoine de la Péronnière. La couche continue à plonger vers l'Ouest, quoique faiblement, dans les parties intactes. La pente devient plus forte dans la partie ravinée; elle est de 30 â 40 mètres sur 80 mètres, puis redevient moindre aux approches du puits.