CHAPITRE IX
très près du Gior. Cette faille tend donc également à diminuer la profondeur de la Grande masse au puits Couchoud. Malgré cela il faut s'attendre, sur ce point, comme je Tai dit, à une profondeur de 600 mètres environ; et si la concession du Plat-de-Gier recèle encore de grandes richesses, vu son étendue, la majeure partie y est enfouie à plus de 600 mètres du jour.
§ 123. — La couche Bâtarde existe dans le district de la Grand*Croix comme dans les autres parties du territoire de Rive-de-Gier, mais elle n'est réellement belle que sur la rive droite du Gier, dans la concession de la Grand*Croix et au puits Saint-Pnvat du Plat de-Gier. A mesure qu'elle s'avance vers le Nord, elle s'amoindrit comme puissance et qualité. A la Grand'Croix elle mesure 3 à /i mètres; au puits Saint-Privat 3i"*,bO; à la Péronniëre au plus 2 mètres; au puits Saint^Jean i mètre à i",20, et au puits Piney i mètre seulement. A Combérigol et à la Fa verge elle disparaît entièrement. La distance ordinaire entre les deux couches est de 35 à ko mètres. Au puits Saint-Jean du Plat-de-Gier elle dépasse cependant assez souvent 50 mètres.
L'exploitation de la Bâtarde est onéreuse, parce que le mur et le toit se composent de schistes argileux tendres, qui gonflent rapidement à l'air humide. Vers le milieu de la couche on. distingue à la Grand'Croix un nerf schisteux, dernier témoin du banc qui sépare la Bâtarde, dans la partie orientale du bassin, en deux couches tout à fait distinctes. Comme ailleurs, la Bâtarde donne du charbon plus chargé de cendres et plus mêlé de schistes que la Grande maiSse; la différence dans la proportion des cendres est de & à 5 unités; en outre, les cendres sont ici aussi ferrugineuses et non blanches comme celles de la Grande masse. La Bâtarde reste même exploitable dans les régions où la Grande masse a totalement disparu par ravinement, preuve évidente que celle-ci n'est nullement étranglée par le fait d'un brouillage ou d'une faille. On peut citer, à la Grand'Croix, la région des puits Saint-Paul et Lacombe et, au Plat*de-Gier, les environs im« médiats du puits Saint-Jean^ oii du reste la Bâtarde est déjà réduite à i°',20 et même à i mètre. Le froncement du terrain» dû aux failles, s'accrott avec
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Ik BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.
la profondeur; aussi est-il plus sensible dans les travaux de la Bâtarde qu*au niveau de la Grande masse. Les détails des deux Coupes cd et ef (pi. IV) font clairement ressortir ce fait aux abords des puits Sàint-Paulj Montribout et Charrin.
La couche Bourrue existe également dans le district de la Grand'Croix, mais elle est moins puissante et donne du charbon de qualité moindre que la Bâtarde. On Ta rencontrée, ainsi que je Fai déjà dit, au fond du puits Saint^Louis, au niveau de 370 mètres, à 25 mètres sous la Bâtarde. Son épaisseur est de l"^,ôO y compris un nerf schisteux de 0",20, intercalé vers le milieu du banc de houille. On a suivi la couche jusqu'auprès du puits Saint-Paul^ sur environ 250 mètres suivant le pendage d'amont. Son inclinaison est partout faible. Aucun des autres puits de la concession n*a été foncé jusqu'à la Bourrue ; et, à la Péronnière, son existence est également incertaine. Cependant, comme on l'a rencontrée au Plat-de-Gier, il est assez probable qu'elle doit se trouver aussi dans la région des puits Saint-Antoine et Sainte-Camille. Au puits Saint-Jean elle a été traversée à 580 mètres de profondeur, c'est-à-dire à 95 mètres sous la Grande masse ravinée. Cette distance considérable est due surtout au plus grand écart qui existe sur ce point entre la Bâtarde et la couche principale. La Bourrue du puits Saint-Jean est mêlée de schistes; sa puissance utile est au-dessous d'un mètre, et le charbon de qualité tout à fait inférieure.
Quant à la Faverge et Combérigol, la Bourrue semble y manquer comme la Bâtarde.
S 124. — Avant de quitter le district de la Grand'Croix, revenons sur le rôle de Vérosion, dont l'importance est ici plus considérable que sur nul autre point du bassin houiller. Cela est d'autant plus nécessaire que trop souvent encore on confond cet accident avec les dérangements dus aux failles, d'où résulte une fausse direction imprimée aux recherches. On suppose un déplacement, lorsque la couche se trouve simplement amincie, sans la moindre altération du mur, sauf le cas fort rare, où le courant, qui a enlevé la couche de houille, a aussi entamé le mur lui-même, ce qui en tout cas est facile à constater.