‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 43 sur 280 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

par là que l'épaisseur totale de la brèche à silex est ici plus considérable qu'au puits Saint-Claude et surtout plus forte que dans les puits de la rive droite {Saint- Louis et Saint' Privât). On en peut conclure qu'au puits £{u Fay on devra rencontrer la Grande masse plus bas qu'au puits Saint-Claude^ vers 680 à 700 mètres de profondeur, ou tout au moins, en cas d'érosion locale ou faillcy les marques certaines de son existence *.

Le puits Nùtre-'Dame est à 600 mètres en amont (au N.-N.-O.) du puits du Fay (pi. V). Or, comme l'inclinaison des bancs est en moyenne de 33 pour 100, la houille devrait s'y trouver à 200 mètres plus haut qu'au puits du Fay; mais comme, d'autre part, l'orifice du puits est à 35 mètres au-dessus de celui du Fay, on arrive à une diiférence de 165 mètres, ce qui correspond à une profondeur réelle de 500 à 550 mètres, si nous supposons, bien entendu, qu'aucune faille majeure, ni changement de pente, ne soit venu influencer, dans l'intervalle, la position respective des assises. La coupe du puits diffère peu, yians sa partie haute, de celle du puits Bonjour. Jusqu'à 93 mètres, alternances fréquentes de grès, schistes et poudingues quartzo-micacés. Ces derniers prédominent toutefois. A ce niveau, de 93 à 94 mètres, un lit de grès fin gris clair passe, dans sa moitié inférieure, à du gore vert, tendre et savonneux. C'est, comme on le voit, exactement le pendant du schiste vert, rencontré au puits Bonjour à 60 mètres et au puits du Fay à 318 mètres. Au-dessous du schiste vert le terrain micacé continue, mais les bancs de poudingue deviennent plus puissants et les intercalations de grès fins schisteux plus rares. Vers 185 mètres commence le banc de 30 mètres que l'ingénieur Ractmadoux avait nommé poudingue mosaïque; c'est, comme je viens de le dire, une brèche multicolore de fragments siliceux et de gore blanc proprement dit avec ciment foncé de talourine. Au-dessous réapparaît le poudingue micacé ordinaire, mais à 230 mètres nouveau poudingue mosaïque sur 10 mètres; puis, entre 280 et 290 mètres, on a traversé un banc contenant

1. Ce puits a été arrêté à 600 mètres à cause d'une forte source. On compte remplacer le fonçage ultérieur par un travers banc, ce qui me.'^paratt regrettable.

encore de gros fragments de silex bruns, pareils à ceux du puits du Fay à 381 et &00 mètres. Après cela viennent des alternances de grès, de schistes et de poudingues où le mica s'amoindrit peu à peu; enfin le puits fut arrêté, fin 1857, à &05 mètres, dans un banc de fragments anguleux de micaschiste que Ton prit pour la brèche de la base. On en concluait que Ton avait dû manquer la couche par suite de quelque accident, ou qu'elle ne se prolongeait réellement pas jusque-là. Cette conclusion me parait erronée. Le banc dans lequel on s'est arrêté ne peut être la brèche, car celle-ci se compose surtout, dans cette région, d'éléments granitiques; et la coupe porte spécialement l'annotation: poudingue formé exclusivement de fragments de micaschiste vert sans paie. De plus, d'après la position des bancs siliceux, on ne pourrait, à moins d'une forte faille, avoir atteint vers &00 mètres le niveau de la Grande masse, et bien moins encore celui de la brèche. Enfin, je dois faire remarquer que ces bancs anguleux de micaschiste se trouvent à divers niveaux dans le bassin bouiller; je puis même ajouter qu'un pareil banc a été traversé, au puits Saint-Claude^ à 90 mètres environ audessus de la couche de houille. En tout cas, d'après la position des bancs siliceux, on ne peut encore avoir atteint le niveau de la Grande masse, même en tenant compte de Ténorme épaisseur, de près de 100 mètres, que le terrain à bancs siliceux parait avoir atteint en ce point. Aussi longtemps qu'on n'aura pas rencontré la vraie brèche granitique, on ne doit pas désespérer de trouver la houille. Seulement la couche pourrait être plus ou moins amincie dans cette région comme dans le haut de la concession du Ban.

Ce qui précède prouve que le gore blanc de Rive-de-Gier semble former réellement un horizon géologique dans le puissant massif stérile, qui sépare l'étage bouiller de Rive-de-Gier des étages houillers de Saint-Chamond et de Saint-Étienne. Toutefois ce gore blanc affecte des caractères assez variables dans les diverses régions où on le rencontre. A Rive-de-Gier même il est mince, schisteux; c'est un véritable gore assez tendre, dont la teinte varie du gris clair au vert. A la Péronnière viennent s'y associer du silex, d'aspect calcédonieux, et quelques lits, plus ou moins tufacés ou bréçhiformes, à

Page 1