‹ Bassin houiller de la Loire (volume 2)Chapitre 46 sur 280 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Goallieux et le hameau dit le Creux au bord du Gier. En descendant de Saint-Martin vers Saint-Chamond, on voit, dans les fossés du chemin, un double affleurement charbonneux, voisin de la brèche, le premier à 10 ou 12 mètres, le second à 50 mètres environ (pi. VI). Immédiatement audessus vient un gros banc de grès fin (taille) ^ tout à fait pareil à celui qui couvre les couches de Rive-de-Gier.

L'affleurement reparaît auprès de la ferme Roux, à /i50 mètres & rOuest dudit chemin, et là aussi à peu de mètres de la brèche. Sur ce point on a trouvé, dans une fouille, des lentilles verticales de houille qui avaient parfois jusqu'à un mètre d'épaisseur. Au-dessus du grès, qui couvre le double affleurement, on reconnut d'autres filets charbonneux, dans les fondations de la fabrique Macabiaut (la Renaudière), située à 300 mètres de la brèche. Enfin, dans un chemin qui descend de Saint-Martin vers le Gier, à l'Ouest de la ferme Roux, j'ai également constaté, le long d'un massif de grès fin, un petit affleurement de 0",20 à 100 mètres environ de la brèche. Si les filets noirs de la fabrique Macabiaut semblent déjà appartenir au terrain stérile supérieur, il me paraît au contraire indubitable que ce dernier affleurement de 0^,20 et ceux qui sont voisins de la brèche, entre Saint-Martin et la ferme Roux, représentent réellement l'étage houiller de Rive-de-Gier. C'est le relèvement vertical de l'étage en question, fortement étiré par la faille limite Sud. Auprès du micaschiste les assises sont presque verticales et se composent de grès fin; puis, à une certaine distance de là, elles plongent au Nord vers l'axe du bassin.

Afin de mieux étudier lesdits affleurements, on a creusé, il y a vingt ans, un puits de recherches à 200 mètres environ au Nord du bourg de Saint-Martin. On l'a foncé jusqu'à 112 mètres sans résultats positifs. A partir de la surface du sol jusqu'à 70 mètres on a traversé principalement les bancs degrés [taille) j que Ton voit, dans le chemin de Saint-Martin à Saint-Chamond, au toit du double affleurement. Quelques minces lits de schistes alternent çà et là avec les bancs de grès. L'inclinaison est assez régulière au N.-N.-E, et la plongée moyenne de 60*. A partir de la profondeur de 70 mètres, le puits est entré dans un terrain brouillé ; ce sont des schistes froissés, entremêlés de frag-

ments de grès; vers 80 et 93 mètres on a même rencontré des cornets de schistes charbonneux et de houille proprement dite, puis, au-dessous, de nouveaux bancs de grès, plus ou moins grossiers, en strates fortement disloquées, dont l'inclinaison va grandissant avec la profondeur. (Coupe de pi. Y.)

D'après cela, il semble hors de doute que vers 70 mètres on est entré dans un premier gradin de la faille, contenant les débris de l'affleurement supérieur [la Grande masse probablement), et que vers 93 mètres on a pénétré dans les débris des assises qui séparent les deux affleurements (la Grande^ de la Bâtarde?). En tout cas, vu la raideur de l'inclinaison et le voisinage de la faille-limite, on ne pouvait guère s'attendre à rencontrer mieux et plus. Si l'on tient compte de la grande épaisseur de l'étage stérile supérieur de Rive*de-Gier, on voit que la couche intacte, non étirée par la faille, ne peut se trouver à moins de 700 à 800 mètres de profondeur. Cela résulte d'ailleurs aussi des faits constatés au puits Saint-Luc, dont nous allons bientôt nous occuper.

§ 129. — Mais suivons d'abord la brèche du Nord, au Mont-Crépon, en parlant du hameau du Mulets dans la concession du Ban. On doit se rappeler que jusqu'au voisinage de ce hameau on a pu fixer la position de l'affleurement de la Grande masse, grâce au puits SaintCloud et aux re* cherches faites à Taide d'une fendue voisine (§ iifi). La couche y est amincie, mais sa situation est nettement indiquée par la brèche au mur, et le banc de grès fin {taille) au toit. Les bancs de grès fins sont caractéristiques pour l'étage de Rive-de-Gier. On les rencontre, entre la brèche de la base et l'étage stérile de Saint-Chamond, tout le long du flanc méridional du Mont-Crépon, à partir de Cellieux jusqu'à son extrémité occidentale, au fond de la vallée du Langonan, à l'Est de Sorbiers. Sur quelques points on exploite même ces grès pour pierres de taille. L'une de ces carrières se voit à 500 mètres à l'Ouest du Mulet, sur le chemin qui conduit de Rive-de- Gier à Cellieux par la crête séparant le Collenon de la Fa verge; une autre, près de la Jusserandière, sur le bord du chemin qui monte de Saint- Chamond à ce même bourg de Cellieux (pi. III.) ; enfin une troisième carrière se voit au-dessus de Truzeaux. Dans l'intervalle, en revenant vers la

Page 1