CHAPITRE XI
denx repères dont je viens de parler permettent de classer assez sûrement les couches de la région qui nous occupe.
Nous allons dire en quoi elles consistent, en commençant par la plus inférieure. ^
§ 155. — Rappelons qu*à Besserlé, au toit de la faille de Langonan, on a fouillé, vers la limite de Saint-Ghamond, une couche peu régulière, de i'^tlO, plongeant de kO à 50 pour 100 vers le Sud (§ 1&2). Cest la plus basse du groupe 9 à 12; elle doit donc correspondre à la douzième couche. On Fa exploitée, au puits des Roches^ dans la concession de Saint-Jean de Bonnefond, et, sur ce point aussi, comme ailleurs, c'est la plus importante du groupe. Son affleurement passe au Sud des fermes de Besserlé et de Grassy, puis au Nord de celle de la Buissonnière, et traverse ensuite le vallon du Ricolin, ou plutôt, il semble momentanément interrompu, sur ce point, par un accident, qui ne permet pas de le retrouver au delà d'une façon sûre. Je crois cependant devoir y rattacher la couche autrefois exploitée, non loin de Nanta, par la fendue de Bachassin, parce que cette couche est également sur ce point la plus basse du groupe. En tout cas, voici les renseignements que j'ai pu recueillir, sur ces travaux, lors de mes visites des lieux.
A partir de la limite orientale de la concession de Saint-Jean, la couche fut exploitée, par le sieur Barbier, amodiateur de la concession, sur 600 à 700 mètres en direction. Il a ouvert, à cet effet, deux puits et une série de fendues, c*est-à-dire, le puits des Roches de 55 mètres de profondeur, sur le bord de l'ancienne route de Saint-Étienne à Lyon, à 100 mètres à peine de la limite Ouest de la concession de Saint-Chamond, et le puit^ Crapotte, à 600 mètres à TOuest du premier, non loin de la ferme de lu Buissonnière. Ce dernier fut approfondi jusqu'à 171 mètres; il traverse la couche au niveau de 67 mètres et n'a rencontré ensuite aucune autre veine. Outre ces puits, deux ou trois fendues servaient pour l'aérage, la descente des ouvriers et l'introduction des remblais. Les travaux étaient en activité de 1858 à 1863 ; ils produisirent, à certains moments, 30 à 35 tonnes de houille par jour, qui fut en partie carbonisée sur les lieux mêmes. La
couche était fort irrégaliëre et sa puissance moyenne de i mètre; mais on rencontrait sur quelques points d*épais renflements de & & 5 mètres, immédiatement suivis de complets étranglements, d*où le charbon a dû être refoulé dans les parties contiguês. Les roches sont d'ailleurs, dans ce district, quartzo-micacées et d'aspect sauvage.
Au puits des Roches la couche court de TOnesl à l'Est avec plongée de HO à 50 pour 100 vers le Sud ; mais, à peu de distance de là, elle s'infléchit parallèlement à la faille de Langonan, dans la concession voisine de Saint- Ghamond, et incline alors à l'Ouest. Par contre, en s'avançant depuis le puits des Roches^ en sens inverse, vers la Buissonnière et le puits CrapoUe^ la couche incline moins et devient même presque horizontale au Sud-Ouest de ce dernier point. Toutefois, même là les étranglements sont fréquents et le gtte très irrégulier. Nulle part, jusqu'à présent, on n'est d'ailleurs descendu dans les travaux à plus de 70 mètres du jour. On a été arrêté par des resserrements et en partie aussi, semble-t-il, par une faille de direction plongeant au Sud.
Au delà du puits Crapottey la couche fut encore explorée, sans succès, non loin du Ricolin, par la fendue Margaron et, sur la rive gauche du ruisseau, en 1839, par les fendues des Morts et du Renard (ou Guillaume). Enfin, à TEst du domaine de Bachassin, le sieur Barbier exploita, en 185/i, par fendues, dans la combe du Grand-Razas, une couche de 4 mètre à 1",20, qui semble bien correspondre par sa, position à la douzième couche. C*était de la houille dure, donnant du gros. Là encore le gtte a été rencontré souvent aminci par érosion et directement couvert par un grossier banc de grès. La couche plonge de 20 pour 100 au Sud-Ouest; mais, sur son aval pendage, elle est coupée par une faille transversale, dont la direction et Tinclinaison concordent avec celle dite de Chaney. Un puits de 60 mètres, foncé sur ce point à la recherche de la couche, est tombé sur la faille sans trouver la houille. Disons encore que la couche de Bachassin semble se raccorder avec l'affleurement de la 12% signalé, dans la concession du Montcel, au Nord de la longue faille de Chaney que je viens de mentionner.
Au-dessous de la couche de Bachassin, comme au mur de la couche.