CHAPITRE XI
Ogier et Paillon. Sauf de légers sauts de peu d'importance, la couche y était assez régulière, plongeant du Nord au Sud, avec une pente moyenne de s 50 à 60 pour 400.
Aux affleurements, la couche avait i°',70; plus bas 2 mètres; enfin, à 230 mètres à l'Ouest du puits Paillon, dans la concession de la Barallière, je pus constater 2"',60, puissance qui se soutint d'une façon assez constante jusqu'au puits du CrêL Le charbon était feuiilelé dans tout ce quartier, c*est-à-dire, divisé en plaquettes minces parallèlement au plan de la couche et, par suite, assez tendre. Il était gras, avec 30 pour 100 de matières volatiles, et convenable pour coke de hauts fourneaux. Cependant^^ntreles feuillets de houille se montraient des lamelles de schistes, qui souillaient le menu, et, dans certaines régions, les schistes se développaient même, outre mesure, aux dépens de la houille. J'ai pu observer cette altération au voisinage du puits Ogier, et, plus tard, elle fut aussi constatée, vers l'aval pendage, aux environs du puits Moreau, où la couche est à la profondeur de 185 mètres.
On exploitait encore activement par ce dernier puits, il y a vingt ans, mais aujourd'hui le gîte est épuisé jusqu'à ce niveau ; de plus, d'après ce qui s'est passé au puits i/oreau, >on doit craindre que, sur une certaine étendue, la couche ne soit également transformée en schistes sur son aval pendage; vers l'extrémité Sud de la concession du Ronzy et surtout à la Tardiverie, dans la concession de Terrenoire.
Disons encore que la huitième couche renferme, dans cette région, du minerai de fer, et qu'aux puits Paillon et Moreau on a aussi reconnu, comme à Saint-Jean de Bonnefond,la présence de la petite couche supérieure, dite la crue, vers 15 à 20 mètres au-dessus de la huitième. Mais, sur ce point, elle est inexploitable et entremêlée de nombreux schistes. Cette couche du toit fut également rencontrée, en J838, par le sieur Ogier, dans une fouille, ouverte sur les affleurements, au Nord-Ouest du puits du Crêt. Mais ce puits lui-même ne l'a pas rencontrée, à cause d'une petite faille Est-Ouest, passant dans ce puits à peu de distance au-dessus de la huitième. Le champ d'exploitation du puits du Crêt est, au reste, fort irrégulier et sillonné de nombreux accidents, dont il importe de mentionner les plus considérables.
 TEst, le puits du Crét est séparé des puits Paillon et Moreau par la , faille Nord-Sud de la Baralliëre, qui est bornée au Sud, comme nous le Terrons dans un instant, par une autre faille plus importante, celle de Méons ; en outre, à 300 mètres & TOuest de la faille de la Barallière, vient celle de TËparre, dont la pente est directement inverse. L'extrémité Sud du champ d'exploitation, compris entre les deux failles, fut déhouillée par le puits Lafond, qui a été foncé sur Talfleurement de la cinquième couche; il la traverse, en effet, comme le montre la coupe ci-dessus (Gg. 28), à 5 mètres du jour, la sixième à 20 mètres, la septième à &2 mètres et la septième bis k 80 mèl;-es. A ce même niveau on est directement arrivé, par la faille de Méons, au mur de la huitième couche. Le fonçage fut alors poursuivi à la recherche du groupe n"" 9 à 12. On est ainsi arrivé à 275 mètres, sans rencontrer le moindre filet de houille. Gomme au puits du Crét, c'est du terrain micaschisteux, sauvage; les traces mêmes du groupe 9 à 11, qui se voient encore au puits du Crét, ont ici disparu. On s'est arrêté à faible distance au-dessus de la douzième, qui sans doute est aussi réduite à un simple filet.
Nous reviendrons sur ce puits à l'occasion des couches supérieures; pour le moment^ j'ajouterai seulement que la couche 7bisj fut exploitée, il y a vingt ans. Elle se composait de 1 mètre à 1",30 de houille, dont la qualité était assez semblable à celle de la huitième, et, comme la faille de Méons met la septième bisk peu près au niveau de la huitième du puits du Crét, les exploitants croyaient même, pendant quelque temps, ne pas avoir changé de couche.
Rappelons d'ailleurs qu'il ne faut pas confondre cette septième bis avec la crue, située à J30 mètres au-dessous, au voisinage du toit de la huitième.
A rOuest des travaux du puits du Crét se trouve, comme nous venons de le dire, la faille de TÉparre. Celle-ci fait descendre la huitième couche de 40 à 50 mètres vers le Sud-Ouest. L'affleurement est ainsi ramené, du coteau de Ronzy à son pied occidental, non loin du hameau de l'Éparre (voir ci-après fig. 30). Là, on connaissait depuis longtemps un double affleure-