CHAPITRE XI
ment, que Ton aTait considéré à tort comme la suite des couches supérieures de Reveux (n*' 9 et 10]. En réalité, l'affleurement supérieur, de 0",80 à i mètre, est la crue; l'inférieur, de â à /i mètres, la huitième proprement
dite (pi. X).
Elle fut exploitée, par un sieur Olivier, à l'aide d'une fendue ouverte sur le bord du chemin qui conduit de Méons à Côte-ThioUière. L'un des ancétrès du propriétaire actuel du château de Méons l'avait également 'entamée, plus au Nord, par une galerie, dite la Grande-Fendue^ dont on voyait encore rentrée éboulée en i8&0. Mais ces travaux n'avaient pénétré qu'à de faibles profondeurs. Aussi put-on reprendre l'exploitation avec avantage vers 1863. La couche, peu inclinée, fut complètement déhouillée, de 186/i à 1869, à l'aide d'un long plan incliné, sur une étendue de 500 mètres, suivant le sens de la pente, et de 250 mètres en largeur, entre les deux failles parallèles de l'Éparre et de Méons. Le long des affleurements et dans la première moitié des 500 mètres, le charbon était feuilleté et relativement pur, comme à la Barallière, mais, à partir de 300 mètres, des lamelles de schistes commençaient à se montrer au milieu de la houille et la rendirent finalement, dans les derniers 50 mètres, presque inexploitable.
L'inclinaison de la couche se modifie aussi du Nord au Sud. Près du jour elle est de 15 à 20 pour 100; au delà elle diminue, puis devient nulle au centre des travaux. Plus loin encore, elle change de sens, la couche se relève contre la faille de l'Éparre qui, finalement, grâce à ce changement de pente, se réduit à zéro à la hauteur du puits du CréL
Dans les travaux souterrains, comme aux affleurements, la crue existe partout vers 15 à 20 mètres au-dessus de la huitième, mais sa puissance est en général réduite à 0'",50. Des schistes et du minerai de fer se substituent à la houille qui devient dure et pierreuse. Entre les deux failles de l'Éparre et de Méons, l'allure est transversale comme au puits du Crêt, c'est-à-dire sensiblement Nord-Sud, tandis que partout ailleurs, dans ce district, la direction générale est plutôt Est-Ouest.
La faille de Méons, dont nous venons de parler à plusieurs reprises, est l'une des plus importantes du district qui nous occupe. A Gôte-Thiol-
lière, elle remonte la huitième couche presque au niveau de la troisième. On voit, en effet, la trace de la faille, en huitième couche, suivre de très près les affleurements des couches n~ 7 à 3. L'importance du rejet est sur ce point de 230 à 2&0 mètres, aussi Taffleurement de la huitième couche est-il déplacé horizoûtalement, jusqu'au Gros, d'environ 1,500 mètres vers le Nord.
L'importance du rejet a pu être appréciée au puits Hehry (voir fig. 30), qui fut récemment approfondi pour exploiter la huitième couche au pied de la faille. On l'a trouvée, en effet, à la cote de 212 net, qui correspond à 315 mètres de profondeur, mais elle y est en grande partie transformée en schistes. Le lambeau est d'ailleurs étroit, car déjà, à la distance de 100 mètres, il est borné par la faille inverse de Monthieux, dont nous nous occuperons dans un instant.
Pour le moment, revenons à la faille de Méons. Elle coupe le puits Lafond, comme nous l'avons dit, mais disparaît au delà, car elle n'affecte pas les travaux de la troisième au Grand-Cimetière; et d'ailleurs, si elle se prolongeait dans cette direction, en passant au mur de la troisième, elle aurait perdu son importance, puisque la huitième du puits âforeau arrive à la distancé ordinaire de la troisième couche par l'effet seul de la plongée naturelle des assises. Au surplus, à peu de distance du puits Lafond, la faille de Méoiis rencontre celle de la Barallière. Sous l'action combinée de ces deux failles l'espace triangulaire compris entre deux, c'est-à-dire, les quartiers de l'Éparre et du Grêt ont été soulevés, tandis que le territoire du puits Moreau à l'Est et celui de Côte-ThioUière au Sud sont relativement descendus de plus de 200 mètres. Reste à savoir si ces deux failles sont contemporaines ou non? La circonstance qu'elles se limitent réciproquement au point d'intersection, sous le hameau de la Barallière. semblerait prouver qu'elles sont de même âge. Mais, d'autre part, on constate, au Sud de Côie-ThioUière, dans les travaux de la troisième couche, une deuxième faille Nord-Sud, celle de la Tardiverie^ qui incline à l'Est, comme celle de la Barallière^ et qui occupe précisément la place où devrait se trouver la faille de la Barallière si celle-ci était réellement rejetée par celle de Méons.