‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 105 sur 144 · Mémoires de l'Académie de Berlin · texte numérisé non relu

Mémoires de l'Académie de Berlin

de toute souche et racine passant des couches dans le mur. J'avoue que si

j'ai constaté, comme M. Grand'Eury, la séparation nette de la houille d'avec

les souches du toit, il n'en est pas de môme du mur. Sir Ch. Lyell me fll

* remarquer, à Saint-Etienne même, des radicelles partant de la houille et

se prolongeant dans les Underclays, et ce fait m'a paru surtout évident dans les bâtardes de Rive-de-Gier, où les Stigmaria abondent au mur des couches. Quant aux souches, il est évident, va la nature molle des tissus, qu'elles devaient être promptement écrasées, après la rupture ou le renversement des tiges, sous le poids des nombreux débris sans cesse accumulés au-dessus d'elles. Par suite, les vestiges des anciens troncs ont dû promptement s'effacer, et d'ailleurs leur nombre doit être nécessairement restreint lorsqu'on le compare à la masse des débris couchés. Il suit de là que la constatation des souches dans la houille même est fort difficile, sinon impossible; aussi, à mon avis, le résultat négatif, auquel M. Grand'- Eury déclare être arrivé, ne prouve pas, d'une façon péremptoire, que les plantes houillères n'aient pas vécu sur les lieux mêmes où on les rencontre aujourd'hui enfouies. Puisque les Calamités, les Syringodendrons des forêts fossiles du Treuil, n'ont pu être déracinés par le rapide courant qui a accumulé des amas de sables à l'entour d'eux, on a quelque peine à comprendre que les eaux peu agitées qui, selon l'hypothèse de M. Grand'Eury, y auraient amené exclusivement des feuilles et quelques tiges molles, n'eussent pas laissé en place les souches dont les racines se voient encore aujourd'hui dans les Underclays.

Enfin, la conservation même de ces Underclays, sorte de terre végétale peu consistante, prouve que les souches ne furent certainement pas enlevées avant le dépôt des débris végétaux, dont se compose la couche de houille, car cet enlèvement supposerait l'érosion, si fréquemment constatée au toit des couches (§ 25), tandis qu'on n'en voit nulle trace au mur. Le dépôt même de ces Underclays dénote l'aurore de la longue période de grande tranquillité qui a présidé au dépôt de la couche de houille. 11 me semble donc que l'on doive admettre, comme A peu près établi, que les couches de houille proviennent d'une vigoureuse végétation locale, dont

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