‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 108 sur 144 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

périodes postérieures, le sol fut agité par des actions volcaniques. On y constate l'existence de roches éruptives et de puissantes sources thermominérales, qui ont dû augmenter, sur certains points, la température moyenne des roches, ainsi que cela se voit encore aujourd'hui au voisinage des masses éruptives et auprès de certaines grandes failles. Par là s'expliquerait, selon moi, ce fait précédemment signalé; que, dans la Loire, comme ailleurs, les couches de houille changent parfois de nature et s'amaigrissent dans leur ensemble, en passant d'un district au district voisin, sans quitter un niveau déterminé.

t Je dois mentionner une dernière hypothèse, mise en avant par quelques géologues. Partant de l'origine supposée minérale des pétroles, qui proviendraient de la réaction de l'eau sur les masses de fer carburé des couches profondes de la terre, on s'est demandé si l'élément bitumineux des houilles ne proviendrait pas aussi d'une pareille source, si le pétrole ne serait pas venu s'ajouter aux débris végétaux enfouis. Je comprendrais cette double origine s'il s'agissait de schistes bitumineux, ou de calcaires asphaltiques, car le bitume s'y rencontre partout au sein de la roche. Mais ce qui caractérise précisément nos dépôts houillers, c'est que le bitume se trouve exclusivement dans la houille proprement dite, et nulle part dans les schistes, ni dans les grès. On rencontre au milieu de ces derniers des débris d'écorce, entièrement transformés en houille grasse; mais le grès lui-même n'est en aucune façon imprégné de la plus légère trace de bitume proprement dit.

Certains schistes houillers donnent, à la vérité, du goudron, lorsqu'on les soumet à la distillation; mais ce goudron provient de filets de houille, intercalés entre les schistes, et jamais de la roche elle-même. On comprendrait donc difficilement que l'élément collant de la houille vint d'ailleurs que des végétaux eux-mêmes.

Veurite quartzifère, qui diffère du porphyre quartzifère par la rareté, on même l'absence totale des cristaux d'orthose nettement développés. C'est une pâte euritique, blanche, jaune ou rosée, dans laquelle le feldspath, largement cristallisé, est rare, mais où les dodécaèdres de quartz gris bipyramidé abondent toujours.

Cependant je n'ai pas rencontré cette eurite dans le terrain même de la Loire, mais il existe dans la Creuse et la Haute-Vienne. Je l'ai signalé en dykes nombreux aux environs d'Àubusson et de Bourganeuf, en particulier dans les petits lambeaux houillers, situés à quelques kilomètres au Sud de cette dernière ville. Elle y coupe et relève les bancs de grès '. Mais si l'eurite quartzifère manque dans le terrain houiller de la Loire, on y trouve, par contre, de nombreux vestiges de la roche éruptive basique. Celle-ci, au reste, existe déjà dans le grès à anthracite du Roannais ; je l'ai mentionnée sous le nom de Wake caverneuse, au sommet du chaînon de la Madeleine et sur les bords delà Loire, entre Bully et Saint- Maurice, et je rappelai déjà alors l'identité de cette roche avec les porphyres bruns noirs des terrains houillers de la Creuse et de Rive-de-Gier \ Depuis lors, j'ai fait une étude plus spéciale de ces roches basiques, en m'occupai) t des bassins houillers de la Creuse et de l'Allier. J'ai montré, dans un mémoire spécial, qu'elles ont dû couler, sous forme de nappes, au sein des marécages houillers et pendant le dépôt même des terrains houillers supérieurs et permiens'. Ce sont les roches que l'on a appelées Dioritine à Commentry, Porphyres verts à Brassac, Roche noire à Noyant et Fin, Porphyres pyroxéniques sur les rives du Lot, Toadstones, Trapps et Greenrocks en Angleterre, Basaltite en Allemagne 4 .

Il y a de plus, dans le bassin de la Loire, outre ces roches éruptives basiques, des assises siliceuses et argilo-feldspathiques, qui semblent

4. Description géologique du département de la Loire, 4857, p. 4*5. Étude des bassins houillers de la Creuse, p. 478 et 480.

t. Description géologique de la Loire, p. 440.

3. Bulletin de la Société géologique, 2< sério, t. XXIII, p. 96.

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