‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 109 sur 144 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

être aussi dès produits d'origine volcanique. Occupons-nous d'abord des roches basiques.

g 70. Roches érnptlves basique»» — Les roches éruptives basiques ne se reacontrent que dans l'étage le plus inférieur du bassin de la Loire, celui qui forme son extrémité orientale,- fort étroite et discontinue, entre Rive-de-Gier et Givors. Elles y apparaissent, comme dans le département de la Creuse, tantôt sous forme de dykes ou de culots isolés et tantôt à l'état de nappes, s'étendant parallèlement aux assises du terrain. La plus considérable de ces masses est voisine de Givors. On la voit à la surface du sol, au hameau de Fi lion, à l'Ouest de la ville et on la rencontre, en outre, non loin de là, au fond du puits Saint- Etienne, dans la concession de Fontanaset la Forestière; d'autres lambeaux existent au Nord de Saint- Romain-en-Gier, entre le château de Manévieux, Fontanas et la Rivollière. Ils sont au nombre de six ou sept. Le plus considérable se voit à l'Est de Fontanas, auprès des maisons Journoud, sur 200 mètres de longueur. Il s'y présente sous forme de dôme surbaissé, dont la surface extérieure est plus ou moins bosselée et inégale. Le dôme est renflé aux deux extrémités jusqu'à 40 mètres de largeur, tandis que, dans le ravin qui les sépare, la largeur est réduite à 15 ou 20 mètres. On ne voit pas nettement sur ce point si la roche traverse le terrain houiller, sous forme de dyke, ou si elle lui est superposée à l'état de nappe. Cependant la plus grande partie de la masse semble bien simplement couvrir le grès. Les dykes proprement dits sont plus élroits et ne présentent pas, comme les dômes, la structure colonnaire des basaltes.

Les autres lambeaux de ce district, sauf celui situé au Nord de Fontanas, qui est long de 100 mètres et se termine en pointe vers le Sud, ont tous la forme de protubérances arrondies et surbaissées, de 30 à Û0 mètres de diamètre. Des travaux souterrains sérieux pourraient seuls montrer si ce sont de simples témoins d'une grande nappe unique, aujourd'hui détruite et enlevée en majeure partie par érosion, ou si chacune de ces calottes isolées correspond réellement à un dyke indépendant. Cette dernière hypothèse doit paraître plus plausible lorsqu-'on se rappelle les nombreux cônes basal-

tiques voisins du Forez. Nous verrons cependant que la masse de Givors et do puits Sainl-Étienne offre nettement les caractères d'une coulée souterraine comme celle de Fourneaux dans le département de la Creuse 1 . Aussi me parait- il assez probable que la plupart des lambeaux en question représentent, à la façon des champignons, l'épanouissement superficiel d'un mince dyke souterrain. L'un de ces dykes proprement dits, ou plutôt deux, assez voisins l'un de l'autre, de i à 2 mètres de puissance, se voient au milieu du grès houiller. sous forme de faible crête saillante, non loin du chemin qui monte, en face de la Madeleine près de Rive-de-Gier, depuis le pont du canal, vers la grande route de Lyon. Sur ce point le chapeau extérieur aurait entièrement disparu. La roche éruptive y ressemble à une wake brune, dure et caverneuse, sans trace de structure colonnaire. Plus à l'Ouest, à Rive-de-Gier même, et surtout vers Saint-Chamond et Saint- Etienne, je ne connais plus aucune trace de roche basique éruptive. Auprès de Firminy seul, vers l'extrémité Ouest du bassin, j'ai rencontré, sur l'ancienne route du Puy, une mince veine ferrugineuse dont l'origine pourrait être analogue.

Revenons maintenant à la roche éruptive ordinaire de la vallée du Gier. Comme les roches analogues de la Creuse et de l'Allier, celle du bassin de la Loire est compacte, mais peu dure; l'acier la raye facilement. Sa couleur varie du gris bleuâtre au vert brun foncé dans les cassures fraîches, du vert olive au jaune ocreux dans les parties depuis longtemps exposées à l'air. La cassure est rude au toucher, plane, ou largement conchoïdale en grand, grenue-esquilleuse ou même terreuse en petit. Le souffla humide engendre toujours la forte odeur caractéristique des roches argileuses. A côté de la variété compacte et unie, qui domine, on rencontre aussi ci et là, comme dans le département de l'Allier, des parties caverneuses, qui passent à l'amygdaloïde. On peut citer, comme exemple, le dyke du pont de la Madeleine près de Rive-de-Gier; le même fait se reproduit dans les pointements isolés de la commune de Saint-Romain auprès de Fon-

4. Bulletin de la Société géologique, 2 e série, t. XX III, p. 99.

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