‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 110 sur 144 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

tanas. Les cellules sont tapissées de terre verte, de quartz, de baryte sulfatée, etc. La grande masse du puits Saint- Etienne et de Givors est plutôt compacte. Cependant là, comme dans certaines variétés de la Creuse et du Derbyshire (les toadstones anglais), on observe parfois des taches, ou mouchetures, diversement nuancées. C'est probablement le résultat d'une première tendance vers la formation de véritables cristaux, mais on ne distingue ni pyroxènes ni feldspaths proprement dits. Toutefois Faction de l'acide démontre l'existence de silicates divers, où les pyroxènes, c'est-à-dire les bisilicàtes, semblent dominer, car, dans son ensemble, la roche renferme habituellement moins de 55 pour 100 de silice et souvent au-dessous de 50 ; tandis que dans les porphyres quarlzifères la teneur en silice dépasse 70 pour 100; aussi la fusibilité de la roche basique est-elle grande. On peut la comparer à celle des laitiers les plus fusibles des hauts fourneaux.

Un échantillon de la commune de Saint-Romain-en-Gier, que Fournet fit analyser 1 , adonné, après forte dessiccation :

Silice 45 m f 6

Alumine et oxyde de fer 25

Magnésie 29 4

Total 99 m ,7

C'est une roche plus magnésienne et moins ferrugineuse que les basaltes; de là sa moindre densité-

A côté des silicates proprement dits, la roche renferme assez souvent une faible dose de carbonate qui, à en juger par la lenle effervescence, semblerait être plutôt du carbonate de fer, ou de magnésie, ou un carbonate multiple que du carbonate de chaux pur. Pourtant la roche du puits Saint-Étienne est traversée de veinules spathiques d'un blanc rosé qui est du carbonate de chaux sensiblement pur. Outre cela, l'eau fait partie intégrante de la roche éruptive; on en trouve dans les fragments les moins altérés, provenant des travaux souterrains.

4. Bulletin de l'industrie minérale, K Tt série, t. VI, p. 21.

Un échantillon compact de la galerie de Givors m'en a donné 4 pour 1 00, et la roche prise an puits Saint-Étienne, à la profondeur de 150 mètres, 2, 5 pour 100.

Les roches éruptives basiques, qui nous occupent, sont en quelque sorte les basaltes de la période houillère ; mais il ne faudrait pourtant pas les confondre avec eux, car elles sont moins denses et moins ferrugineuses, comme je viens de le dire.

Tandis que la densité des basaltes varie de 2,90 à 3,0, celle des roches en question est comprise entre 2,60 et 2,70.

La roche de la galerie Givors m'a donné 2,60. Celle du puits Saint-Étienne 2,62.

Mais je n'ai pas rencontré, dans le bassin de la Loire, les variétés blanches d'Ahun et de Noyant, dont la densité est de 2,51 seulement et les teneurs en eau de 6 et 8,5 pour 100.

Cependant à Givors la partie inférieure de la masse est aussi plus terreuse et plus hydratée que le reste ; elle tient 5,7 pour 100 d'eau.

A quel moment et de quelle façon ces roches éruptives ont-elles percé le terrain houiller? L'existence de véritables dykes prouve qu'une partie au moins des assises houillères était déjà déposée au moment de leur éruption, mais les nappes interslratiûées ont-elles coulé, à la façon des laves, dans le marécage houiller, ou furent-elles introduites, après coup, entre les bancs où on les rencontre aujourd'hui? Le dernier mode de formation a eu ses partisans, mais il soulève de bien graves objections, et, en tout cas, j'ai prouvé que, dans le bassin d'Ahun, l'intercalation n'avait pu avoir lieu, et que la roche éruplive avait positivement coulé sur le sol même où se déposaient alors les éléments houillers. Dans le bassin de la Loire le fait n'est pas aussi évident. Cependant on m'accordera, je pense, que l'intercalation postérieure suppose la rupture, la disjonction d'éléments unis, par suite, la formation de débris et d'un véritable conglomérat de frottement. Or, à Givors, pas plus que dans la Creuse, on n'en trouve le moindre vestige.

La galerie de Givors, percée aux environs de la maison Fillon, est ou-

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