‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 111 sur 144 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

verte dans le grès houiller, dont les bancs plongent au S.-S.-E. La galerie elle-même va en sens inverse, vers le N.-O., et traverse les assises du toit au mur.

Voici la coupe, relevée sur les lieux par M. Brocbin, l'ingénieur des travaux :

Gr£s blancs à «rains grossiers .Si^OO

Grès blanc Gn très quartzeux .* 46 00

Schistes charbonneux et veine de houille 50

Porphyre argilo-terreux verdâtre 3 00

Porphyre, dur compact, vert foncé 33 00

Porphyre terreux, tendre . . 3 50

(Cette roche de la base tient 5, ? p. 0/0 d'eau ot hlanrhit rapidement d.-us lus acides.)

Grès houiller ordinaire 33 00

Tolal ^O^OO

Les dimensions sont comptées suivant l'axe de la galerie et ne représentent pas la puissance des bancs. L'épaisseur réelle de la nappe porphyrique est de 20 à 25 mètres.

Eh bien, dans cette galerie que j'ai visitée moi- même avec le plus grand soin, on ne voit pas la moindre trace de conglomérat de frottement, ni au mur ni au toit de la masse porphyrique. Le banc de m ,50 de houille et de schiste charbonneux du toit est en particulier tout à fait intact et régulièrement déposé sur la nappe porphyrique. Par suite, on peut difficilement admettre ici une intercalation postérieure à la façon d'un dyke interstratifié.

La même conclusion s'impose, lorsqu'on examine le puits Saint- Étienne. Ce puits est situé sur la lisière Nord de la bande houillère, à 2 kilomètres au Nord-Ouest de la galerie Fi lion, soit 3 kilomètres de la ville de Givors. Après avoir recoupé 135 à 140 mètres de grès houiller micacé, peu incliné, le puits a rencontré un peu de schiste noir avec une veine de houille deO^lô, puis immédiatement après, la roche porphyrique verte, pareille à celle de la galerie de Givors. On a continué le puits jusqu'à 156 mètres sans avoir atteint la base du massif porphyrique. Ici encore la veine de houille

n'était ni altérée ni broyée au contact de la roche é ru prive; la surface de séparation est parallèle à la stratification du terrain houiller et ne présente aucune trace d'intrusion postérieure. 11 me parait donc certain que, dans le bassin de la Loire comme à Ahun, la roche feldspathique a dû couler, à la façon des basaltes ou des laves, pendant la période houillère elle-même. 11 semble d'ailleurs assez probable que la nappe du puits Saint-Etienne et celle de la galerie Fillon proviennent de la même coulée, ou tout au moins <le coulées à peu près contemporaines.

Si enfin on se demandait pourquoi ces roches éruptives sont surtout fréquentes dans les bassins houillers, on pourrait répondre que cela lient aux énormes failles qui limitent latéralement ces bassins. Ainsi, on a déjà vu que celui de la Loire est borné au Sud-Est par une très grande faille qui a dû s'ouvrir dès l'origine du dépôt houiller de la Loire, faille dont l'amplitude s'est graduellement accrue pendant la durée entière de la formation du dépôt et probablement encore après. C'est d'ailleurs aussi à cette faille longitudinale principale qu'est venue se rattacher une partie au moins des failles transversales. 11 en est résulté, à l'époque houillère, une communication directe avec les masses fluides intérieures, et celles-ci ont pu aussi, en suivant ces grandes fentes, se déverser au dehors et envahir les bas-fonds houillers.

§ 71 • — Roche» siliceuses et argllo-feldspathlques. — Les roches siliceuses et argilo-feldspathiques du bassin de la Loire sont de nature plus variable et d'origine moins nette que les roches basiques. Les unes, comme la roche de Saint-Priest et plusieurs analogues, sont positivement d'origine hydrothermale ; tandis que d'autres, comme le gore blanc et la talourine de Rive-de-Gier, ressemblent à certains tufs ou cendres volcaniques, et peutêtre mieux encore aux produits d'éruptions boueuses, avec intervention de sources siliceuses ; mais nulle part on ne rencontre ces roches sous forme de dykes proprement dits, à la façon des eurites quartzifères de la Creuse.

Occupons-nous d'abord du gore blanc. Nous avons déjà mentionné cette roche en décrivant les divers schistes du bassin houiller (§ 13). Nous ne reviendrons pas sur le gore blanc de la Béraudière, qui est un schiste

Page 1