CHAPITRE VI
argilo-feldspathique, caractérisé par sa teinte d'un blanc pur, mais, à part cela, analogue aux schistes argileux ordinaires non charbonneux. Le g&re blanc proprement dit de Rîve-de-Gier, dont il me reste à parler, est au fond plutôt jaune ou gris verdâtre, que blanc, et rarement feuilleté, comme celui de la Béraudière.
Dans la plupart des puits de Rive-de-Gier, on a rencontré, au milieu du puissant poudingue qui recouvre la grande couche, une assise argileuse compacte, d'un blanc sale jaunâtre, dans laquelle on distingue, à la loupe, des nodules et des mouchetures pétro-siliceuses, plus ou moins verdâtrcs, qui lui donnent une très grande ressemblance avec certains tufs ou cendres volcaniques. Ce banc a de deux à trois mètres d'épaisseur, dans la concession du Sardon, à Rive-de-Gier même; il se trouve là vers 140 à 150 mètres audessus de la couche de houille principale de ce district.
Plus à l'Ouest, au Reclus, la distance est réduite à 110 mètres; mais elle augmente de nouveau à la Grand'Croix et à la Péronnière, où d'ailleurs la puissance du banc atteint 15 et même 25 mètres. En même temps les parties dures, pétro-siliceuses, deviennent plus abondantes ; elles font passer la roche à une sorte de brèche, ou de tuf siliceux, plus dur et plus grossier. On voit les affleurements de ce banc sur les deux versants du bassin: au Sud- Est, près du hameau de Burlat (Grand'Croix), et au Nord-Ouest, à côté du puits Pinay de la Péronnière. Sur ce dernier point, la couche est verte et bréchi forme; mais les fragments semblent resoudés par un ciment siliceux, à cassure esquilleuse, peu différent des fragments eux-mêmes. M. Mallard le décrit en ces termes : « On dislingue, au milieu de la pâte, quelques lamelles feldspathiques, qui se fondent dans la masse, des grains de quartz hyalin fort nets, de grosseur variable, d'autres grains pétro-siliceux de couleur verte, et çà et là des paillettes de mica. Cette roche, où le pétrosilex semble dominer, passe tantôt à la variété compacte et argileuse de Rive-de- Gier, tantôt à une véritable brèche dans laquelle les fragments de couleur claire sont liés par un ciment noirâtre foncé '. »
4 . Mémoire sur le gore blanc, par MM.' Leseure et Mallard. — Bulletin de l'industrie minérale, 4872.
C'est cette dernière variété que les ouvriers mineurs appellent spécialement Talourine. A la Grand Croix, elle se rencontre à la base do gore blanc proprement dit. Remarquons enfin que la variété argileuse du gore blanc est toujours pétrie d'empreintes végétales, et qu'à Burlat la variété siliceuse contient spécialement, d'après M. Grand'Eury, de nombreux débris de Cordaïtes. Ces faits prouvent, à n'en pas douter, que le gore blanc est tout autre chose que le porphyre vert de Givors; ce ne peut être une roche éruptive proprement dite, mais elle s'y rattache par les fragments d'origine volcanique qui s'y trouvent et le ciment siliceux qui les unit.
Outre les localités déjà signalées, on a aussi rencontré le gore blanc au puits SaintrPrivat du Plat-de-Gier, à 200 mètres au-dessus de la grande masse. Sa puissance y est de 33 mètres, et la roche peu homogène, de couleur verte. On voit également affleurer le gore blanc, le long du flanc Nord du bassin, à la J usserandière et sur les deux rives de la Faverge, près de Salcignieux. A l'Ouest, en approchant de Saint-Chamond, le gore blanc proprement dit semble disparaître, ou plutôt, il passe à un véritable dépôt siliceux, tantôt en place, tantôt bréchiforme, ou remanié, mais pourtant encore associé à la Talourine sur quelques points, comme au puits du Fay de Saint-Chamond.
§ 72. — Occupons-nous d'abord des dépois silieeux. — Le plus considérable est celui de Saint-Priest, que j'ai fait connaître dans mon Mémoire sur la classification des principaux filons du plateau central 1 ; j'en extrais les détails suivants :
A 3 kilomètres au Nord de Sainl-Étienne s'élève, du fond de la vallée houillère, une butte conique, entièrement isolée, que couronnait jadis un château féodal, et sur le flanc duquel se dresse encore aujourd'hui le village de Saint-Priest. Sur le revers Nord du cône on voit la brèche qui sert de base à l'étage de Rive-de-Gier et, au-dessous, dans le lit du Furens, auprès de Lélra, le schiste micacé. Du côté opposé, au Sud, parait le poudingue stérile de Saint-Chamond qui sépare Rive-de-Gier de Saint-Etienne, et, au sommet du cône, le dépôt siliceux en question. Ce dépôt fait donc lui-même
4. Mémoires de la Société d'agriculture et d'histoire naturelle de Lyon, année 4855.