‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 113 sur 144 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

partie de l'étage stérile, et en réalité, comme nous le verrons, il surmonte d'environ 200 mètres les couches de houille de Rive-de-Gier.

En gravissant le versant Sud de la colline, on rencontre, le long du chemin, avant d'arriver à l'ancienne église, le grès de l'étage stérile. La roche est plus ou moins altérée, endurcie et celluleuse. Non loin de là, sur le flanc Ouest, le même grès se charge de ciment siliceux; il passe à l'arkose. En amont de la vieille église on trouve enfin l'amas siliceux pur ; c'est de la calcédoine diversement colorée et zonée, profondément fissurée et parfois celluleuse. Au sommet du cône on constate aisément les rapports de ce dépôt siliceux avec la roche houillère.

Sud Fi§.2fc Sommet de S 1 Pricsr

Nord

Grès

Comme le montre le croquis ci-joint, le sommet est formé d'assises régulières, plongeant légèrement du Nord au Sud, dans le sens de l'inclinaison générale des assises houillères. Elles forment, vers le Nord-Est, un escarpement de 7 à 8 mètres de hauteur. Le point culminant se compose d'un épais banc de calcédoine blanche, moins fissuré que celle du voisinage de l'église. Au-dessous viennent des bancs de grès fin et quelques lits de schistes avec nombreuses empreintes végétales, puis un grès à ciment siliceux, plus grossier, contenant des nodules de grès et de schistes houillers préexistants; outre cela, on y discerne de petits fragments de houille et de tiges végétales silicifiées, avec morceaux anguleux de quartz calcédoine. Tout cela prouve un remaniement partiel, sur place, d'un dépôt arénacé et siliceux récemment formé.

Selon M. Grand'Eury, les plantes dont je viens de parler seraient en partie analogues à celles des couches les plus inférieures de Saint-Étienne; et les fragments charbonneux du grès inférieur seraient des débris ligneux et corticaux de Cordai tes.

Enfin, dans le quartz rubané inférieur, voisin de l'église, qui est entremêlé vers la base de sédiments argileux, on trouve des parcelles de bois pétrifié avec restes de frondes et Je pétioles de Fougères, et d'autres végétaux mal conservés. Sans nous occuper, pour le moment, de l'âge du dépôt siliceux de Saint-Priesl, nous pouvons conclure de la silicification des plantes que la silice est d'origine aqueuse, que la source thermosiliceuse a dû couler pendant le dépôt même du poudingue houiller, au milieu duquel il se trouve, et cela pendant une période fort longue, puisque la puissance de l'amas siliceux supérieur est pour le moins de 10 à 15 mètres. La présence du grès grossier inférieur à galets calcédonieux et débris de houille, ci-dessus mentionné, prouve aussi que le cours de la source thermale a dû être troublé momentanément, et peut-être même à plusieurs reprises, par de violents ébranlements du sol, qui auront bouleversé les dépôts antérieurement formés. Nous verrons bientôt que l'étude des galets à graines silicifiées impose forcément une conclusion identique. En tout cas, l'origine aqueuse de l'amas de Saint-Priest ne saurait être mise en doute, et si la forme conique de la butte a fait supposer à quelques géologues une sorte d'éruption ignée de silice fondue ou gélatineuse, cette hypothèse ne saurait être soutenue en présence des faits que je viens de mentionner; la calcédoine alterne régulièrement avec le grès et ne les a ni traversés ni redressés. Le cône n'a pas été soulevé, il n'a pas surgi du sein de la terre ; le dépôt a simplement mieux résisté sur ce point, parce que la silice avait durci la

roche.

§ 73. — Sur l'autre rive du Furens, au Nord et à l'Est de Saint-Priest, il existe des masses analogues moins importantes.

Au Nord, dans le domaine de la Bertrandiôre, j'ai vu, dans une ancienne carrière, des grès à ciment siliceux qui renferment, comme celui de Saint- Priest, des débris de houille, provenant aussi, sans nul doute, d'un rema-

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