CHAPITRE VI
niement sur place ; et M. Grand'Eury cite sur le même point un bouton de quartz concrétionné avec bois et débris de végétaux.
À l'Est de Saint-Priest s'élève le petit Mon t-Reynaud, dont le sommet se trouve coiffé, comme celui de Saint-Priest, d'une calotte siliceuse d'origine identique, mais dont l'épaisseur n'est que de A à 5 mètres. C'est une sorte de lentille plate, à bords amincis, dont le grand axe mesure 100 mètres. Elle plonge au Sud-Est comme les assises voisines du poudingue houiller. C'est ici encore de la calcédoine diversement nuancée, et, à la base, un grès siliceux à grains verdâtres. Ce grès contient des débris de bois {DadoxyUm), et aussi, dit M. Grand'Eury, des indices de Fougères et de graines.
A peu de distance, au mur de la masse siliceuse, on rencontre ici, comme à Saint-Priest, la brèche de la base du terrain houiller.
Des dépôts siliceux peu différents se sont également formés ailleurs au même niveau géologique. En montant des bords de l'Onzon vers le village de Chana, au Nord de Sorbiers, j'ai rencontré, il y a trente ans, dans les champs, de très gros blocs de calcédoine grise, striée de blanc, qui, vu leurs arêtes vives, ne pouvaient venir de loin ; et, plus au Nord, en se dirigeant vers Albuzy, on retrouve encore des silex identiques. Depuis lors, une roule neuve fut ouverte entre Sorbiers et Valfleury, ce qui a permis à M. Maussier de voir les bancs siliceux de Chana en place, et là aussi associés à de véritables grès silicifiés *. Au mur de ces bancs, on peut observer, au Nord de Chana, avant d'atteindre la brèche, quelques assises de grès quartzofeldspathiques qui doivent appartenir à l'étage proprement dit de Rive-de- Gier.
§ 74. — A l'Ouest de Sainl-Étienne, dans la commune de Saint-Genest- Lerpt, près de la lisière occidentale du bassin houiller, j'ai signalé (voir le mémoire déjà cité de 1855) d'autres masses siliceuses fort importantes aux environs de Landuzière. Ainsi sur la crête du coteau, qui va de Saint-Genest vers le hameau de Trêve, on exploite, pour l'entretien des routes, un grès houiller à ciment siliceux qui a tous les caractères d'une véritable arkose. Plus loin, en se dirigeant vers le Mont, hameau bâti sur le granit, on peut
4 . Mémoire de M. Maussier. Bulletin de la société V Industrie minérale, 2 e série, 1. 1, p. 628.
observer, non loin de la limite dn bassin, de minces veines de quartz calcédoine, alternant, d'une façon régulière, avec les strates dn terrain touiller, qui est ici, tantôt blanchi (kaolinisé), tantôt imprégné de fer oxydé hydraté. Ce sont des témoins évidents de sources thermales aujourd'hui taries.
Entre Saint-Genesl et la Fouillouse, MM. Maussier et Grand'Eury ont de leur côté signalé des grès siliceux analogues au Crét de Pioray et sur les bords du ruisseau de Robertane.
Or, dans tous ces grès, on trouve des débris de plantes que M. Grand'- Eury déclare pins anciennes que celles qui caractérisent la base de l'étage de Saint-Étienne, et, en effet, ces roches siliceuses sont toutes intercalées, comme le dépôt calcédonieux de Saint-Priest, dans le puissant étage stérile qui sépare Rive-de Gier de Saint-Étienne.
En résumé, on peut conclure de tout ce qui précède, — et les détails de la deuxième partie le prouveront d'ailleurs surabondamment — que les dépote silleeux , dont nous venons de parler, sont, comme le gwc Mnm, le produit de sources GeyaérfemM» qui ont dû couler, à la suite de mouvements volcaniques, vers le premier tiers de la longue période pendant laquelle s'est déposé le poudingue stérile de Saint-Ghamond.
§ 75. — Aux bancs siliceux •■ plaee, dont il vient d'être question, se lient étroitement des pondinffre*, plus ou moins bréchiformes, également formes d'éléments siliceux.
Rappelons d'abord qu'à Saint-Priest même on rencontre, avec les bancs siliceux intacts, d'autres assises essentiellement formées de fragments de silex, partiellement ressoudés sur place par un ciment siliceux. Mentionnons également le dépôt de Ghana, près de Sorbiers, qui se compose en partie de bancs en place et en partie de hlocs épars non roulés.
Eh bien, en un grand nombre d'autres points, et toujours au même niveau géologique, il existe une sorte de powHa g w e -fcr eeh e, tantôt presque exclusivement formée de fragments siliceux, tantôt de blocs siliceux entremêlés de débris de gore blanc et de Talourine. C'est ce poudingue, à fragments souvent anguleux et multicolores, que M. Ractmadoux a signalé le premier, lors du creusement du puits Notre-Dame, au plateau de Planèze,