‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 115 sur 144 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

k la recherche de la couche de Rive-de-Gier. Frappé de son apparence insolite et de ses nuances variées, il lui donna le nom de poudingue mosaïque, sans y attacher pourtant une importance spéciale. Il ignorait les rapports de ce poudingue brèche avec le gore blanc et les dépôts siliceux de l'étage stérile supérieur de Rive-de-Gier. C'est M. Grand'Eury qui y découvrit, le premier, des restes de plantes, pareilles à celles du silex en place de Saint- Priest. 11 trouva, de plus, dans un grand nombre de ces galets, de véritables graines et des fleurs, parfaitement conservées dans leur prison siliceuse. Les galets sont, les uns blancs, bleus ou verts, comme les silex de Saint-Priest et du Mont-Reynaud; les autres, bruns plus ou moins enfumés. Les dimensions des blocs sont parfois considérables et leurs arêtes à peine émoussées; il en est même qui ont été ressoudés par la silice elle-même, comme à Saint-Priest. Ailleurs les galets sont arrondis et réunis par un ciment plus ou moins argileux ; mais, même dans ce cas, il ne semble pas qu'ils aient été charriés au loin, car alors ils se trouveraient mêlés à diverses roches du terrain ancien, ce qui n'est pas. Comme je l'ai dit, on rencontre uniquement, avec les galets siliceux, des fragments peu roulés de Talourine et de gore blanc, et cela même seulement sur quelques points. L'usure des galets doit plutôt s'expliquer par le roulis des fragments, sans cesse soulevés et agités dans les cuvettes du fond desquelles s'élevaient avec force les sources thermo-siliceuses.

Les galets, dont je viens de parler, ont été trouvés, comme nous le verrons, dans plusieurs puits du district de la Grand'Croix, ainsi que dans les deux puits du Fay et de Notre-Dame, foncés à Planèze, dans la concession de Saint-Chamond. A la surface du sol, on les rencontre, dans le profond ravin de la Faverge, au Nord de la Grand'Croix; ils affleurent aussi à la Jusserandière, à Salcigneux, à Combérigol, et, plus à l'Ouest, le long du flanc Sud du Mont-Crépon, à Truzeau, Chantacros, etc. On les retrouve également, comme je l'ai dit, à Chana, au Nord de Sorbiers, et même, ainsi

que nous le dirons dans la description spéciale des districts Nord de Saint-

Etienne, presque sur toute la ligne depuis Chana, par la Giraudière et Maniquet, jusqu'au ruisseau qui précède Ecul lieux, à l'Est de la Fouillouse.

Enfin, M. Grand'Eury le signale également le long de l'étroite bande houillère qui va de Tarlaras à Givors, en particulier à Saint-Jean-de-Toulas, Fontanas et Montrond.

Si maintenant on se demandait, d'où viennent ces dépôts siliceux et à quelle époque ils se formèrent, nous rappellerions, d'une part, qu'ils appartiennent, comme le porphyre vert sombre des environs de Givors, à l'étage qui sépare Rive-de-Gier de Saint-Étienne, et nous renverrions, d'autre part, au mémoire déjà cité de 1855, dans lequel nous avons établi les rapports intimes des roches éruptives avec les nombreux dépôts et dykes siliceux de la période carbonifère en général; et alors, il nous sera permis de conclure que les sources siliceuses Geysérlennes du bassin houiller de la Loire doivent se rattacher aux éruptions porphyriques basiques, qui sillonnent la bande houillère entre Rive-de-Gier et Givors, et que le gore blane et surtout la Talourlnc pourraient bien être les produits plus ou moins boueux, cendreux ou tufacés, de ces éruptions volcaniques de l'époque houillère supérieure.

Avant de quitter les dépôts siliceux du bassin de la Loire, je mentionnerai encore quelques minces lits de schistes siliceux (Kleselsehfofer) d'un gris bleuâtre foncé, que l'on trouve, régulièrement stratifiés, dans l'étage le plus élevé du dépôt stéphanois, appartenant peut-être déjà au grès rouge permien. J'en ai rencontré, il y a longtemps, sur l'ancienne route du Puy, entre le Deveix et Firminy, et M. Grand'Eury m'en a montré dans les récentes fouilles de Patroa et du Crêt de Saint- Roch, qui domine le jardin des plantes de la ville de Saint-Étienne.

§76. Grisou. — Je crois devoir mentionner ici un produit gazeux spécial de la formation houillère qui, sans être d'origine éruptive, en affecte pourtant certains caractères tout en se rattachant en réalité à la houille proprement dite, le Grisou. — 11 serait peu naturel, en effet, de passer complètement sous silence ce redoutable ennemi du mineur; et pourtant les questions nombreuses qui s'y rattachent me semblent trop sortir de notre sujet, pour que nous nous arrêtions longtemps à cet élément secondaire du terrain houiller,

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