TERRAIN HOUILLER AU POINT DE VUE AGRICOLE
ET HYDROLOGIQUE.
§ 77. — Le terrain houiller a été formé aux dépens des terrains anciens ; il se compose de débris granitiques et micaschisteux ; par suite, les qualités de ses terres, au point de vue agricole et hydrologique, doivent différer peu de celles des districts granitiques. Ce sont, en effet, des terres sableuses et maigres, souvent même tout à fait rocailleuses dans les parties culminantes, où dominent les grès et les poudingues durs. On peut citer, à ce point de vue, le Mont Crépon, au-dessus de Saint- Chamond, le Crêt du Ronzy, entre Saint-Chamond et Sain t-É tienne, le Montaud, le Montsalson et le Crét du Deveix à l'Ouest de Saint-Étienne.
Mais ces grès et ces poudingues sont moins compacts, moins imperméables, que le granit massif; aussi ne rencontre-t-on jamais, à la surface du terrain houiller, des sols tourbeux et humides, comme sur les hauts plateaux de la chaîne du Pilât. La seule région quelque peu marécageuse du terrain houiller est le plateau compris, à l'Est de Saint-Étienne, entre les vallées du Furens et du Janon. Ce plateau correspond à l'étage le plus élevé du terrain houiller, aux grès argilo-micacés rouges, que le puits de la Vogue, dans la concession de Villebœuf, a traversé sur plus de &0Ù mètres. Formés surtout d'éléments friables, provenant du micaschiste, ces grès
houillère ont produit exceptionnellement des terres compactes et froides. En dehors de ce plateau et de celui que Ton traverse en allant de Rochela-Molière à Firminy, on ne rencontre nulle part, dans le bassin houiller, sauf vers le fond des vallées, un sol quelque peu humide. Dans les vallées et les combes, où les détritus argilo-sableux des coteaux se sont accumulés, on voit, en effet, de belles prairies, où se rencontrent même quelques sources, venant des bancs argileux interstratiûés au milieu dfes grès. On peut citer les prairies de la vallée du Furens et celles qu'arrosent ses affluents de droite, l'Izérable et l'Onzon, ou les ruisseaux de gauche venant de Villards et du Cluzel. On peut rappeler aussi les vallons du Janon, du Gier, de l'Ondène et de Roche-la-Molière. Sur tous ces points, grâce à l'emploi judicieux des eaux, le sol houiller est recouvert de fort belles prairies naturelles. Ces vallées sont plus larges et plus unies que les étroites gorges des chaînons granitiques. Sur quelques points même, les noms des lieux marquent le contraste entre les coteaux arides des parties hautes et la fraicheur verdoyante des bas-fonds; tel est Saint-Jean Bonnefonds à l'Est de Saint-Elienne, et le Chambon à l'Ouest.
Cependant, à part ces bas-fonds privilégiés, on peut dire que le sol houiller est, dans son ensemble, plutôt aride et sec. Parmi les céréales, le seigle seul peut être cultivé; pour le froment, la terre est trop peu calcaire et trop peu profonde. A cause de la rareté relative du feldspath, le sol houiller est même inférieur aux terres granitiques; les genêts et les pins ne s'y développent pas spontanément avec la même facilité. Quant aux sources, elles sont rares et partout faibles. L'irrégularité des bancs du terrrain exclut jusqu'à la possibilité de véritables niveaux d'eau. Les sources ne se rencontrent, comme je l'ai déjà dit, qu'au bas des combes ou dans le flanc de certains coteaux ; et ces sources elles-mêmes sont peu persistantes et d'un faible volume. Notons enfin que les travaux de mines, à mesure qu'ils atteignent le voisinage des sources, les tarissent toutes. Quanta la qualité des eaux, elle est inférieure à celle des terrains granitiques ; on y rencontre des sulfates.