‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 123 sur 144 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

admettre, à priori, que la sédimentation houillère se soit nécessairement opérée, d'une façon complète et identique, sur tous les points d'un bassin donné? Les lacunes sont, en effet, partout nombreuses dans la série des terrains sédimentaires, et ces lacunes sont surtout fréquentes dans les dépôts houillers.

Le terrain carbonifère supérieur, en particulier, n'est nulle part aussi complet qu'à Saint-Élienne même ; or, s'il n'est pas complet sur d'autres points du plateau central, pourquoi admettre à priori qu'il a dû se déposer d'une façon complète dans la vallée du Gier?

Les conditions ont pu être fort différentes, à Saint-Étienne et à Rive-de-Gier, pendant les longues périodes qui correspondent aux étages supérieurs. Rappelons, en deux mots, ce que nous avons dit à l'occasion des bancs de grès cunéiformes (§ 22) et du mode de formation des sédiments houillers (§ 65 et suivants). Par le fait même du dépôt des grès et des poudingues, les limites du bassin se sont peu à peu modifiées et graduellement rétréci es; de plus, au centre du bassin, auprès de Saint-Étienne, le sous-sol ancien s'est affaissé davantage, et pendant une période de temps plus grande, le long de la lisière Sud-Est qu'au Nord, entre Saint- Pri est et Rive-de-Gier (§ 45). 11 faut que des failles aient affecté le dépôt houiller pendant le cours même de la période carbonifère, et que les parties centrales aient continué à glisser, le long de ces cassures, tandis que les régions voisines, situées au Nord et à l'Est, restaient émergées et ne furent ainsi jamais ensevelies sous les étages supérieurs. Mais nous touchons là à l'une des questions les plus importantes du problème houiller, que nous ne pourrons approfondir qu'après la description détaillée des divers districts dont se compose le bassin (Voy. Chap. XIY).

En attendant, ce qui importe, c'est de connattre l'étendue actuelle des étages houillers et surtout le nombre et la nature des couches qu'ils renferment. Passons donc à la description détaillée de chacun des étages, et commençons par le plus ancien, la brèche de la base.

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