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CHAPITRE VIII

Au Mont-Crépon et aux environs de Cel lieux, à la base du dépôt, le gneiss et le micaschiste s'y montrent presque seuls; tandis que vers le haut de l'amas, sur les deux rives du ruisseau des Arques, près de la Bréassière, les blocs granitiques forment à peu près la moitié de la masse totale. 11 en est de même au puits du Chêne de la concession de la Peronnière, et dans un travers banc de la Faverge, tous deux percés jusqu'aux premières assises de la brèche. A la Madeleine, sur les bords du canal, et tout le long de la lisière Sud du bassin houiller, entre Egarande et le Dorlay, le nombre des blocs granitiques atteint même les huit ou neuf dixièmes de l'ensemble. Le granité n'est d'ailleurs ni schisteux ni à deux micas comme celui de la Crête du Pilât; il appartient au granité éruptif, plus moderne, à gros grains, qui souvent devient porphyroïde.

Ce granité éruptif forme de véritables dykes, dans le gneiss de la chaîne de Riverie, au Nord du bassin, et y constitue entre autres un puissant culot, ou dôme, entre Tartaraset le bourg Saint-Andéol, sur la route de Givors à Rive-de-Gier.

La puissance de la brèche est extrêmement variable. Sur les bords du Féloin son épaisseur est au-dessous de âO"; tandis qu'au Mont-Crépon elle est certainement supérieure à 200°. Il est difficile, au reste, de l'apprécier exactement 1 , parce qu'aucun puits de mine ne l'a traversée. Mais sa grande épaisseur ressort de la largeur de la zone qu'elle occupe à la surface du sol. Auprès de Saint-Genis-Terre-Noire, la brèche mesure 800" 1 horizontalement vers la lisière Nord. En face, auprès de Grézieux, le long de la lisière Sud, 450 à 500*. Entre Cellieux et Saint-Chamond, au Mont-Crépon, la zone du Nord atteint 1,000 à 1,500-, et même 2,400" auprès de la Bréassière. Au delà elle se poursuit, dans la direction de Saint-Étienne, jusqu'à la Fouillouse, avec une largeur variable de 500 à 1,000".

Comment et dans quelles circonstances cette brèche s'est-elle formée?

Rappelons d'abord que, le long du bassin houiller, le gneiss et le micaschiste se montrent presque partout, entre Rive-de-Gier et Saint-Etienne, en strates verticales ou renversées. Ainsi, au Nord, entre Latour-en-Jarrêt près de Saint-Étienne, et Saint-Martin-la-Plaine près de Rive-de-Gier, les

bancs de gneiss oscillent constamment autour de la verticale ; le renversement apparaît en particulier, d'une façon nette, à la Croix du Plat, près de Valfleury, sur le revers Nord du îMont-Crépon, au contact même du terrain houiller (§ 17, fi g. 3). Au Sud, le micaschiste est même renversé sur le terrain houiller auprès du hameau de la R ivoire, comme le prouvent la coupe (fig. 5, § 17) et les travaux du puits Picpierre à Couzon. A la vérité, le long de cette lisière Sud, le renversement du micaschiste se fit en partie après le dépôt du terrain houiller, puisque les couches houillères sont elles-mêmes fortement inclinées; mais, au Nord, comme cela résulte de la coupe (fig. 3) que je viens de rappeler, le gneiss fut positivement redressé avant l'origine du terrain houiller, ou, du moins, il a dû recevoir à cette époque même une secousse nouvelle qui aura déterminé la formation de la brèche. Voici comment les choses ont dû se passer, selon moi, au début de la période houillère supérieure, dans la région aujourd'hui occupée par le bassin de la Loire. Le sol ancien a dû s'effondrer le long d'une grande faille, ou plutôt le long des deux failles, à pentes inverses, que Ton constate, à une certaine distance l'une de l'autre, à droite et à gauche du grand axe actuel du bassin (Voy. la carte générale du bassin).

Dans la profonde dépression, ainsi produite par l'affaissement du soussol ancien, ont dû se précipiter pêle-mêle les nombreux débris des parois de la faille et, avec ces débris, les eaux des contrées voisines.

Il se forma ainsi un premier bassin, dans lequel les fragments s'accumulèrent par le fait des ébranlements secondaires, qui succèdent toujours, pendant quelque temps, au cataclysme primitif. Aux secousses violentes du début, qui ont formé la brèche, est venue se joindre ensuite la sédimentation ordinaire, due aux torrents intermittents qui ont amené périodiquement, dans le bas-fond, h chaque crue, des galets et des sables. De la sorte s'est peu à peu comblée Ja dépression résultant du premier effondrement. Alors, durant la longue période de repos qui succéda au comblement du bassin, a dû largement se développer, au fond du marécage, la première végétation houillère de la contrée.

Quant aux causes qui ont pu amener l'affaissement en question, nul

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