‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 126 sur 144 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

besoin n'est de recourir aux roches éruptives de l'époque houillère. Ces roches elles-mêmes ne sont venues à la surface du sol qu'à la suile d'une première rupture de la croûte solide du globe. Or ces ruptures, on le sait de reste, furent assez fréquentes, pendant les anciennes périodes géologiques, par suite de la contraction graduelle du noyau central. Cest ainsi que, postérieurement à la période houillère, s'est ouverte, par les mêmes causes, la vallée du Rhin entre les Vosges et la Forêt- Noire, et celle du Rhône entre les Cévennes et les Alpes. Là aussi on peut constater, comme preuve de l'affaissement en question, de puissantes failles le long du pied des massifs montagneux restés en place.

La brèche dont je viens de parler caractérise d'une façon très nette la base du terrain houiller de la Loire. Dans les poudingues supérieurs, on rencontre bien çà et là quelques fragments de roches peu émoussés, comme au Crêt du Ronzy, entre la 8 e et la 9 e couche, mais ce sont là de rares exceptions; le ciment y est toujours arénacé et les galets dominent constamment. Si le sol fut encore périodiquement ébranlé, lors du dépôt des étages suivants, tout prouve que les éboulements postérieurs furent pourtant beaucoup moins étendus, et que la sédimentation s'est toujours faite sous l'influence d'une eau agitée. Partout donc où l'on rencontre la brèche, dans le bassin de la Loire, on peut être sur que Ton a affaire à la base du dépôt. Comme dernier caractère de la brèche, je mentionnerai encore la rareté, sinon l'absence presque totale, des galets quartzeux blancs qui, au contraire, abondent surtout dans les poudingues supérieurs, où le quartz, vu sa dureté, a beaucoup mieux résisté à la trituration, causée par le roulis des eaux, que les roches anciennes ordinaires.

La brèche n'occupe pas seulement les bords du bassin ; on l'a rencontrée aussi au fond de plusieurs puits de mines, vers 15 à 20 mètres au-dessous de la plus ancienne couche de houille. On peut citer les puits Égarande et du Chêne. Quelques autres, au M oui lion et à la haute Cappe, furent, dit-on, foncés jusqu'au granité, mais le granité en place est rare dans cette région ; on l'a évidemment confondu avec la brèche granitique. Un seul puits de Rive-de-Gier paraît avoir été approfondi jusqu'au sous-sol

ancien proprement dit, c'est le puits Vellerut de A! 5 mètres où, grâce k deux puissantes failles qui se croisent en ce point, le micaschiste a été rencontré, dit-on, à peu de distance du grès houiller ordinaire. 11 serait toutefois possible que, même sur ce point, on eût pris la brèche pour la roche en place.

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