CHAPITRE UI
Au delà du Soleil, au Bessard, concession de Méons, la puissance et la qualité baissaient de nouveau. La veine inférieure se trouve ramenée à 3 ou 4 mètres; elle se bifurque même sur quelques points, au puils Planterre, entre autres, et le long des affleurements dans la concession du Gros. La veine supérieure s'éloigne de 10 à 12 mètres, et le minerai s'y développe d'une façon inusitée. A la place de rognons épars, il forme un banc massif de m ,50 a 1 mètre, et ce minerai, de structure subcristalline, renferme exceptionnellement jusqu'à 10 pour 100 d'acide phosp borique uni à la chaux.
Au Sud de Montheil, dans le cbamp d'exploitation du puits Saint-Denis (concession de Monthieux), la couche s'altère aussi. La partie supérieure devient schisteuse et la veine inférieure se réduit à 2 m ,50. Entre le puits Saint-Denis et le puits Peyret on a même trouvé un espace, d'environ 60 mètres de long sur /i0 à 50 mètres de large, où la houille de la partie inférieure cède également sa place aux schistes. J'ai pu étudier, aux deux extrémités, l'altération graduelle de la couche. De petits filets de schistes se développent entre les lits de houille et se renflent insensiblement, de telle sorte que le charbon et le schiste s'enchevêtrent mutuellement sous forme de lames minces, taillées en biseau. La transformation s'opère d'une façon complète sur une longueur de 10 à 15 mètres; finalement, il ne reste plus que quelques rares veines de charbon de 0^,02 à 0™,03 d'épaisseur. Enfin, au suddu puits Saint-Denis, dans le champ du puits de l'Est, la couche s'altère de nouveau sur sou aval pendage et y devient inexploitable.
Ces massifs, plus ou moins étendus, devenus stériles par l'invasion progressive de l'élément schisteux, sont cependant rares dans le bassin de
hk BASSIN HOUILLER DE LA LOIRE.
la Loire. Ou voit plus souvenl disparaître le charbon par voie à! érosion * ou de déoudation postérieure* 11 est alors remplacé, comme nous le verrons, par des masses de grès ou de poudingues, et, dans ce cas, le remplacement est toujours brusque. Mais si les Ilots schisteux sont relativement rares, on voit ailleurs certaines couches se détériorer ou s'amincir définitivement dans certaines directions. Il semble en être ainsi de la grande couche principale de l'étage inférieur de Saint-Etienne, la couche n* 13, dite de l'Etang, à Méons et Chaney. Dans ces deux concessions, au voisinage des affleurements, le charbon de la treizième était de qualité supérieure et la couche sans nerfs. Mais sur son aval pendage, au Sud, vers les puits Grégoire (Reveux) et Saint-Claude (Méons), les schistes se développent entre les bancs de houille et rendent la couche presque inexploitable en profondeur.
La huitième couche, dont nous venons de parler, présente le même phénomène, dans son extension, vers l'Est. Dans les concessions de la Barallière et du Ronzy, elle mesure au maximum 2",60 et descend parfois à i m ,50. Dans la concession de Saint-Jean-de-Bonnefond, on a bien retrouvé çà et là quelques renflements de 3 à 4 mètres; mais, en général, son épaisseur ne dépasse guère l œ ,40 à l m ,ôO. De plus, dans ces trois concessions, le charbon est de qualité médiocre et souvent entrelardé de plusieurs nerfs.
La cinquième couche du système moyen s'amincit également du côté de l'Est. A fiérard, Monthieux et Côte-Thiolière, son épaisseur est de i H> ,50 à I m ,80. À la Tardiverie et au delà, elle dépasse rarement m ,50.
Ainsi les couches de houille se renflent ou s'amincissent dans certaines directions. On conçoit, en effet, que les conditions locales ont dû être, selon les lieux, inégalement favorables au développement de la végétation houillère. Sur certains points, elle a commencé plutôt, sur d'autres cessé plus tard, en sorte que tantôt ce sont les bancs du mur, et tantôt les bancs du toit qui font défaut.
Au puits Frère Jean, M. Meugy constata, en 1842, que la moitié inférieure de la grande couche disparaissait graduellement dans une galerie montante, tandis que la partie haute restait intacte. 11 suit de là que le mur de la couche devait offrir, sur ce point, une sorte de protubérance, ou d'Ilot,