‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 23 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

La seconde coupe est plus étendue.

Aux environs de l'ancienne maison communale d'Outrefurens, au lieu dit la Roche, on pouvait voir, il y a trente ans, dans une carrière abandonnée, le passage graduel, sans faille, de strates à peu près horizontales à des bancs voisins de la verticale.

Voici la coupe de la carrière, dressée à l'échelle et pourvue de cotes.

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Les bancs de grès cunéiformes sont séparés les uns des autres par de minces lits d'argile schisteuse. A mesure que l'on avance vers l'arête aiguë du coin, on voit le grain diminuer de grosseur, le grès massif se transforme en grès schisteux et ce dernier en schiste. Le banc principal se réduit, sur une longueur d'au plus 10 mètres, dans le rapport de 10 à 1, et la roche passe du grès blanc grossier à un schiste arénacé fin, gris charbonneux.

Il est évident qu'une pareille disposition suffit pour changer complètement l'allure des couches. Dans ce cas, on se tromperait gravement si de l'inclinaison des assises à la surface du sol on voulait en conclure la marche des veines de houille en profondeur. Toutefois il ne faut pas non plus s'exagérer l'influence des bancs cunéiformes. Leur importance est le plus souvent locale et restreinte. Les bancs, au lieu de grossir au loin dans certaines directions, conservent plutôt l'épaisseur acquise ou s'amincissent de nouveau sous forme de lentilles. Le plus souvent aussi les assises supérieures tendent à opérer une sorte de nivellement; Us comblent les inégalités et rétablissent l'allure première du terrain.

Malgré ceta, comme on vient de le voir pour le massif de grès qui

sépare les couches n* 3 et 4, les bancs cunéiformes s'étendent parfois à de grandes distances et modifient alors, d'une façon notable, non seulement l'intervalle, mais aussi l'inclinaison des couches de houille.

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§ 22. — Le mode de formation des bancs cunéiformes s'explique par ce qui se passe encore aujourd'hui au sein des lacs alpins. Là, où des torrents se jettent dans ces lacs, on voit les galets et le sable se déposer en bancs inclinés. Si l'inclinaison du fond est primitivement faible, elle ira croissant jusqu'à la limite des talus d'éboulement; les galets s'arrêtent les premiers sur la pente. Le banc sera grossier en amont, sableux en profondeur; c'est le cas des carrières de La Boche. Si, au contraire, l'inclinaison première est forte, les gros galets rouleront au bas du plan incliné et la pente s'adoucira peu à peu jusqu'à la même limite du talus d'éboulement.

On peut conclure de là que les bancs cunéiformes dénotent d'une façon positive un mode de formation rigoureusement littoral. Par conséquent, les carrières dont je viens de parler, quoique situées au centre même du bassin houilJer, à 4,000 mètres du terrain ancien, devaient correspondre au rivage proprement dit du bassin, lors du dépôt des strates que l'on y exploite aujourd'hui. En d'autres termes, ce mode de dépôt prouve que le rivage du bassin s'est sans cesse déplacé pendant le cours même de la période houillère, et que la largeur du bassin a graduellement diminué.

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S 23. — Les bancs en forme de coin, que je viens de mentionner, croissent et décroissent assez souvent à des intervalles de quelques mètres. Les assises du terrain hou il 1er sont alors transformées en masses lenticulaires, sortes de grosses amandes, couchées suivant le sens de la stratiâca-

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