CHAPITRE III
tion au milieu de grès schisteux à grains fins. On les rencontre spécialement dans les régions où domine le grès schisteux argilo-micacé. De pareilles masses n'ont pu se former, loin des rivages, au fond d'un bassin. C'est l'œuvre d'un cours d'eau mal réglé, sans cesse occupé à remanier le fond sur lequel il coule. De pareils dépôts dénotent une période agitée, peu favorable au développement de grands amas végétaux; aussi n'accompagnent-elles jamais les couches de houille; elles caractérisent plutôt les grands étages stériles. On peut citer en particulier la partie haute du poudingue grossier de Saint-Chamond, qui sépare Rive-de-Gier de l'étage inférieur de Sa int-É tienne. L'un des points où ces masses lenticulaires se voient le mieux est situé au Nord-Est de Saint-Chamond, entre le ruisseau des Arques et celui du Fay. Tout le plateau qui s'étend de l'un de ces torrents à l'autre se compose de schistes grossiers, argilo-micacés, parsemés de lentilles de grès dur caillouteux, dont la longueur varie de 1 à 3 mètres, et l'épaisseur moyenne de ra ,40 à m ,80. (Voir fig. 1, §11.)
§ 24. — La variabilité des assises est l'un des caractères saillants des bassins du Centre de la France comparés à ceux du Nord de l'Europe. Tandis que dans le Nord les coupes de deux puits voisins offrent le plus souvent de grandes analogies, et que les couches de houille, ainsi que les bancs de schistes et de grès, se poursuivent au loin sans modifications notables, il en est tout autrement dans la Loire. Les exemples déjà cités le prouvent surabondamment, et, pour s'en convaincre, il suffirait d'ailleurs de parcourir avec quelque attention les coupes verticales de notre atlas. Mais cela ressortira mieux encore des exemples suivants, qui montrent les changements que les roches éprouvent parfois, dans leur nature intime, à moins de 100 mètres de distance. Dans la concession du Treuil, le toit de la troisième couche change quatre fois dans un parcours de moins de 1,200 mètres. Au puits de la Providence le terrain est schisteux; plus au Nord, dans les carrières du Treuil, parait un banc de grès (taille) de 12 à 15 mètres. Au Nord-Est des carrières, les schisteux reparaissent au puits Achille, puis de nouveau le grès au puits du Chétie.
Les puits qui desservent la treizième couche offrent des variations tout
aussi considérables. Le toit immédiat de la couche est à peu près partout essentiellement schisteux ; mais au-dessus ou observe les plus grandes différences. À Cbaney, c'est du grés (taille) ; aux puits de Méons, S 1 -Claude et de la République, les schistes et les grès schisteux dominent. Plus à l'Est, dans les concessions du Montcel, de la Chazotte et de la Calaminière, le grès ordinaire passe au poudingue schisteux, argilo-micacé.
Ces exemples, et beaucoup d'autres que je pourrais citer, prouvent que les coupes détaillées des puits offrent en général peu d'intérêt ou, do moins, ne peuvent guère servir à fixer le parallélisme des couches rencontrées. Les grandes masses arenacées ou schisteuses sont seules assez constantes pour servir de points de repère, et même ces grandes masses se modifient peu à peu, au point de devenir presque méconnaissables, si on ne les poursuit pas à pas.
En voici un exemple :
Au puits n° 3 de Montsalson, le toit de la grande couche inférieure (la huitième) est formé de grès fin, partagé par de très faibles lits de schistes en une série d'assises minces. L'ensemble a une puissance d'environ 50 mètres. Au-dessus viennent, jusqu'à la couche n° 7, une alternance de schistes et de grès schisteux contenant cinq petites veines de houille (voyez, pi. XXII, la coupe de Montsalson). Dans la concession voisine du Cluzel, située au Nord, les bancs de grès se renflent, les schistes et les cinq veines charbonneuses disparaissent en partie. Au delà, dans la concession de Villards, on ne voit plus que du grès grossier divisé en bancs massifs. Des cinq veines de houilles, deux seulement persistent encore. On les retrouve cependant de nouveau, quoique amincies, vers le Sud- Est, au puits de la Pompe (PL XXIIL). Enfin, dans la partie orientale du bassin, à Montheil, au Grand-Konzy, etc., une seule veine subsiste entre la septième et la huitième, et le grès ordinaire (taille) fait place à des grès ou poudingues schisteux, argilo-micacés, pétris de noyaux de quartz.