‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 26 sur 144 · CHAPITRE III. 5S · texte numérisé non relu

CHAPITRE III. 5S

Croix, et aussi dans les petites couches (groupe 9 à i2) de l'étage inférieur de Saint-Étienne, aux puits Deville et S'-Jean du Cluzel, et dans certaines galeries de la couche de la Grille, à Roche-la-Molière, etc.

Mais l'exemple le plus frappant que je connaisse est l'amincissement de la grande couche du quartier Gaillard, le long de la limite sud du Champ d'exploitation du puits des Garennes. Les galeries d'allongement, poussées dans cette direction, sont toutes arrêtées le long d'un étranglement que l'on avait attribué à une faille, mais qui, en réalité, est un simple amincissement par érosion. (PL XIII.) On peut s'en convaincre, même sans descendre dans les travaux souterrains, en étudiant les affleurements de la couche à l'Ouest du puits des Garennes. En suivant du Nord au Sud les traces de la grande couche (troisième) du quartier Gaillard, on constate d'abord au toit un épais banc de schistes; mais bientôt on voit apparaître du grès et, au delà, un grossier poudingue, dont la puissance grandit rapidement. C'est la crête rocheuse, dentelée, que l'on aperçoit de Saint-Étienne, à l'horizon Ouest, entre le Mont-Saison et le Montaud. Le poudingue absorbe, ou remplace, successivement la masse entière des schistes, puis entame finalement la houille elle-même. L'amincissement commence, au haut du coteau, à l'origine d'une légère dépression et se continue vers le Sud jusqu'au bord de la nouvelle route

de Saint-Etienne à Saint-Just. Le charbon se voit dans tout ce parcours directement sous le grès-poudingue; mais sa puissance normale est ramenée de h ou 5 mètres à moins d'un mètre, et souvent même à m ,40.

(F) • — Gravité des accidents dus aux amincissements.

§ 26. — Ce qui précède nous montre que les amincissements de couches peuvent provenir de diverses causes; les unes sont contemporaines du dépôt, les autres immédiatement postérieures. Dans le premier cas, le développement de la houille s'est trouvé gêné au moment même de sa formation; dans le second, la couche fut entamée et ravinée par érosion peu après son dépôt. Dans les deux cas, la disparition partielle ou totale de la couche est

un fait grave, que rien ne laisse prévoir, et dont on ne peut apprécier l'étendue. Lorsqu'une couche de houille est limitée par une faille, on sait qu'elle est simplement déplacée de 10, 20... 100 ou 200 mètres, et même parfois davantage; mais, a part certains cas fort rares, on sait positivement qu'on la retrouvera au delà dans des conditions peu différentes. Par contre, une couche amincie, par l'une des causes que nous venons de mentionner, peut fort bien ne jamais reprendre son allure première et même disparaître entièrement. En tout cas, on ne peut prévoir la largeur de la zone ainsi amincie; aussi le mineur, qui poursuit les traces restantes, ne peut reconnaître à aucun signe infaillible s'il retrouvera finalement le gtte avec son allure primitive et jusqu'où il devra poursuivre sa recherche.

ACCIDENTS AFFECTANT LE TERRAIN nOUILLER POSTÉRIEUREMENT A SON DÉPÔT

§ 27. — Le terrain houiller n'est plus dans l'état où il se trouvait vers la fin de la période carbonifère. Déjà à l'époque même de sa formation il a dû subir des oscillations, tantôt lentes, tantôt brusques. Sans ces mouvements, il serait difficile, en effet, comme nous le verrons, de comprendre la succession des couches de charbon. Mais ces mouvements ont continué depuis lors; les assises houillères furent tour à tour comprimées, abaissées ou relevées, fracturées, etc. De là, les disloscations qui troublent leur régularité. Le plus souvent, ce sont des failles, mais il en est résulté aussi des brouillages, des étranglements, des barrages, etc.

Tous ces accidents, les mineurs de la Loire les appelaient jadis indifféremment crains ou cou/fiées; le premier terme était surtout usité à Rive-de- Gier, le second plutôt à Saint-Étienne. On confondait aussi sous ces deux noms les amincissements par érosion, et l'on n'en distinguait réellement

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