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CHAPITRE III

du Furens. A l'Est, elle rejoint la faille du Soleil, au Sud de Monthieux, vers le bois d'Aveize (pi. X), On a suivi l'accident, par une descenderie, sur une hauteur verticale de 40 mètres. Partout il offrait les caractères d'une grande irrégularité. Son inclinaison et sa puissance variaient de mètre en mètre ; tantôt on rencontrait des renflements de plusieurs mètres, peu après, des parties étranglées de quelques centimètres. Dans les élargissements se trouvaient des blocs de grès à arêtes émoussées, imparfaitement cimentés par des débris plus fins; dans les régions serrées, des schistes finement broyés. Au toit et au mur la stratification est tout à fait différente; le plan de la faille est partout fortement ondulé .

J'ai suivi également la faille qui sépare la Chana de Villards; j'en parlerai dans le paragraphe suivant.

De pareils accidents forment la limite naturelle des champs d'exploitation, mais ce ne sont pas, comme beaucoup de mineurs semblent le croire encore, les limites proprement dites du gtte. Au sud de la faille du Gagne-Petit, sous la colline de Saint-Roch, on retrouvera, en profondeur, comme à Villebœuf, la suite de l'étage moyen, et, à Villards, pareillement la couche rejetée de la Chana.

§ 34. — Failles simples. — Les failles dont je viens de parler peuvent être simples ou multiples.: le résultat d'une fente unique, ou le produit d'une série de fentes parallèles plus ou moins rapprochées. Cette distinction est indépendante de l'importance du rejet. Cependant les failles simples sont plutôt petites, planes, régulières ; les failles multiples, plus souvent considérables, inégales, ondulées.

Comme failles simples, je citerai celle du puits Thibaut, au Gagne-Petit, et celle du puits du Maronnier, concession de Bérard. Elles déplacent l'une et l'autre les assises houillères de 25. à 30 mètres, amenant la troisième couche au niveau de la cinquième (pi. X).

On peut ranger dans la même catégorie la grande faille de 300 mètres du Soleil, entre la plaine de Bérard et Montheil (pi. X); plusieurs grandes failles de la concession de Villards-, celles du puits S 1 -Jean, à Chaney

(pi. IX) ; celle du Féloin (Rive-de-Gier), au voisinage des puits Coulouœ et Sf -Lazare, etc.

§ 35. — Failles a gradins. — Les failles multiples résultent d'un ensemble de fentes parallèles plus ou moins rapprochées. Au lieu de déplacer les couches en une seule fois, le long d'une fracture unique, ces failles divisent les assises en une série de gradins successifs, qui les amènent par degrés d'une position à l'autre. Par ce motif, je les appellerai failles à gradins.

Entre les rejets extrêmes on rencontre, à divers niveaux, des lambeaux de couche plus ou moins tourmentés, et lorsque le mineur croit avoir retrouvé le gîte régulier, il est arrêté par un nouveau saut. Il faut franchir d'autres gradins, et alors, bien souvent, faute de persévérance ou par le fait de difficultés réelles, on abandonne les travaux de recherches avant d'avoir parcouru toute la série des rejets successifs.

La concession de la Chana offre un exemple bien net de failles à gradins. C'est le grand accident nord-sud du puits Robinot qui sépare les travaux de la Chana de ceux de Villards (pi. XII). En 1816 et 1847 on suivit la faille, par une descenderie, en partant de la mine du puits de la Doa. Un premier gradin, d'une vingtaine de mètres, amena la découverte d'un lambeau de couche assez tourmenté, dont la largeur variait de 15 à 20 mètres. Un second rejet parallèle abaissa le terrain d'environ 30 mètres et conduisit à un deuxième lambeau de 28 à 30 mètres, qui lui-même était incliné, dans le sens de la faille, sous l'angle moyen de 12° à 15°, la faille ellemême ayant une pente de 50° à 60°. Enfin un dernier saut de 7 à 8 mètres aboutit à une couche régulière, aujourd'hui exploitée du côté de Villards. Les trois gradins produisent un notable changement de direction. En amont, les assises plongent au Sud-Ouest ; en aval, vers le Sud-Est. La couche retrouvée à Villards n'est d'ailleurs pas celle de la Chana, comme on l'a cru longtemps. C'est la huitième couche, tandis que celle de la Chana semble plutôt être la quinzième. La faille est, par suite, beaucoup plus considérable qu'on ne le supposait.

Une faille de même genre sépare, à Saint-Étienne, le puits des Chaua> de celui du Grand-Tretril (pi. X). Au fond des travaux du puits des Chaux

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