‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 31 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

on a franchi deux gradins dans la couche n° 15. Le rejet supérieur incline de 50°, le gradin inférieur de 60% et le lambeau de couche qui les sépare plonge dans le même sens de 8° à 9°. La largeur du lambeau est de 21 mètres. Le gradin inférieur n'a pas été poursuivi jusqu'à son pied. On n'est même pas allé, comme à Villards, jusqu'à la huitième couche. Il faudrait probablement franchir encore de nouveaux gradins plus considérables que les deux premiers.

Nous fixerons l'importance de ces deux grandes failles lors de la description des districts.

L'accident du Gagne-Petit, déjà mentionné comme faille ondulée, appartient également à la classe des failles à gradins. Elle se compose d'une série de rejets successifs, reliant entre elles des lentilles de charbon plus ou moins broyé, mêlé de schistes.

Je citerai enfin, comme dernier exemple, la grande faille de Monthieux, qui limite en profondeur, à l'Ouest, les travaux de Côte-Thiolière. On la reconnaît bien à l'entrée orientale de la tranchée ouverte, pour le passage du chemin de fer de Lyon, au travers de la colline de Monthieux. On y peut suivre, ainsi qu'au puits de l'Est dans les travaux souterrains, la série des gradins dont est composée la faille. L'importance du déplacement est, sur ce point, dans son ensemble, d'environ 250 mètres.

§ 36. — Systèmes db failles. — Lorsque les éléments d'une faille à gradins s'éloignent les uns des autres, au point de laisser entre eux des massifs de charbon d'une certaine étendue, ces accidents constituent, par leur réunion, moins une faille unique qu'un ensemble de failles successives, reliées entre elles par leur parallélisme et une sorte de communauté d'origine. Je propose de rappeler ces circonstances, en donnant à un pareil ensemble le nom de Système de failles.

Le parallélisme se manifeste d'ailleurs de deux manières différentes. Tantôt il en résulte de larges gradins se succédant perpendiculairement à la direction des failles; tantôt, au contraire, une série d'échelons sensiblement disposés suivant une même ligne, ou plutôt en retrait l'un à l'égard de l'autre, de façon que l'un d'eux natt près du point où finit l'échelon précédent.

J'appellerai le premier mode système de Failles a gradihs, le second système de Failles ex échelons. Les croquis ci-joints permettent de joger de la différence qui existe entre eux.

Plan d'une faille à gradins

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Les deux systèmes sont d'ailleurs indépendants de l'allure des assises; leur direction est tantôt parallèle, tantôt perpendiculaire à celle des couches. Cependant les failles en échelons sont plus souvent alignées suivant le sens de la stratification, tandis que les grandes failles à gradins coupent les couches aussi bien en direction que suivant le sens de la pente.

Des deux systèmes, celui des gradins est de beaucoup le plus répandu dans le bassin de la Loire. Il est peu de districts où Ton n'en rencontre quelques exemples. Rarement une grande faille est isolée ; d'autres accidents de même direction la précèdent ou la suivent. 11 suffît de jeter les yeux sur les cartes du bassin pour en voir partout de nombreux exemples. Voici les plus saillants :

Au Nord-Ouest de Saint-Élienne, une grande faille déjà citée, celle du puits Robinot, sépare la mine de la Chana de celle de Villards. Au delà une série d'accidents parallèles, ou presque parallèles, découpent les couches

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eu puissants gradins, plongeant tous vers le Sud-Ouest et faisant descendre les veines de proche en proche dans ce même sens (pL XII).

Un système analogue se retrouve à Chaney, an Nord-Est de Saint- Etienne. Depuis la Chazotte, et môme à partir de Sorbiers, on voit une série de failles, à peu près parallèles, qui tontes rejettent les couches . vers le Sud-Ouest* Ce sont des gradins de 100 i 300 mètres, et môme parfois au delà d'un kilomètre de largeur. Telle est la faille qui passe au château de Nanta* entre le Montcel et les mines de Chaney ; telles encore les failles du puits Saint-Jean de Chaney, des puits Mar$ de Méons, et surtout la grande faille du Soleil, qui rejette les couches d'environ 300 mètres* Au delà encore on peut citer l'accident auquel est due la vallée du Furens à Saint-Étienne* etc. (Plan d'ensemble et planches n M VII, IX et X.)

A Saint-Chamond, on observe également un système de failles N«-0.* S.-E.; mais ici les gradins inclinent en sens inverse vers le Nord-Est,

Enfin, à Rive-de-Gier, une série de rejets parallèles précèdent, daitt les concessions du Sardon et du Gourd-Marin, l'importante faille de Gré* zieux. (PL III.)

Il y a quarante ou cinquante ans, on considérait parfois l'intervalle entre deux failles parallèles voisines comme des zones à peu près stériles. C'était la coufllée ou le crain par excellence. Ainsi, dans la concession de Bérard, les anciens plans indiquent tous, à l'Est du puits des Hospices, dans la troisième couche, un large crain stérile de 60 mètres de largeur. On avait poursuivi le charbon, à droite et à gauche, dans des champs d'exploitation indépendants, et l'on s'était arrêté dès que la couche se trouvait amincie. La différence de niveau était cependant de 20 mètres seulement ; il devait paraître bizarre qu'un aussi faible rejet pût rendre stérile une zone de 60 mètres. En effet, vers 1836 à 1840, on se décida à explorer cette redoutable coufllée ; on reconnut alors sans peine que la prétendue zone stérile était au fond un fort beau lambeau de couche, compris entre deux failles, à peu près parallèles, de faible importance.

De pareils exemples ne sont pas rares à Saint-Etienne. Sur tous les anciens plans de mines antérieurs à 1835, on voyait figurer, sous le nom

de crains ou de couflléts, de pareilles zones, où les couches étaient supposées stériles, ou tout au moins bornées par Toie d'étranglement

J'en citerai un deuxième exemple* Sur les plans du Treuil (de 1820 à 1825) on avait indiqué, au sud du puits de la Pompe, dans la cinquième couche, une longue coufflée stérile d'au moins 60 mètres de largeur, et pourtant les travaux d'exploitation, exécutés A droite et à gauche dans la couche régulière, n'avaient accusé qu'une différence de niveau de 2 mètres. Le charbon avait disparu brusquement par une coupure franche ; ce ne pouvait donc être un amincissement par érosion ni un simple étirement* Ce devait être une double faille; mais telle était alors l'insouciance ou l'ignorance des maîtres mineurs, que Ton se bornait à figurer une coufflée partout où se présentait une solution de continuité, sans chercher jamais à franchir celle-ci par des recherches sérieuses. Depuis lors, par les soins de l'ingénieur E. Wery, des fouilles y furent entreprises. On reconnut que l'espace supposé stérile se trouvait borné par deux failles parallèles, à pentes inverses, qui avaient fait simplement descendre dans l'intervalle la couche de charbon de & à 5 mètres.

l'ai cité cet exemple pour montrer combien on doit se 'défier des renseignements fournis par les plans antérieurs à 1860, et à quelles méprises on s'expose en considérant comme stériles les larges espaces jadis teintés comme coufflées ou crains. Ce sont, le plus souvent, des zones bornées par des failles, mais entre lesquelles on retrouve la houille en gradins intacts plus ou moins étendus.

§ 87. — Failles bn échelons. — Comme exemple de faille en échelons, je mentionnerai le crain du Mouillon, à Rive-de-Gier; c'est l'accident qui

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