‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 33 sur 144 · CHAPITRE HL · texte numérisé non relu

CHAPITRE HL

Cependant» il y * réellement des failles courbts, on plutôt des accidents composés d'une série de failles droites pen étendues, qui se rencontrent sons des angles plus ou moins ouverts. Elles forment, par leur réunion, une portion de polygone, dont les divers côtés se limitent réciproquement sans se traverser ni se rejeter, ce qui prouve leur commune origine et leur contemporanéité, malgré la diversité de direction. Je dois même ajouter que je ne connais positivement, dans le bassin de la Loire, qu'un très petit nombre de failles coupant et rejetant d'autres failles plus anciennes* Elles peuvent être plus fréquentes, mais il est difficile de le prouver nettement; et, en tout cas, je puis affirmer que la plupart des (ailles du bassin de la Loire ont pris naissance dès la période houillère même, et sont, pour la plupart, le résultat de mouvements lents, d'une durée très longue. C'est au reste une question sur laquelle nous reviendrons. Pour le moment, disons seulement que si le mouvement a duré longtemps et s'est accentué davantage suivant certaines directions, il a pu en résulter une sorte de rejet d'une faille par l'autre.

Comme failles sinueuses, on peut citer celle qui passe au puits Deville, concession de la Roche (pi. X) et celle du puits Maronnier, déjà mentionnée comme accident bifurqué.

L'ancienne mine de Chaney est bornée par deux failles, qui se rencontrent sans se traverser. Au Nord-Est apparaît la grande faille du puits Saint- Jean; sur elle vient s'embrancher, à angle aigu, la faille du puits Rosan, on de la République, et celle-ci change de direction au puits des Échelles de

la mine de Méons. (PI. IX.)

La grande faille des puits. Mars et Saint-Claude* à Méons, se compose aussi de plusieurs parties, se succédant les unes aux autres, pareilles aux côtés d'un vaste polygone. (PI. VIII et IX.)

A Rive-de-Gier, dans la concession de la Cappe, on peut mentionner la faille du puits Frère-Jean qui, d'abord orientée du Sud au Nord, se recourbe au Nord-Ouest, puis rejoint, par un nouveau coude, l'un des échelons du crain du Mouillon.

Au puits neuf de la Chichonne, concession de la Montagne-du-Feu, deux

failles, Fane de direction, l'autre transversale, se soudent sous un angle aigu et s'y limitent réciproquement. Au point de rencontre, le massif compris entre les deux failles est soulevé de 20 mètres. A partir de là, les deux sauts décroissent en divergeant, puis se perdent l'un et l'autre. Une pareille disposition ne peut évidemment s'expliquer que par la simultanéité des deux accidents. Il en est de môme de la faille du puits Saint-Simon* deMonthieux,qui rejoint à angle droit, sans le traverser, le grand accident du Soleil.

Mais l'exemple le plus frappant de deux failles qui se soudent et se limitent au point de rencontre est celui de Roche-la-Molière. Ce vaste champ d'exploitation est bordé au Nord et à l'Est par deux énormes failles, qui se joignent au domaine du Minois et s'y bornent l'une l'autre sans se croiser. On peut s'en assurer en jetant les yeux sur la carte générale du bassin houiller ou sur le plan de détail. (PL XVI.) La faille du Nord, dite de Landuzière, a produit la profonde gorge du Lizeron; elle court de l'Est à l'Ouest et relève brusquement les couches de Roche-la-Molière contre les assises droites du poudingue stérile de Saint-Chamond. La faille du Gluzel, située à l'Est, longe le pied du coteau de Saint-Genest-Lerpt; elle déplace les couches de 400 à 500 mètres et les ramène au jour dans la vallée du Gluzel. Si l'une des coupures avait précédé l'autre, l'une d'elles, au moins, se prolongerait au delà du sommet de l'angle de jonction. Or il n'y a rien de pareil, ni au Nord ni à l'Est du point de rencontre des deux failles. Remarquons encore que, de ces deux accidents, l'un est parallèle, l'autre perpendiculaire à l'^xe du bassin, et rappelons que ce sont là aussi les deux allures dominantes des couches de houille, et, en général, comme nous allons le voir, la direction ordinaire de toutes les grandes failles. Ces rapports ne sauraient être fortuits; ils prouvent qu'une seule et même cause parait avoir imprimé aux assises, comme aux failles, deux directions sensiblement normales l'une à l'autre.

Mais avant d'aborder cette importante question des mouvements qui ont affecté le terrain houiller, il est nécessaire de donner encore quelques détails sur la direction et Yinclinaison générales des failles du bassin.

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