CHAPITRE IIÏ
§40. — Direction des failles. — ÏÀ direction des failles n'est pas aussi variée qu'une première inspection des plans de mines pourrait le faire croire. Lorsqu'on dégage les grandes lignes de fracture des accidents parasites, on ne tarde pas à reconnaître qu'elles sont, en général, non seulement recti lignes, mais de plus orientées en faisceaux parallèles. Deux groupes surtout sont nettement définis. L'un d'eux est parallèle, l'autre perpendiculaire à Taxe du bassin; delà les noms de failles longitudinale» et de failles transversale», par lesquels je les désignerai à l'avenir.
La direction des failles obéit aux mêmes lois que l'allure des couches. L'une et l'autre résultent des mouvements du sol qui ont façonné le bassin. Quand on compare l'allure des failles à celle du terrain, on voit que les mêmes accidents coupent les assises tantôt suivant le sens de leur pente, tantôt parallèlement à leur direction.
Au voisinage de la lisière du bassin, et surtout là où sa largeur est faible, les failles longitudinales sont de véritables failles de direction; elles affectent les couches le long d'une ligne de niveau.
Par contre, auprès des grandes failles transversales, et surtout là où lé bassin est large, les couches elles-mêmes prennent assez souvent, dans les districts du centre, la direction des grandes failles transversales. Les failles changent alors de rôle. Celles qui sont transversales deviennent des failles de direction, et les failles longitudinales sont parallèles aux lignes de pente.
Ainsi, un même accident peut tour à tour devenir faille de direction ou faille d'inclinaison. Tout dépend du district auquel elles appartiennent.
Comme failles transversales, devenues en réalité failles de direction, je citerai celles des vallées du Furens et du Cluzel. Là, toutes les couches sont à peu près orientées, comme les failles, du Nord au Sud, ou, plus exactement, sur Nord 15* à 20° Ouest; et réciproquement, la grande faille longitudinale de Landuzière limite au Nord les couches de Roche-la-Molière, en les soulevant normalement à leur direction générale.
Le nombre des failles transversales est plus grand que celui des failles
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longitudinales dans le bassin de la Loire. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur la carte d'ensemble. Les plus considérables» après les deux que j'ai déjà nommées, sont la faille du Dorlay à Rive-de-Gier, plu* sieurs des failles de Saint-Chamond, celles du Langonan et de Saint- Jean de Bonnefonds 9 les deux failles de Monthieux et du Soleil, celles de la Renaudière et du puits des Chaux à Firminy, etc., etc.
Les failles longitudinales sont non seulement moins nombreuses mais aussi moins apparentes. Souvent elles se confondent avec les précipitées de mines, ou sont même simplement accusées par une sorte de relèvement ou de laminage des couches. C'est du moins le cas là où elles sont parai» lèles aux bancs du terrain, et surtout dans les districts où le redressement des bancs est raide, comme au pied de la chaîne de Pilât. Les plus considérables sont le crain du Mouillon à Rive-de-Gier, la série des failles qui suivent le pendage opposé, depuis Couzon jusqu'au Reclus, les failles du Ban au Nord de Combérigol, les failles de Bel-Air et de la Massardière à Terre-Noire, celles de la Richelandière et de Villebœuf près de Saint- Etienne, les failles de la Croix-de-1'Orme, de Barlet et de la Barge, dans la vallée de l'Ondène, et celles qui se rencontrent, au Nord et au Sud de la crête du Deveix, entre Saint-Étienne et Firminy.
§ il. — Inclinaison dbs pailles. — L'inclinaison des failles varie entre des limites très larges. Celle des failles longitudinales est en général forte, parfois verticale ; elle se ressent de la compression latérale qu'a subie le bassin. Par contre, celle des failles transversales est rarement supérieure à 45° ou 50°; quelques-unes sont même très plates* et dégénèrent alors en zones d'étirement; je citerai les failles du Sardon et du Gourd-Marin à Rive* de-Gier, et celle des Maures à la Béraudière, auprès du puits du Crêt de Mars.
L'inclinaison n'est d'ailleurs pas toujours invariable; forte dans les assises dures, elle est faible dans les assises tendres. Les failles sont alors ondulées ou bosselées. On voit même parfois, dans le cas des failles longitudinales, la pente osciller autour de la verticale ; aussi, lorsqu'on veut fixer le sens de la faille, faut-il ne pas se borner à constater son allure sur une