‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 35 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

faible étendue. On ne peut éviter les chances d'erreur qu'en suivant les failles dans le sens de la plongée, sur une longueur d'au moins 15 à 20 mètres.

L'inclinaison , comme la direction des failles, est soumise à des lois fixes. J'ai fait remarquer le parallélisme des failles dans un même district, où elles tendent à former, dans leur ensemble, un véritable système de failles. Or, ce parallélisme se manifeste en général aussi bien sous le rapport de l'inclinaison que sous celui de la direction. Je dis en général, mais non pas toujours ; ainsi, à Rive-de-Gier, les deux plus importantes failles transversales sont à pentes opposées; celle de Féloin incline à l'Ouest, celle du Dorlay à l'Est ; au delà, les failles du Plat-de-Gier, de Combérigol et du Fay plongent de nouveau vers l'Ouest, tandis qu'à Saint-Chamond revient la pente inverse vers l'Est.

A Saint-Étienne, la plupart des failles transversales font descendre les couches de l'Est à l'Ouest. On peut citer les nombreuses failles de la vallée du Langonan, de la Chazotte, du Montcel, de Ghaney, de Reveux et de Méons.

En avançant vers l'Ouest, on rencontre les grands accidents du Soleil, du Furens, de Villards, du Cluzel, etc., qui tous inclinent, dans le même sens, de l'Est à l'Ouest. On doit cependant mentionner quelques failles à pente opposée dans les concessions de la Barallière, de Terre-Noire et de Monthieux.

§ 42. — Allure des couches au voisinage des failles. — Puisque les failles déplacent les couches de houille, il importe de signaler les circonstances spéciales qui accompagnent ce déplacement. A priori, on doit s'attendre à voir les assises du terrain, le long des failles, s'infléchir toujours vers le plan de la faille, en sorte que le sens de l'inflexion serait alors déjà un indice du sens vers lequel penche la faille elle-même. Ainsi, lorsqu'une couche de houille s'abaisse vers une faille, il semble naturel de penser que le rejetlement a dû se faire en profondeur; et inversement, lorsqu'elle se relève vers le plan de la faille, on est porté à conclure que la couche a dû être remontée. Telle est en effet la disposition ordinaire, mais elle n'est

)>a* générale. Parfois les couches affectent une allure inverse ; elles se relèvent vers la faille lorsque celle-ci se rejette en profondeur, et s'abaissent à son approche dans le cas contraire.

Le croquis ci-joint indique la disposition ordinaire, et celle que Ton peut appeler anormale.

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Disposition ordinn ir?

Disposition anormale

Il est arrivé assez souvent que les mineurs ont été trompés par l'ai lure anormale. Du sens de l'inflexion ils ont conclu celui de la faille, et recherché la couche rejetée avant d'avoir dépouillé le plan même de la faille. Or, d'après ce que nous avons déjà dit, il est d'autant plus nécessaire de suivre la faille elle-même, qu'elle peut être ondulée ou ramxfiée.

La disposition anormale que je viens de signaler semble provenir, comme les failles inverses, d'une sorte de refoulement latéral. Elle se rencontre surtout le long de la lisière sud du bassin, là où les failles longitudinales sont presque verticales. Un exemple frappant nous est fourni par les travaux du puits Saint-Paul de Grézieux, concession du Sardon. (PI. IV.) A partir du thalweg souterrain la grande couche de Rive-de-Gier se relève vers le puits Saint-Paul sous l'angle de 40 à 50°, puis s'y replie en sens inverse, en plongeant très fortement à rencontre de la faille limite, faille qui ramène la couche vers les affleurements, au lieu de l'abaisser dans le sens de l'inflexion de la veine.

Voici le croquis du puits en question :

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