‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 41 sur 144 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

que le toit et le mur sont tous deux partiellement disloqués, et que la couche elle-même, s'il en reste quelques débris, se compose de charbon plus ou moins broyé. Tout indique une action mécanique fort énergique, peu différente de celle qui a amené les failles. En réalité, comme nous allons le voir, ce sont, pour ainsi dire, des failles incomplètes, des failles en germe. Il y a eu glissement, comme dans les précipitées de mines, mais avec complète solution de continuité, et, au fond, les précipitées de mines sont aussi de véritables étranglements; elles sont associées aux failles de direction, comme les barrages le sont aux failles transversales. Quelques auteurs appellent indifféremment tous les amincissements de couches des barrages. Pour éviter toute confusion, il me parait nécessaire de les distinguer des amincissements précédemment étudiés, et de n'appeler barrage ou étranglement que les changements d'épaisseur qui résultent positivement d'une action mécanique postérieure, pareille à celle qui produit les précipitées de mines.

Je n'ai pas à revenir sur ces derniers accidents, déjà décrits à l'occasion des failles de direction ; mais, pour bien faire comprendre la nature et les caractères des étranglements dus aux failles transversales, je ne saurais mieux faire que de signaler avec quelques détails les faits que j'ai eu occasion d'observer au puits Bourret, à Rive-de-Gier, en d847. Nulle part, si je ne me trompe, les étranglements ne sont aussi nombreux, dans le bassin de la Loire, que dans les concessions du Sardon et du Gourd- Marin, surtout au voisinage de la grande faille transversale de Grézîeux, où l'on observe un véritable système de petites failles parallèles, toutes remarquables par leur faible inclinaison, et dont plusieurs dégénèrent positivement en simples étranglements.

Le puits Bourret est lui-même tombé sur l'un de ces barrages* En partant d'un point quelconque des travaux de la grande couche, pour se rendre au puits lui-même, on voyait le mur de la couche s'élever insensiblement et le toit s'abaisser de même, tandis que la houille se trouvait entre eux deux littéralement broyée, et même réduite, au centre du barrage, de la puissance de 9 mètres à celle de quelques décimètres. Au

mur de la couche on apercevait d'ailleurs un mince filet d'argile jaune, pareil aux salbandes des failles ordinaires, et provenant, comme ces dernières, de la trituration des schistes par frottement. Au-dessus du charbon le toit était plus ou moins disloqué. Le barrage s'allonge normalement à Taxe du bassin, à la façon des failles transversales du même district. 11 n'y a pas rejettement proprement dit, mais simple étiremenl ou laminage de la couche, suivant le sens où plongent les failles voisines. Au fond, une faille transversale, coupant une couche de houille suivant un plan peu différent de celui de la couche elle-même, produirait un effet tout à fait pareil à celui de l'étranglement que l'on observe au puits Bourret. Les deux croquis ci-joints, dont l'un représente l'étranglement existant et l'autre les effets produits par une faille plate, montrent bien ce que l'hypothèse en question peut avoir de plausible.

Barrage du puits Bourret Couche coupée par une faille plaie

Au surplus, je citerai, à l'appui de ce qui précède, les deux faits suivants, observés, dans la même mine, à peu de distance de l'étranglement dont je viens de parler.

Les travaux du puits Bourret sont limités au Sud-Ouest par l'un des gradins précurseurs de la grande faille de Grézieux. Or, en deux points différents de la mine, j'ai reconnu que le plan de ce gradin coupe la couche sous un angle de moins de 20°. Le mur est relevé par la faille, et la houille taillée en biseau et fortement froissée au voisinage de l'accident.

Dans une autre partie de la même mine j'ai rencontré deux rejets parallèles, qui font avec le plan de la couche un angle d'environ 30°, et avec le plan horizontal un angle d'au plus 10°. Ces exemples prouvent,

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