CHAPITRE IV
Parmi ces combustibles, les houilles se rencontrent seules dans le bassin de la Loire ; aussi désormais nous ne nous occuperons que de ces dernières.
§ 50. — Classification des houilles. — Le tableau précédent prouve que les houilles proprement dites comprennent des combustibles très
divers. Le rapport -rr- y varie, en effet, de 4 à 1, et la proportion de coke
de 0,50 à 0,90. Aussi peut-on y distinguer cinq types, reliés entre eux par des charbons limites, qui passent d'un type au suivant, mais sans que pour cela les types eux-mêmes soient moins nettement caractérisés.
• Les cinq types sont surtout établis d'après la nature et la proportion du charbon fixe, c'est-à-dire d'après l'analyse immédiate pat* simple distillation, plutôt que par l'analyse élémentaire. J'ai montré, en effet, dans le mémoire précité, que si l'analyse élémentaire s'accorde, en général, avec l'analyse immédiate, il y a cependant quelquefois léger désaccord, à cause du mode de combinaison des trois éléments dont se compose la houille, et qu'alors les propriétés du combustible, et en particulier son pouvoir calorifique, s'accordent beaucoup mieux avec l'analyse immédiate qu'avec l'analyse élémentaire.
La valeur d'une houille dépend, en effet, principalement de son pouvoir calorifique. Or ce dernier croît et décroît avec la proportion de char* bon fixe que laisse la houille par la distillation en vase clos. Il ne lui est cependant pas rigoureusement proportionnel; aussi ne peut-on le calculer ni en partant de cette proportion de charbon fixe ni surtout en se basant sur l'analyse élémentaire. Il faut le déterminer directement, dans chaque cas particulier, par des expériences délicates au calorimètre. Ces essais ont été entrepris sur des houilles très variées par MM. Scheurer-Kestner et Ch. Meunier de Mulhouse; et c'est en partant de ces recherches que j'ai pu fixer approximativement, pour chaque type, les limites entre lesquelles varient les pouvoirs calorifiques. Ces pouvoirs sont exprimés en calories, c'est-à-dire par le nombre de kilogrammes d'eau que l'on pourrait échauffer de i° C. par chaque kilogramme de houille brûlée. J'ai d'ailleurs comparé
ces résultats à ceux que l'on a obtenus en grand par des essais de vaporisation. Le tableau résumé que j'ai dressé ci-qprès donne, pour chaque type, ces résultats en calories et en kilogrammes d'eau vaporisée.
J'observerai encore, au sujet de ce tableau, que la valeur des houilles dépend aussi de l'élat de cohésion, qui permet d'obtenir, lors de l'abatage, une proportion plus ou moins élevée de gros, ainsi que du pouvoir agglomérant, en vertu duquel la houille est plus ou moins grasse ou collante, c'est-à-dire fond et s'agglomère plus ou moins bien sous l'action de la chaleur. À ce double point de vue, je remarquerai que les houilles sont d'autant plus dures ou résistantes qu'elles renferment plus d'oxygène, c'est-àdire se rapprochent ainsi davantage deslignites proprement dits, et, d'autre part, qu'elles sont d'autant plus collantes que la proportion d'hydrogène y est plus forte relativement à celle de l'oxygène, ou que, par l'analyse immédiate, on obtient plus de bitume et moins d'eau. D'après cela, le type le plus voisin des lignites n'est pas collant, à cause de l'excès d'oxygène, et le cinquième type, qui passe aux anthracites, n'est pas gras à cause de la minime proportion d'hydrogène. Pour ne pas confondre ces deux types, dont le premier comprend le maximum, et le dernier le minimun d'élémenis volatils, je désignerai l'état non collant du premier par le mot sec, et l'état non collant du second par le mot maigre. Il importe de ne pas confondre ces deux termes.
Remarquons encore que Yéclat d'une houille est d'autant plus vif qu'elle est plus grasse ou plus hydrogénée, et que les houilles dures oxygénées sont relativement ternes et à poussière brune ; tandis que les houilles grasses et surtout les anthracites sont noires. Enfin, l'éclat, toutes choses égales d'ailleurs, est d'autant plus faible que la proportion de cendres est plus considérablee
Dans le tableau ci-après dressé, comprenant les cinq types de houille, tous les chiffres se rapportent à des combustibles purs, sans éléments terreux; mais on sait qu'en réalité il n'en est point ainsi. Les houilles les plus pures renferment au moins i à 2 pour 100 de cendres, et souvent 8 à 10 et plus. Outre cela, le menu est mélangé de fragments de schistes, en