‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 6 sur 144 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

La grosse grate est surtout abondante au toit des couches de Rive-de-

Gier. Tous les puits de ce district la traversent, sur une hauteur de 100 a

300 métrés, avant d'atteindre les grès fins et les schistesau milieu desquels

se trouvent les couches de houille.

Dans la grate ordinaire, sorte de poudingue de moyenne finesse, les éléments les plus gros sont de la taille d'une noix. Ils se composent surtout de roches dures. Une trituration prolongée transforme les masses tendres en sable fin; les micaschistes disparaissent les premiers, puis viennent les gneiss, les porphyres et les granités. Le quartz résiste davantage. Aussi les poudingues a galets fins sont-ils surtout remarquables par la prédominance des nodules quartzeux blancs. Lorsque la roche provient de la destruction des micaschistes, elle se compose presque exclusivement d'une pâte argilomicacée au milieu de laquelle apparaissent de nombreux nodules quartzeux d'un blanc vitreux. Tels sont, en particulier, les poudingues micacés de Saint-Chamond et du mont Reynaud, dans la partie haute de l'étage stérile de Rive-de-Gier; et celui de la Richelandière, duboisd'Aveizeetdu Deveix, au toit de l'étage supérieur de Saint-Étienne.

Le poudingue quartzo-micacé, entremêlé de grès schisteux micacé, est l'une des roches les plus communes du bassin de la Loire. Elle est en général irrégulièrement stratifiée. Les bancs sont ondutés et d'épaisseur inégale. Souvent ils se présentent sous forme de lentilles aplaties, entourées de feuillets concentriques a grains fins, formés des mêmes éléments que la pâte du poudingue. Ce sont les caractères d'un dépôt torrentiel souvent

remanié (fig. 1). Le mica argentin y est tellement abondant que la roche brille au soleil plus que le micaschiste lui-même. Sa teinte générale est

le gris- perle passant au vert-clair. Sur quelques points cependant la nuance verte, due au silicate de fer, passe, par suroxydation, au rouge violacé. C'est le grès, ou plutôt, la grate rouge des mineurs de la Loire, sorte de roche micacée, sableuse, plus ou moins chargée de galets quartzeux blancs. Entre Saint-Chamond et Firminy, le grès et le poudingue micacé rouge se montrent à plusieurs niveaux, en masses considérables, au pied du Pilât. En suivant la route neuve, qui va de Saint- Etienne à Rochetaillée par Valbenoîte et le Rey, on constate, dans les tranchées du chemin, au moins dix gros bancs de grès ou de poudingue rouge, au milieu du conglomérat ordinaire quartzo-micacé, de nuance grise ou verte. On le rencontre également au bois d'Aveize, à la colline de Saint-Roch audessus de Chantegrillet, au puits de la Vogue de la concession de Villebœuf, sur la rive droite de TOndène au-dessus du Chambon, etc. Sur tous ces points, il est bien supérieur au grès rouge des puits de la Péronnière et du Plat-de-Gier. Ce dernier ne saurait, par conséquent, caractériser un niveau géologique déterminé, comme on l'avait supposé il y a quinze ou vingt ans.

Dans les parties centrales du bassin et surtout au voisinage du granité et du gneiss, dans les districts de Roche-la-Molière et de Sorbiers, abonde la taille grateuse des mineurs. C'est un poudingue dont le ciment se compose de grès houiller ordinaire, et dont les galets quartzeux et granitiques ne dépassent guère la taille d'une noisette. Il alterne en gros bancs réguliers avec le grès lui-même, et n'est au fond qu'une sorte de grès devenu caillouteux par places.

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