‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 7 sur 144 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

de la Loire. La variété la plus abondante et la plus caractéristique est celle que Ton utilise comme pierre de taille et que les ouvriers appellent taille par ce motif. Ce grès n'est au fond que la pâte qui constitue la taille grateuse. C'est une sorte d'agrégat uniforme de grains quartzeux et feldspathiques, reliés entre eux par une pâte d'origine kaolinique. Sa couleur ordinaire est le blanc passant au gris clair, plus rarement au jaune ocreux pâle. La roche est toujours plus ou moins micacée et à ciment argileux ; mais à ce ciment se mêle en général un peu de carbonate de chaux ; car les acides provoquent souvent une effervescence assez marquée. On trouve- même, çà et là, dans les' fissures de la roche, de minces veinules de chaux carbonalée spathique.

Les grains feldspathiques sont blancs opaques, le quartz gris translucide. Dans le bassin de la Loire on ne rencontre pas, comme à filanzy, des grès à feldspath rose, ou du moins ils y sont extrêmement rares.

La grosseur des grains est assez variable; dans l'espèce ordinaire, qui ne passe ni au grès schisteux ni au poudingue, ce diamètre mesure i à 3 millimètres. Les variétés fines et peu dures sont appelées taille douce. On recherche ces dernières pour les façades sculptées, quoiqu'elles s'y prêtent assez mal. Le grès houiller est plus ou moins gélif; il se délite à cause de sa porosité, ainsi que le prouvent les arêtes émoussées des anciens édifices de Saint-Étienne. Plusieurs circonstances favorisent d'ailleurs la désagrégation. L'élément calcaire se nitrifie, le fer carbonate uni au ciment argilocalcaire se suroxyde, et les pyrites blanches, disséminées dans la roche, tendent à s'effleurir. Aussi voit-on partout les anciennes pierres de taille de qualité ordinaire couvertes de taches ocreuses. Peu de blocs sont d'ailleurs exempts de débris charbonneux, ou d'empreintes houillères.

La stratification des grès est partout bien marquée; mais tandis que certains bancs mesurent 10 à 20 mètres, d'autres massifs apparaissent divisés, par de minces lits d'argile schisteuse, en strates de œ ,50 à 2 mètres de puissance.

Le premier cas est de beaucoup le plus fréquent. Je citerai les bancs exploités au Mouillon près de Rive-de-Gier, au Parterre près de Saint-

Chamond au Treuil près de Saint-Etienne, à Roche-la-Molière, etc. Je mentionnerai encore les puissantes masses qui séparent, au Treuil et à Bérard, les couches n°4 et 5; et celles non moins fortes que Ton rencontre entre les diverses couches de l'étage inférieur de Saint-Étienne, à Chaney, la Chazotte, Roche-la-Molière» Firminy, etc.

Un exemple caractéristique de la seconde manière d'être nous est fourni par les grès qui servent de toit & la couche n° 8, dans les concessions de Montsalson et du Cluzel. On peut observer la succession régulière des assises minces, en suivant l'ancienne route de Saint-Étienne à Saint- Just, à la descente de Côte-Chaude dans la vallée de Cluzel.

La distinction dont je viens de parler n'est pourtant pas absolue. De grands massifs, où tout indice de stratification manque en certains points, se partagent ailleurs en bancs fort apparents.

La puissance des strates semble dépendre en partie de la finesse de la roche : les bancs sont d'autant moins forts que le grain de la roche est moins gros. La taille grateuse et les grès grossiers forment d'épais massifs; les grès les plus fins se partagent en strates de 1 à 2 mètres. Ceux-ci, à leur tour, se transforment en grès schisteux lorsque les grains échappent à l'œil nu. 11 suit de là que certains massifs, ou certains bancs, ne sont pas limités par des surfaces parallèles. Les plans de stratification convergent du côté où le grain est fin. Il en résulte des bancs en forme de coins qui s'amincissent et disparaissent tantôt dans le sens de la direction et tantôt dans celui de la pente. Nous en citerons des exemples dans le paragraphe consacré aux accidents du terrain houiller. (Voy. § 21.)

Outre la roche ordinaire, appelée taille, dont je viens de parler, le terrain de la Loire renferme plusieurs autres variétés de grès. Lorsque les grains sont moyennement fins et entremêlés de paillettes micacées, la roche se divise souvent en plaques régulières, que l'on recherche pour dalles de trottoirs, ou marches d'escaliers, et souvent aussi pour meules à aiguiser. Tels sont les bancs qui couvrent les couches n° 1 et 2 au quartier Gaillard, et ceux qu'on exploite, dans l'étage inférieur, à Roche-la- Molière et à Firminy.

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