‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 8 sur 144 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Le grès à dalles se transforme à son tour en grès schisteux proprement dit, lorsque les éléments deviennent menus. Les mineurs en distinguent trois sortes : le gros gore s le grès manifer et le grès schisteux-micacé, dit lose ou lause\

Le gros gore est un grès fin schisteux, argilo-charbonneux, passant au schiste houiller proprement dit, appelé gore. Il est en général peu dur, coloré en gris noir, plus ou moins foncé; il se délite à l'air, et s'y transforme rapidement en une masse argilo-sableuse peu consistante. Ses feuillets sont couverts d'empreintes végétales; mais, à cause de la grosseur du grain de la roche, les plantes sont le plus souvent assez mal conservées.

Le manifer est un grès schisteux dur et consistant, qui doit sa ténacité à un mélange intime de carbonate de fer. La proportion ordinaire de ce ciment ferrugineux est de 12 à 15 pour 100. Dans deux échantillons exceptionnels de Rive-de-Gier, passant au minerai houiller, Berthier a constaté des teneurs de 22 et 40 pour 100 (voir le Traité des essais par la voie sèche, tome 2, p. 258).

Les gros gores et les manifers se rencontrent, tantôt au milieu des grandes masses de schistes, tantôt à la séparation des schistes et des grès; plus rarement au toit immédiat des couches de houille.

A Rive-de-Gier, on les connaît surtout entre la grande couche et les b& tardes.

A Saint-Etienne, dans l'étage moyen, entre les couches n« 1 à 3 et 5 à 7.

Le grès schisteux-micacé n'est autre chose que le poudingue de même nom, privé de ses galets quartzeux. 11 alterne avec ce poudingue ; il est comme lui essentiellement composé de paillettes de mica, et comme lui aussi, tour à tour coloré en vert ou en rouge, selon le degré d'oxydation du silicate ferreux. Les mineurs l'appellent /ose 1 , quand le grès verdâtre passe au

4. Les mineurs de la Loire donnent surtout le nom de lose au schiste friable, micacé ou talqueux, du terrain ancien; mais, par extension, ils appellent aussi ainsi le schiste argilo-micacé recomposé du terrain houiller. Ce mot de lose fut probablement importé, comme beaucoup d'autres termes de mines, par les mineurs allemands. Loses gestein signifie roche tendre sans consistance. Je dois rappeler cependant que, dans les Hautes-Alpes, les ardoises du pays sont appelées lauses et que plusieurs localités, où Ton exploite des ardoises, S9 nomment Lauzet.

schiste friable, presque entièrement formé d'argile micacée, et gore rouge lorsque le fer s'y trouve suroxydé.

J'ai déjà dit, en parlant du poudingue quartzo-micacé, combien le grès schisteux-micacé était répandu à tous les niveaux du terrain houiller, le long du pied de la chaîne du Pilât, entre Saint-Chamond et Firminy. 11 domine aussi au toit de la huitième couche de Saint-Élienne et caractérise en outre la partie haute de l'étage supérieur, ainsi que l'étage stérile de Saint-Chamond.

L'ancien chemin de fer de Montrambert traverse ces roches en tunnel sous le village de la Béraudière. C'est un grès micacé verdâtre, dur à percer, mais tombant en sable sous l'influence réunie de l'air et de l'eau ; il contient sur ce point de nombreux nodules sphériques de fer carbonate lithoide, peu riche, de la grosseur d'un œuf.

Au toit de la huitième couche, et dans l'étage inférieur de Saint- Etienne, le grès micacé est plus solide ; il passe au poudingue quartzomicacé. Sa teinte est d'un gris perle argenté, sa stratification irrégulière et ondulée. On peut l'observer, au nord de Saint-Étienne, au Mont-Reynaud et à Longiron au mur des étages stéphanois, et, au toit de la huitième couche, dans la tranchée du chemin de fer de Lyon, coupant le coteau qui relie Montheil à Monthieux.

Le gore rouge se montre, près du Chambon, dans les parties les plus hautes de la formation houillère. Au premier abord, il semble assez ferrugineux ; aussi dans des prospectus, devenus célèbres, n'a-t-on pas craint, il y a trente ou trente-cinq ans, de le qualifier de minerai de fer; quoique sa teneur réelle ne fût pas supérieure à 7 ou 8 pour 100, et celle des échantillons les plus riches à 10 ou 12 pour 100. Ce grès ferrugineux avait, au reste, déjà frappé l'ingénieur Guényneau en 1809. Dans un mémoire sur les richesses minérales du département de la Loire, cet ingénieur le décrit, à Valbenolte, sous le nom de fer micacé rouge 1 .

II me reste à dire quelques mots d'une dernière espèce de grès, sorte d'arkose, qui semble, au premier abord, ne pas appartenir au terrain houiller, tant son faciès est étrange.

\ . Journal des mines, t. XXV, p. 469.

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