‹ Bassin houiller de la LoireChapitre 83 sur 144 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

un amaigrissement très sensible. Dans le bassin de la Loire, ce fait apparaît nettement lorsqu'on compare le charbon pris, à divers niveaux, dans les 8 6 et iâ e couches de Saint-Étienne et dans la grande couche de Rive-de-Gier

Près des affleurements et à moins de cent mètres de profondeur, la 8° couche laisse moins de 0,70 de charbon fixe; ainsi à Villards (n* 46 et 47), 0,65; dans la concession de Bérard (n oa 50 et 51), 0,67 à 0,68; à la mine du Bessard, concession de Méons (n M 52, 53, 54), 0,685 à 0,70, et, d'après les essais de MM. Desbief el Chanselle, au puils des Baraudes, concession de Montsalson, 0,675 ; au puits de Montaud, concession du Quartier Gaillard, 0,686 et au puits de la Manufacture, concession du Treuil, 0,697 ; tandis qu'aux profondeurs de 300 mètres, aux puits Jabin et du Treuil, on trouve 0,738 et 0,737 ; au puits Chatelus, concession de Montsalson, 0,77 à la profondeur de 425 mètres (n« 99), et même 0,775 à Villebœuf à la profondeur de 525 mètres (n° 99 bis).

Les nombreux essais de MM. Desbief et Chanselle confirment pleinement l'accroissement régulier du carbone fixe, dans les mines du Treuil et de Terrenoire, à mesure que l'on descend des niveaux supérieurs vers l'aval pendage.

Des modifications analogues s'observent dans la 13 e couche, quoique d'une façon moins prononcée, parce qu'elle est partout riche en carbone.

Au puits de V Étang, concession de Méons, au puits Sainte-Marie, concession de Ghaney et au puits Rosan, concession de Reveux (n oa 93, 94 et 95), où la profondeur ne dépasse guère 100 mètres, la proportion de charbon fixe est, dans cette couche, de 0,75 à 0,76 ; tandis qu'au puits Saint-Louis el auprès de la faille du Soleil, où la profondeur dépasse 300 mètres, on trouve 0,777 et 0,78 (n« 97 et 98).

La proportion de carbone fixe croit également avec la profondeur à Rive-de-Gier; la loi se manifeste dans les petites couches, comme dans la grande masse ; seulement, il convient d'observer dès maintenant que pareille modification s'observe aussi, assez souvent, en poursuivant certaines couches de houille, au même niveau, dans le sens de la direction, ou, en d'autres termes, comme nous l'avons déjà dit, en passant d'un district à un autre.

C'est ainsi que, dans le bassin d'Ahuri (Creuse), toutes les couches, sur moins de six kilomètres en direction, donnent du charbon gras aux deux extrémités et du charbon maigre vers le milieu- De même dans la Loire, à la mine de Roche-la-Molière, les diverses couches du district s'amaigrissent notablement vers le Nord et deviennent, au même niveau, plus riches en matières volatiles vers le Sud ; et cette modification se manifeste surtout en s'avauçant plus encore vers le Sud, dans les districts de la Malafolie et de Firminy.

11 se pourrait donc qu'une modification analogue se fit aussi en partie sentir, suivant le sens de la direction, dans la partie du district de Rive-dc- Gier comprise entre Couzon et la Grand'Croix; mais, depuis la Grand' Croix, l'influence de la profondeur est, en tout cas, prépondérante. Cela résulte d'une façon positive des chiffres suivants, tirés du tableau des analyses.

Dans la partie orientale de Rive-de-Gier, les charbons des concessions de Couzon et des Combes donnent 0,66 à 0,67 de charbon fixe (n M k% 43 et 49). Aux Verchères* au Sardon, au Reclus et à la Grand'Croix, où les profondeurs n'atteignent pas 300 mètres, les proportions de charbon fixe oscillent entre 0,685 et 0,72 (n 01 78, 79 et 88 à 91.) Aux profondeurs plus grandes des puits d'Assailly, concession de Loretle (n° 112), des puits Camille et Saint- Antoine, concession de la Péronnière (n* 114 et 115), du puits Saint-Claude, concession de Combérigol (n°* 119), on trouve 0,785 à 0,81. Enfin, au puits Saint-Privat, concession du Plat-de-Gier (n° 120), 0,81 à 0,85.

En résumé, on le voit, si les mômes couches se modifient parfois, au même niveau, en passant d'un district au district voisin, les modifications les plus considérables dans la nature chimique des houilles semblent être surtout le résultat de la profondeur, et cela, soit que l'on envisage chaque couche en elle-même à ses divers niveaux, soit que l'on compare entre elles les principales veines, placées les unes au-dessous des autres, dans un même district.

Nous verrons plus tard quelles conséquences on peut tirer de là, lorsqu'on cherche à se rendre compte des causes qui ont transformé en houille, dans le sein de la terre, la matière végétale des temps anciens.

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