Annale* des mines, i rt série, t. Vf
houille, permet de dire si deux couches, exploitées sur des points divers d'un bassin donné, sont contemporaines ou non, ou du moins, si elles appartiennent à un même faisceau ou ensemble de couches. On peut aussi parailéliser, ou différencier, par ce moyen, les étages, ou faisceaux, appartenant à des bassins divers, c'est-à-dire constater non seulement si un bassin houiller appartient au terrain carbonifère inférieur, moyen ou supérieur, mais encore si l'étage en question appartient à la base, au centre, ou à la partie haute des terrains carbonifères inférieur, moyen et supérieur.
Pour accomplir un pareil travail, il faut être botaniste consommé ; il faut pouvoir comparer les restes fossiles aux végétaux vivants; il faut de plus étudier les débris fossiles, non seulement dans le cabinet, mais encore sur p/ace, dans les mines, car il importe de constater les rapports des feuilles, des tiges, des fleurs et des racines; en un mot, recomposer sur les lieux mêmes le végétal entier depuis sa racine jusqu'aux feuilles et aux fleurs. Pour un pareil travail, j'étais complètement incompétent, et si j'ai pu constater, dans mes nombreuses visites de mines, que certaines couches étaient spécialement caractérisées par des Fougères ou des Calamités, et d'autres par des troncs de Sigillaires ou de Conifères, etc., il y a loin de là à l'étude scientifique, approfondie, des restes houillers de la Loire. Heureusement ce travail a été accompli, avec une rare ténacité, par M. Grand' Eu ry, sous la direction du regretté Ad. Brongniart. 11 a résumé dans un travail important, hautement apprécié par l'Académie des sciences de Paris, ses études persévérantes de douze années, faites d'abord à Saint-Étienne même, puis dans plusieurs voyages entrepris en vue d'explorer comparativement les houillères de la France et de l'étranger. Les détails dans lesquels je vais entrer sont, par suite, presque entièrement extraits du beau volume de M. Grand'Eury \ Je ne pouvais suivre, en pareille matière, un guide plus sûr.
Disons encore que les restes organiques du terrain houiller de la Loire appartiennent presque tous au règne végétal. La faune est extrêmement pauvre. En dehors de quelques ailes d'insectes et de quelques écailles
4. Flore carbonifère du département de la Loire et du centre de la France, par II. C. Grand'Eury, ingénieur à Saint-Étienne. (Extrait ûu Recueil des savants étrangers, 4877. Imprimerie nationale.)