RIVIÈRE SASKATCHEWAN
La Saskatchewan prend sa source dans un nombre de cours d'eau découlant des rampes orientales des montagnes. Ces cours d'eau forment les branches nord et sud, qui se réunissent à 26 milles en aval de Prince Albert pour former la rivière qui atteint en cet endroit son plein volume d'eau qu'elle transporte jusqu'au lac Winnipeg. La Saskatchewan-nord sur laquelle sont situés Prince Albert et Edmonton de même que plusieurs autres villes, à une longueur jusqu'à son confluent avec la Saskatchewan-sud de 760 milles; et la Saskatchewan-sud ayant sur ses rives Saskatoon, Medicine Hat, Lethbridge et Calgary, a 865 milles de long; la Saskatchewan propre, depuis la bifurcation jusqu'au lac Winnipeg, a 340 milles.
La rivière, depuis assez loin en amont de la bifurcation, circule entre de hautes berges d'argile escarpées, d'une altitude de 80 pieds ou plus, avec ici et là des petites étendues le long d'anciens éboulements où la haute terre est à quinze ou vingt chaînes dans l'intérieur, et les berges à pas plus de dix pieds au-
dessus de l'eau. La Coupe mise à découvert par l'escarpement des berges laisse voit Par-ci par-là des cailloux dans l'argile sa. bleuse et, sur plusieurs milles, une bande horizontale persistante formée de cailloux en blocs aplatis disposés à quelques pieds d'intervalle, s'avance en saillie le long de la paroi à une hauteur, près de la bifurcation, d'environ 40 Pieds au-dessus de l'eau. Cette bande de cailloux est surmontée de 30 pieds ou plus d'argile sableuse jaune clair. La distribution régulière de ces cailloux donne à croire qu'ils ont été déposés par des glaces flottantes. M. Hind à signalé des bandes très analogues sur la Saskatchewan-sud en aval de l'Elbow!, On aperçoit deux étages de cailloux séparés Par un intervalle de 20 pieds dans les falaises d'argile plus bas sur la rivière. Là où nous les avons d'abord remarqués, ils étaient à 15 pieds audessus de l'eau, mais, en descendant la rivière, leur élévation augmente relativement au niveau de l'eau bien qu'évidemment, ils conservent la position horizontale. L'étage inférieur se compose de très gros morceaux de calcaire usé Par l'eau, de granite et de cailloux gneissoïdes: il est surmonté par un sable durci renfermant des cailloux lequel Supporte une argile stratifiée extrêmement fine, se Cassant en couches excessivement minces qui enveloppent des parcelles détachées de sable, des petits cailloux et des aggrégations de parcelles de sable. Au-dessus de cette argile stratifiée se trouve de l'argile jaune et du sable stratifiés. L'argile fine à dû être déposée sous une eau très calme; l'examen microscopique qu'on en a fait par la suite n'a
tremble et de pin des rochers. L'étendue je rivière qui va jusqu'au delà du rapide Nipawin est car: tériséé par un alternance de berges uniformes basses et arrondies ::t de hautes falaises escarpées et irrégulières. La rivière a un peu plus d'un quart de mille en largeur et son courant est rapide. En
Canadian Red river and Assiniboine and Saskatchewan Expedition. H, T. Hind, London, 1860.
aval des rapides les berges ont des pentes plus douces et le courant est moins fort; le chenal s'élargit et diminue en profondeur et l'on voit apparaître des bancs de sable et des îles. Sur une petite distance, là où la rivière se rétrécit, aux rapides Tobin et Squaw, les berges sont de nouveau élevées et escarpées, mais en aval des rapides, s'abaissent à 10 pieds ou encore moins et demeurent basses jusqu'à l'embouchure. Cette longue etendue de vallée se prolongeant jusqu'à Grand Rapids près de l'embouchure, ressemble à un estuaire dans lequel la basse terre ordinairement plate est interrompue seulement par quelques crètes d'argile à blocaux. Les plus importantes de ces hauteurs sont celles à travers lesquelles pénètre la rivière, à la Barrière en aval de la Tearing River et au Pas. L'altitude du terrain au-dessus du niveau de la rivière ne dépasse pas dix pieds et elle est souvent moindre, de sorte que, au moment des crues, la rivière déborde et inonde presque tous ces terrain bas.
Cette région de basse terre forme une large bande le long de cette partie de la rivière, qui s'avance de 15 milles au nord depuis la rivière et de 25 milles au sud jusqu'au pied des collines Pasquia. La rivière y circule vers l'est avec un courant modéré et, sur certaines étendues, avec un courant rapide. Il y a de nombreuses îles qui divisent le courant en plusieurs canaux.
Il y a environ 40 ans en un endroit situé à 33 milles en amont de Cumberland House, la rivière se fraya un passage à travers la barrière de basse terre large de deux milles qui la séparait au côté nord, du chenal de la Candle River, un grand cours d'eau déchargeant le Candle Lake et se déversant dans une direction à peu près parallèle à la Saskatchewan, dans le lac Cumberland (voir planche XVI). Ce fut pendant la période d'inondation au printemps: l'eau débordante s'engagea dans un ancien chemin de portage conduisant depuis l'un des brusques tournants de la Saskatchewan au nord jusqu’à un coude méridional de la Candle River.
C'était au début un petit cours d'eau dont les crues annuelles ont rongé les berges et augmenté le volume et aujourd'hui, :u+ basses eaux l'ancien chenal de la Saskatchewan n'a plus v :rofondeur et les vaisseaux de toute catégorie y compris les ch.inds à fond plat suivent le nouveau chenal. L'énorme
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volume d'eau qui circule maintenant dans ce qui était la Candle River a donné lieu à plusieurs ruptures à travers les berges, et à la formation de nouveaux canaux dans les basses teries, de telle sorte qu'aujourd'hui les eaux s'engagent dans plusieurs directions sinueuses aboutissant au lac Cumberland par des embouchures situtes à divers points sur 12 milles de sa rive sud, Même après avoir atteint le lac, les eaux suivent un chenal de rivière qui longe la côte nord et qui est séparé du lac par des îles boisées longues et étroites qui forment une barrière presque continue, interrompue seulement Par quelques petites ouvertures. Ces eaux rejoignent l'ancien chenal de la Saskatchewan Par les rivières Bigstone et Tearing, deux anciens débouchés du lac Cumberland, qui sont maintenant augmentés par le volume d'eau toujours croissant qui en a élargi et approfondi le chenal, Les eaux de la Saskatchewan renferment toujours une forte quantité de matières vaseuses suspendues et, par suite de l'abrasion plus puissante le long de nouveaux chenaux, déversent dans le lac Cumberland des matières encore plus épaisses. La sé-
dimentation qui en résulte en plus de l'usure des chenaux de décharge occasionnée Par l'augmentation du volume circulantes, a déjà tellement rehaussé le fond du 1
navigable aux basses e
conduisant aux deux dé
nom de rivière Sipanok qui
Wan vers la Carrot River;
n neuf milles en amont du
rsque l'eau est très basse dans la
volume d'eau considérable dans ce
a longueur est de 60 milles. Là où il se
détache de la Saskatchewan, les berges ont 15 pieds de hauteur
mais s'abaissent graduellement n'ayant plus, près de la Carrot
River, que quelques pieds au-dessus de l'étiage et sont complètement inondées aux hautes eaux.
Entre le Pas et le Cedar Lake, nombre de Canaux sinueux se détachent du cours d’ ipal et forment, en certains endroits, un réseau i fonds marécageux.
place sous-jacente se
Pas, où l'on aperçoit des banquettes de calcaire magnésien dans les berges de la rivière. A Kettle Point, 21 milles plus bas, on trouve des affleurements de calcaire analogue, Il y a par intervalles dans le Cedar Lake et jusqu'à l'embouchure de la rivière des pointements de calcaire magnésien en stratification horizontale. A l'extrémité d'amont du Cedar Lake la nature estuarienne de la vallée est très accusée; la rivière s divise en plusieurs canaux formant des branches qui s'entrelacent dans une basse-terre marécageuse et donnent lieu à un dédale de petites îles recouvertes de joncs et de roseaux
Excepté au sud où la crête séparant ce lac d'avec le lac Winnipegosis se dresse à une hauteur de près de 100 pieds, l terrain qui entoure le Cedar Lake est très bas et marécageux et boisé seulement de petits saules qui forment une frange le long de la rivière. Entre le Cedar Lake et le Cross Lake, l'on rencontre un seule rapide dont la déclivité est d'environ six pieds et entre Cross Lake et Grand Rapids. il y en a deux qui se déversent tous deux sur des bancs de calcaire. A Grand Rapids, qui est la plus forte chute de cette rivière, la déclivité est de près de 100 pieds sur un parcours de moins de quatre milles. Cette partie de la rivière a été décrite en détail par plusieurs explorateurs, particulièrement par Fleming, Klotz? et Tyrrell! Tyrrell donne de la coupe géologique la description suivante:
“En remontant la rivière Saskatchewan depuis l'endroit où elle se déverse sur le côté ouest du lac Winnipeg, les berges sont basses au début mais s'élèvent bientôt à 15 pieds et se maintiennent à cette hauteur jusqu'au pied des rapides à deux milles et demi de distance du lac. Elles sont généralement en pente et recouvertes d'herbe mais semblent être composées entièrement d'un terreau gris jaunâtre, tandis que la petite plage au pied de la berge escarpée est émaillée de nombreux fragments irréguliers de calcaire blanc.
Juste en amont du poste de la compagnie de la Baie d'Hudson sur la rive ouest de la rivière, il y a un ancien chenal abandonné qui rejoint le cours principal de la rivière. Sa largeur varie beaucoup depuis un quart de mille à son embouchure jusqu'a 200 verges à un mille plus loin au sud où il se rattache
1 Report on the Exploration of the Country between Lake Superior and the Red River Settiement and between the latter place and the Assiniboine and Saskatchewan, by S. J. Dawson. Esq.. C.E., Toronto, 1859
? Min. de l'Intérieur, Canada Rapport Annuel, 1884-85, Partie 11 ? Com. Géol., Canada, Rap. Ann.. Vol. V, 1890-1, Partie E.
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