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inaugurée en Angleterre par Hutkisson : « L'Angleterre, dit-il, qui marche toujours à la tête de la civilisation européenne, donne aujourd’hui un grand exemple en renonçant graduellement au système qui l'entrave. En France, le commerce est éclairé, mais les propriétaires le sont peu et les manufacturiers travaillent aussi vigoureusement pour retenir le monopole (1). »
Déjà, il exprime l’espérance que : « le besoin et l'intérêt finiront par faire ce que la raison ne peut encore effectuer (2). » Il prend soin d'enregistrer « qu'il est enfin convenu que la prospérité de la Grande-Bretagne n’est pas le produit du système qu’elle a suivi, mais de beaucoup d’autres causes, et que si, en Angleterre, le système de prohibition et la prospérité ont bien des rapports de coexistence, de contiguité, ils n’en ont pas de génération. L’Angleterre a prospéré, non à cause, mais malgré un milliard d'impôts.
Bastiat suivait de très près la politique qui se faisait alors en France, et tout en poursuivant certains essais agricoles, il n’en continuait pas moins à s'intéresser aux études économiques. Nous venons de voir qu’en mars 1829 il annonçait dans une de ses lettres à Calmète, son ami d'enfance, qu'il allait faire imprimer un travail dans lequel il avait « accumulé les plus lourds raisonnements sur la plus lourde des questions ».
(1) F. BASTIAT, Œuvres complètes, vol. 1, p. 17. (2) Ibid.
JTE
Il traitait du régime prohibitif. Cet écrit ne parut pas, mais on voit par quelles longues préparations, par quelle continuité de pensée, par quel constant travail d’assemblage et d’assimilation de matériaux, Bastiat s'était armé pour le jour où il entrerait en lutte. La besogne qu'il devait accomplir en six années fut considérable ; mais elle est le produit d’une gestation de vingt ans.
C’est au milieu de ces travaux que la Révolution de Juillet le surprit. Il se jeta dans la mêlée et prit parti pour le nouveau Gouvernement avec une ardeur extraordinaire.
Il'écrit à Coudroy, le 4 août 1830: « Cette révolution est un spectacle admirable pour qui sait voir, et Je n'eusse été qu'à demi de la secte écossaise, j'en serais doublement aujourd'hui ». (4)
On voit par ces mots, qu’il ne séparait pas l’économie politique de la politique, et qu'il rattachait les idées libérales aux doctrines professées par Adam Smith et les économistes.
(1) F. BASTIAT, Œuvres complètes, p. 21