‹ Bastiat et le ProtectionnismeChapitre 14 sur 30 · RE · texte numérisé non relu

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temps, on y aflichait une haine profonde contre l’Angleterre. Bastiat, porté versles idées anglaises, avaitsouvent des discussions à soutenir contre les .anglophobes (1). Un jour, le plus déterminé d’entre eux, lui tend un des deux journaux que recevait le cercle : « Voyez, lui dit-il, comment vos amis nous traitent ! » Ce qui motivait celte indignation, c’était la traduction d’un discours de Robert Peel à la Chambre des Communes. Il se terminait par ces mots : « Si nous adoptions ce parti, nous tomberions, comme la France, au dernier rang des nations. »

Il parut étrange à Bastiat que le premier ministre britannique eût de la France cette opinion, et, plus encore, qu'il lui jetât cette injure en pleine Chambre. Voulant vérifier la citation, il se fit aussitôt abonner au journal anglais The Globe and Travaller, en demandant qu'on lui envoyât les numéros du mois écoulé. Quelques jours après, les journaux arrivaient à Mugron, apportant le texte du discours. Les mots malencontreux « comme la France » n’y étaient pas. (2)

La lecture du Globe fit faire à Bastiat une autre découverte bien plus importante. Elle lui révéla que la presse française laissait le public dans l'ignorance de l’agitation économique qui se poursuivait dans tout le Royaume- Uni. La ligue pour la liberté du commerce était en train de bouleverser la vieille législation.

(4) R. DE FONTENAY, Notice sur la vie de Bastiat. (2) JZbid.

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